Acid Mothers Temple au Magasin 4 (30/10/2018)

capdb_acidmotherstemple_tourL’hiver n’a pas frappé à la porte avant de nous tomber sur la tête ce mardi, et le soir, au Magasin 4, Thisquietarmy et Acid Mothers Temple ont fait à peu près le même effet. La soirée pourtant prometteuse s’est révélée être plutôt assommante.

Thisquietarmy ouvrait la soirée. C’est Éric Quash, pionnier de la musique expérimentale Québécoise, qui est à l’origine de ce projet. Groupe depuis un mois seulement, Thisquietarmy combine ambient/drone/noise/black/doom métal… au travers de nappes sonores plus ou moins brouillées, plus ou moins rythmées. Depuis 2009, les sorties sont nombreuses et sa discographie à rallonge inclue quelques collaborations, avec entre autres Nadja ou Amenra. Un paysage monochrome parasité projeté s’agite derrière les quatre musiciens. Le trip a l’air de prendre. Pourtant, arrivée vers 20h20, je n’ai eu l’occasion de ne voir que vingt minutes de show. Too bad.

Le Magasin 4 est bien rempli pour un mardi, et la chaleur humaine contraste avec le temps hivernal de dehors. Le merch est bien fourni pour un groupe comme pour l’autre. Cependant, les japonais de Acid Mothers Temple proposent des produits dérivés fait mains, comme des figurines de chats colorés ou des bijoux uniques. Original ! En même temps, le collectif, créé en 1995, ne comprend pas que le groupe de musiciens. Parmi près de trente membres, danseurs, fermiers, ex-yakuza (membre d’un groupe de crime organisé), voyageurs, casaniers, connus, inconnus… se sont rassemblés en ne suivant qu’une doctrine : « Fais ce que tu veux, mais ne fais pas ce que tu n’as pas envie de faire ! ». Pour chapeauter tout ça, Kawabata Makoto, lui-même guitariste, violoniste, performeur, et bien d’autres encore. D’ailleurs, Acid Mothers Temple est aussi un label. Psychédélique jusque dans le concept !

capdb_acidmotherstemple_bruxellesLes néo-hippies, hipsters, ou métalleux attendent, déjà bien placés, le groupe. Difficile de se frayer un chemin, ça joue même des coudes ! 21h00 pile : le concert commence. Telles des écrevisses plongées dans l’eau bouillante, nous sommes directement dans le bain psychédélique – bruitiste. Batterie tabassante, guitares hurlant les notes, basse trépidante et synthétiseur aux bruits sur-aigus extra-terrestres commencent un riff qui pourrait être éternellement joué. Pour l’instant, c’est plutôt doom, au son presque stoner, le rythme est très très lent. Sans projection derrière eux, les lights au ralenti, c’est un début pour le moins particulier. Soudain, badaboum ! Tout s’accélère sans prévenir. Le son me semble beaucoup trop fort. La basse vibre, la batterie écrase, le synthé déchire mes tympans, que ce soit devant, derrière, à gauche ou droite de la scène. La voix, trop forte seule, est complètement étouffée quand tout le monde joue. Pas vraiment expressifs, les Japonais ne sont pas non plus des plus dynamiques. Leurs riffs psychédéliques et entraînant sont souvent cassés par des passages de bouillie musicale. Pourtant, le public apprécie et en redemande. Moi, je m’enfuis avant d’y laisser mes tympans.

Je reste sur ma faim, mais sans rancune : c’est avec plaisir que j’irai découvrir les albums de Thisquietarmy et que je réécouterai les très bons albums de Acid Mothers Temple.

Clr Brg

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