Батюшка (Batushka) au Magasin 4 (01/03/2020)

Ça faisait un moment qu’on attendait le passage de la chapelle diabolique polonaise à Bruxelles et non pas en festival ou à Arlon. Difficile de faire la fine bouche quand on découvre qu’en plus elle vient accompagnée d’un trentenaire de la fameuse scène death floridienne. Toutefois, après coup, un léger goût doux-amer domine…

Une fois n’est pas coutume, lorsque trois groupes jouent lors de la même soirée, je rate quasi-toujours le premier des trois pour cause d’horaire non compatible. Le groupe danois trentenaire Konkhra sautera donc ce soir.

Ensuite, coup du sort, pour une fois lors de mes passages, le Magasin 4 est sold out ! Je me retrouve donc obligé de faire une file de quelques minutes avant de pouvoir rentrer, ce qui me fait rater le tout début de set de Malevolent Creation, dont je vois le nom passer plus ou moins régulièrement depuis que je m’intéresse au vaste monde du métal et plus particulièrement du métal extrême, sans jamais m’y être intéressé. En même temps, vu la qualité de la concurrence rien que dans leur état natal, il n’est pas si improbable de passer à côté (Morbid Angel, Deicide, Death, Obituary entre autres)… Difficile de trouver beaucoup de choses à charge du groupe : c’est carré, le son est tout à fait correct (même si les guitares lead passent quasiment inaperçues par moment) et un groove ultra bien rendu sur scène qui donne envie de péter du parpaing rien qu’avec la force de ses gros bras. Par contre le groupe s’avère être un cas d’école de « super efficace sur album mais rien de bien foufou sur scène ». En effet, s’il y a bien des qualités à relever, les membres sont terriblement statiques, le show manque d’un élément qui le fait sortir du lot (tout le contraire des polonais d’après) et malheureusement, un mauvais choix de setlist place un rare morceau plus mou avec une longue introduction en plein milieu et casse la bonne dynamique instaurée pour les minutes qui suivent. Je vais donc rattraper mon retard sur leur discographie mais je retiens qu’en tête d’affiche, me déplacer ne vaudra peut-être pas une fortune…

Voilà ensuite Батюшка version 2.0 suite au grand schisme qui a suivi une dispute entre les deux têtes pensantes du groupe de Białystok, groupe originel qui avait d’ailleurs signé l’excellent Litourgiya il y a de ça cinq ou six ans. C’est donc la mouture guidée par Krszysztof (à prononcer Kchychtof, merci Maria pour le coup de main à la prononciation) Dabrikowski qui se présente pour présenter leur album sorti suite à ce changement de line-up et qui met malheureusement la misère à l’héritier de Litourgyia composé par la bande à Bartłomiej Krysiuk, qui s’avère être un piètre compositeur. Mais je diverge !

Ça faisait un bon moment que j’attendais un passage de cette occulte bande d’orthodoxes dégénérés dans la capitale pour les entendre nous chanter leurs noirs versets et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on est déboussolés tout du long : on alterne entre le super et l’exécrable, comme j’avais pu l’entendre et le lire par le passé. D’un côté, l’atmosphère d’une crypte occulte avec les cierges et l’encens, les trois chanteurs pour interpréter les chants liturgiques, les iconographies des deux albums pour lesquels Dabrikowski a composé (la provocation envers son ancien comparse n’a donc pas de limite), un son de batterie hyper tranchant, … Et d’autre part, une intro beaucoup trop longue (on parle de dix minutes de chants liturgiques bien trop forts et ultra répétitifs), des larsens trop fréquents, une batterie trop envahissante et une setlist qui, bien que s’appuyant sur deux albums d’excellente facture, semblait sonner terriblement creuse et répétitive malgré une entrée en matière de haut niveau (deux « Yekteniya » et deux « Песнь »). Toutefois, pour clore le concert, tout le monde est mis d’accord, et ça se sent avec le changement d’ambiance dans la foule qui semble revigorée d’un seul coup pour « Yekteniya I », magnifiquement réinterprétée et où tous les défauts cités précédemment semblent s’être subitement volatilisés. Comme je le disais plus tôt, un véritable goût doux-amer.

Maxime S.