65daysofstatic au Botanique (13/11/2016)

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Il y a un truc que j’apprécie presque autant que la musique, ce sont les jeux vidéo. Ces deux industries culturelles ont quelques points en commun ; elles divisent leur public entre les béotiens qui ne s’intéressent qu’aux produits mainstream et les hipsters qui ne jurent que par la production indépendante, et elles ont une fâcheuse tendance à créer de la hype autour du vide à partir de certains mots-clefs qui activent le cerveau reptilien des critiques culturelles, tout en annihilant leur sens du discernement. Pour la musique, ce sera plutôt « neo-quelque chose », « lo-fi assumé », « revival », « Ty Segall » ou encore « acid jazz.» Pour le jeu vidéo, voyez plutôt « monde ouvert », « génération procédurale » et « sandbox. » Les trois derniers étaient systématiquement alignés pour la promotion du jeu No Man’s Sky (avec en bonus le fameux « 18 446 744 073 709 551 616 planètes à explorer »), jeu sorti cet été et ayant sans doute battu plusieurs records d’écart entre le rêve que vendait ses développeurs et l’étron vidéo ludique qui est réellement arrivé sur les PCs des joueurs impatients.

Pourquoi est-ce que je vous parle de tout ça ?  Eh bien parce qu’apparemment, l’une des choses à sauver de cette catastrophe industrielle, c’est la somptueuse bande originale composée par 65daysofstatic. Ils ont pris l’exercice très au sérieux, en sortant un double disque. Le premier reprend une dizaine de nouvelles compositions originales et le second des « soundscapes », donc des ambiances entre bruits et musique, qui dans le jeu évoluent en fonction des interactions entre le joueur et son environnement. Si ce dernier est plutôt anecdotique et ne fonctionne pas vraiment tout seul, les titres de No Man’s Sky : Music for an Infinite Universe sont du 65DOS pur jus. Il faut dire que depuis leurs débuts il y a maintenant plus de dix ans avec The Fall of Math, la musique des Sheffieldiens fait voyager ses auditeurs à travers les galaxies et les épopées intersidérales sans tomber dans le space opera. Les grands écarts d’intensité et de tempo qui traversent leurs compositions ajoutent une surcouche cinématographique qui les catégorise à mon sens davantage dans le tiroir post-rock que math-rock.

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Après une première partie dont j’aurais aimé, par pudeur, ne pas devoir parler – Thought Forms ressemble à une resucée sans saveur et sans énergie de tout ce qui sort en matière de « cold-dark-post-rock » pour le moment – le quatuor attendu débarque sur la scène de l’Orangerie et entame directement l’intro de « Monolith », tiré de la bande originale dont je viens de vous parler pendant deux paragraphes.  Chouette, ils considèrent réellement cet album comme faisant partie de leur discographie et n’en font pas juste un prétexte pour partir en tournée « best of. » Il y en aura encore deux autres par la suite, mais le disque le plus joué de la soirée sera le prédécesseur Wild Light. C’est donc un concert davantage tourné vers le côté un peu plus atmosphérique du groupe, même si plusieurs titres plus anciens viendront ponctuer le set et rassurer les vieux fans qui attendaient quelque chose de plus violent.

Sur scène, la performance est en tout cas loin d’être statique (Oh oh !)  Joe Shrewsbury secoue son corps comme s’il était atteint d’un parkinson précoce, Rob Jones  fait déferler les coups sur sa batterie et Paul Wolinski, se penche avec passion sur son clavier ou sa basse et accompagne chaque note comme si c’était la dernière de sa carrière. Je cherchais un truc à dire sur Simon Wright, le second guitariste, mais je n’ai pas regardé grand-chose de sa prestation, ou alors je ne m’en souviens pas très bien. Du coup, on va simplement noter qu’il a exactement le même nom que le batteur d’AC/DC.

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Pour finir, ajoutons que le jeu de lumière, sans être particulièrement audacieux, soutient très efficacement le sentiment de transe généré par la musique du groupe, et que nous n’avons pas grand-chose à redire sur le son, si ce n’est que les conditions live font ressortir les aspérités et les contusions déjà très perceptibles sur les albums.

Maxime Verbesselt

Setlist

Monolith  / Crash Tactics  / Retreat! Retreat!  / Prisms  / Install a Beak in the Heart That Clucks Time in Arabic  / Asimov  / Supermoon  / Sleepwalk City / The Undertow  / Unmake the Wild Light / Radio Protector  / Safe Passage  ///  I Swallowed Hard, Like I Understood  / AOD

Crédit photos : Elodion

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