Alice in Chains à l’Ancienne Belgique (30/05/2019)

alice_in_chains_brusselsC’est en ce soir de l’Ascension que l’Ancienne Belgique a programmé les maîtres incontestés du grunge aux sonorités heavy metal de Seattle : Alice in Chains. Un enchaînement de titres les plus classiques les uns que les autres pour une soirée au goût 90’s.

J’entre dans une Ancienne Belgique à la température tropicale. Au moment où je veux entrer voir la première partie, Black Rebel Motorcycle Club, tout le monde sort de la salle. Oups, les horaires étaient incontestablement différents de d’habitude. Le groupe américain, ayant plus de vingt ans, semblait proposer un rock plutôt cool en live, bien qu’ils n’aient eu qu’une demie-heure pour convaincre. Ceci dit, je pense que c’est un nom que je ne retiendrai pas…

Comme d’habitude, j’observe le ballet de t-shirts noirs, Metallica, Pearl Jam, Triptykon, Monkey3,… entrecoupé par une jupe blanche plissée par-ci, une chemise hawaïenne par-là, et même une paire de Louboutin… Les styles divergent et Alice in Chains semble accessible. Néerlandophones et francophones d’une quarantaine d’années en moyenne se retrouvent gaiement pour cette date affichant sold out.

20h30. L’entrée dans cette grande salle de l’Ancienne Belgique est toujours un peu magique. Les yeux parcourent les balcons déjà remplis dans la salle teintée de rouge. Seule, je me trouve facilement une place sur la gauche et plutôt proche de la scène. Et soudain, le noir.

capdb_brussels_alice_in_chains20h41. Le concert débute en trombes quelques minutes en avance – ! . Plongé directement dans le bain grunge/heavy metal des années 1990 avec « Bleed The Freak« , le groupe donne le ton et sait ce que le public veut entendre : les classiques d’Alice in Chains. Le charismatique William DuVall entre en scène armé, comme à son habitude, de son look veste en cuir, t-shirt noir, lunettes de soleil. Avec sa voix ensorcelante et son sourire en coin, il dégage une belle énergie. Pourtant, il a la difficile tâche de succéder au chanteur original du groupe, Layne Staley, mort d’une overdose en 2002, qui continue de hanter chaque morceau du groupe. Impossible de ne pas y penser… Malgré tout, le chanteur reprend à merveille les tubes, entouré des membres originaux du groupe : Jerry Cantrell, support vocal, guitariste et compositeur, égal à lui-même, le batteur à la force tranquille, Sean Kinney, et le bassiste Mike Inez, tout sourire malgré la lourdeur de ses riffs.

Le son est bien géré, même si on aurait voulu entendre plus de voix à certains moments. Quelques chansons des trois albums du nouveau millénaire résonnent (« Check my Brain« , « Never Fade » , « Hollow« ,…) entre celles des trois autres albums devenus classiques, que le public reconnaît en deux accords. Entre les énergiques « Again« , « Them Bones« , « Dam that River« , les balades comme « Down in a Hole » refroidissent. Le groupe communique bien avec son public, le remerciant de diverses manières, notamment en balançant des onglets (presque à la pelle, mais on ne va pas s’en plaindre, c’est toujours un chouette souvenir). Les lights sont surprenantes et bien rythmées, les membres aux cheveux longs se déplacent d’un endroit à l’autre pour satisfaire tout le monde. Les solos de Cantrell sont délicieusement justes, comme dans « We Die Young » ou « Man in the Box« . On est loin du pogo généralisé dans la fosse : les riffs lourds et saturés, les accords dérangeants et les rythmes saccadés en font plutôt une musique mélancolique incitant à l’introspection. La basse d’Inez transperce et la batterie de Kinney, claquante telle une balle, nous achève avec « Would?« .

Avec une belle alternance entre les titres énergiques et les balades, Alice in Chains a  réussi à nous plonger dans un état de transcendance musicale plaisant, avec des rappels à couper le souffle, dont « Rooster » qui continue de faire écho dans bien des têtes ce soir.

Claire B.

Setlist

Bleed the Freak // Check my Brain // Again // Never Fade // Them Bones // Dam that River // Hollow // Your Decision // Rainier Fog // Down in a Hole // No excuses // Stone // Red Giant // We Die Young // Nutshell // Angry Chair // Man in the Box  // Rappel : The One You Know // Got me Wrong // Would? // Rooster

 

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