2050. A Brief History of the Future aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (11/09/2015 – 24/01/2016)

2050_carre_baseline_and_logo_72dpi6_1_medium@2xL’immense institution Royale de Bruxelles, autrement dit Les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, vieille de plus de deux siècles et réunissant six musées en un seul, présente dans ses locaux attenants au Musée d’Art Moderne, l’exposition 2050. A Brief History of the Future. C’est avec Jacques Attali, écrivain et aussi conseiller économique de diverses présidences en France, que cette exposition a pris forme, elle-même inspirée de son livre Une brève histoire de l’avenir où il y décrit l’histoire de l’humanité comme une succession de trois grands idéaux, théologique, territorial et individualiste. Pensée en duo avec Le Louvre, avec qui elle se fonde sur une lecture subjective du passé portée par la création des anciens, l’exposition présentée à Bruxelles tente elle de communiquer ces idéaux a travers une importante collection d’œuvres contemporaines.

Après avoir cheminé dans le dédale de ce bâtiment et s’être enfoncé dans ses entrailles, l’exposition s’ouvre à nous. En guise de préambule, la Vénus de Galgenberg placée sous verre ainsi que Fragile Godness de Louise Bourgeois, une autre figurine lui faisant face puis une vidéo entre le documentaire et l’art nous signifiant notre destin à coup d’images historiques. Mais l’exposition débute réellement après avoir passé le portique et validé son ticket.

Tout commence par l’avènement de la modernité avec les États-Unis, représentée par deux pièces d’artistes américains dont, et non des moindres, celle de Métropolis par Chris Burden. Cependant, c’est une vidéo de l’œuvre réalisée dans le studio de l’artiste avant d’être installée à Los Angeles au LACMA qui est montrée au public puisque la sculpture cinétique est difficilement transportable. Un peu plus loin la sculpture maquette de Tracey Snelling, Mexicalichina, récemment vue à la galerie Aeroplastics, prend place en nous interrogeant sur le monde de la consommation, tout comme la galerie que l’on retrouvera un peu plus loin avec l’œuvre Fleur de Lys du duo HeHe. Deuxième volet, le déclin de cette empire américain, où là encore de grandes œuvres prennent place, pour ne citer que la pièce The Tower of Babble de Jake & Dinos Chapman ou bien celle de Hiroshi Sugimoto, avec World Trade Center.

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De thème en thème, d’œuvres en œuvres, la déambulation s’établit malgré la mauvaise articulation faite entre elles. La faute dû sans doute à un dispositif de médiation peu convaincant qui contraint notre regard plus qu’il ne le libère. Quelques œuvres sortent du lot, notamment grâce à leur avènement dans l’histoire de l’art, mais le propos se noie vite dans une pensée manichéenne, conservatrice. Le dernier volet, censé nous redonner espoir, nous confronte à l’utopie, avec la magnifique installation de l’artiste congolais Bodys Isek Kingelez représentant une maquette de plus de trois mètres d’une ville comme le dit l’artiste, « utopique réalisable ».

Les œuvres instrumentalisent une pensée plus qu’elles ne révèlent leur valeur plastique et poétique. Dommage, car les multiples pièces présentées viennent de collections internationales ou particulières peu accessibles et notamment de plusieurs fonds de l’ancien Musée d’Art Moderne de Bruxelles. Une richesse belge révélée au grand public mais qui tarde à être mise en valeur dans un musée à part entière. Un futur qui peine sans doute à s’établir.

Maëlle.D