Apocalyptica au Cirque Royal (24/02/2017)

15370196_10154630209669471_2718451307361924185_oEn ce vendredi 24 février, pas de chichis, Apocalyptica revient 20 ans après pour nous présenter (ou re-présenter dans mon cas) leur premier album et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on a été servi!

Avant toute chose, qu’est-ce donc qu’Apocalyptica ? Apocalyptica c’est (initialement) un groupe de quatre violoncellistes finlandais qui s’est fait avant tout connaître pour Apocalyptica Plays Metallica by four cellos . Qui, comme l’indique son nom; est un album de reprises de Metallica, avant que le groupe se lance dans des compositions hyper badass aux violoncelles auxquelles viennent s’ajouter, au fil du temps, un batteur et un chanteur. Les présentations étant finies, passons aux choses sérieuses.

En entrant dans la salle, une première chose me frappe : la sobriété de la scène. Aucune banderole dans le fond, aucun objet sur la scène. Juste quatre cubes en bois avec un coussin et quatre panneaux en bois en arrière plan, pour certains c’est un défaut mais personnellement c’est avec grand plaisir que je constate ça, montrant bien que tous les groupes avec un peu de bouteille ne se prennent pas la tête. Après avoir posé mes affaires,  je me dis qu’une petite bière ne serait pas de refus et me mets donc en route vers le bar tout en constatant sur l’évènement Facebook que le concert sera séparé en deux parties de 50 minutes, ce qui me surprend dans un premier temps, mais s’expliquera à la pause entre les deux parties. Passé cette révélation,  je m’offusque devant les prix du Cirque Royal : 3,50€ pour une malheureuse bière et 5,50€ pour une 50, la soirée sera donc sèche.

Mon escapade au bar s’achevant, je retourne à ma place, piaffant d’impatience à l’idée que le concert commence dans les minutes qui suivent. Après réflexion, c’est avec plaisir que je me rappelle que ce premier album a eu le luxe d’être enregistré avant la sortie du double album Load/Reload, ce qui permet d’avoir un album de reprises de l’excellentissime Metallica (de 1983 à 1991, ce qui explique pourquoi on a droit à une setlist aussi fat :  « One », « Nothing else matters », « Master of Puppets », « Seek and Destroy », « Enter Sandman » ou « Escape », morceau qu’ils jouaient pour la première fois en live sur cette tournée, …) avant que ça ne devienne un banal groupe de heavy un peu pété.

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Mais que faut-il retenir de la soirée?

De la première partie il faut retenir: la sobriété et du groupe et des lumières toujours bien choisies, une reprise de The Unforgiven qui met la misère à l’originale et, c’est une remarque plus générale, une maitrise totale illustrée par les habituels solis de Kirk Hammett joués très simplement, sans avoir besoin de 2 000 pédales pour devenir mémorable (dans tes dents Kirk). Ou encore, le membre le plus improbable du groupe (improbable car ressemblant à un mix entre le rappeur Vald et Néo de Matrix) qui, après avoir cassé une de ses cordes, la remplace en approximativement 1 minute en ne donnant même pas l’impression d’avoir eu du mal. Ce membre improbable qui signe d’ailleurs son retour au sein du groupe après un break, histoire de reformer le line-up originel. Aussi, il faut noter que cette première partie est placée sous le signe du calme, le groupe interagissant peu avec le public. Peu ne voulant pas dire mal, que du contraire, le groupe ayant toujours de bons mots, réussissant à nous faire rire quasiment à chaque intervention, interventions qui se feront d’ailleurs plus nombreuses (et toujours aussi drôles) durant la deuxième partie qui sera nettement plus animée.

La deuxième partie du concert, parlons-en justement. Au début, je ne comprenais pas son intérêt puis quand j’ai vu durant la pause l’installation d’une énorme batterie je me dis que ça se justifiait plutôt bien. D’ailleurs, le batteur qui se joint au groupe joue formidablement bien et ferait presque passer Metallica pour un groupe de metal progressif, ce qui n’est pas une mince affaire. Durant cette pause, le groupe en profite pour se changer et pour afficher une tout autre attitude sur scène, les membres interagissant plus fréquemment avec le public et tapant bien plus souvent la pose pour les photographes (bien casse-couilles par moment), ce changement d’attitude se voit aussi avec un jeu de lumières plus dynamique, agressif et vif. Enfin, avant de conclure le concert, ils convient les gens assis sur les côtés et dans le fond de la salle (dont votre humble serviteur) à venir s’approcher de la scène pour foutre un peu le bordel et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est très efficace, le groupe enchainant sans aucune forme de pitié pour nous les classiques « Battery », « Nothing else matters », « One » et « Seek and destroy » qui mettent le feu et achèvent la soirée de la meilleure des manières.

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Évidemment, un concert n’est bon que quand certains points noirs viennent mettre en exergue les points positifs. Et il y a quelques points noirs à relever comme certains morceaux qui prennent un peu de temps à être reconnu (forcément sans chanteur c’est un peu compliqué parfois) ce qui empêche d’être à fond dès le début. Et le fait que quatre violoncelles jouent en même temps donne de temps à autre une désagréable sensation de bourdonnement et de « regardez c’est moi qui joue le plus fort », ce qui s’arrangera avec l’arrivée de la batterie qui, forcément, pose ses couilles sur la table. On notera aussi qu’ils ont essayé de placer un morceau de leur cru (ou alors c’était un morceau de Metallica impossible à reconnaitre) dans la setlist qui a complètement cassé le rythme et « plombé » l’enthousiasme de la salle. Et, évidemment, dans un public composé en grande majorité de métalleux, un nombre incalculable de beaufs était infiltré dans la salle, ce qui donnera lieu à quelques scènes bien gênantes, pour le plaisir des petits et des grands.

Malgré ces quelques points négatifs, impossible de bouder son plaisir et je vous invite vraiment, si vous avez un jour l’occasion de les voir, de foncer à leur prochain concert en Belgique!

Maxime S

Setlist :

Enter sandman // Master of Puppets // Harvester of sorrow // The Unforgiven // Sad but true // Creeping death // Apocalyptica’s song // Wherever I may roam // Welcome home (Sanitarium) // Escape // Battery // One // Nothing else matters // Seek and destroy

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