Beach Fossils au Botanique (18/09/2017)

beachfossils_300x666La rentrée, ce n’est pas simplement le retour au boulot pour ceux qui ont la chance d’en avoir un (et de pouvoir prendre des vacances.) C’est aussi le bas des pages de l’agenda Kroll qui se noircit d’inscriptions cryptiques pour les profanes – c’est comme ça que j’appelle ceux qui se rendent à moins de cinq concerts par mois. En dessous de la colonne « 18 septembre », on pouvait ainsi lire « BF + AL @ RdB.»

Quoi de mieux qu’un bon petit concert à la Rotonde du Botanique pour débuter l’année musicale en douceur ? Bah oui, deux bons petits concerts à la Rotonde du Botanique.

It was many and many a year ago

In a kingdom by the sea

That a maiden there lived, whom you may know

By the name of Annabel Lee

Ainsi commence le célèbre dernier poème d’Edgar Allan Poe dont s’inspire peut-être Annabel Lee, toute jeune pousse de la prolifique scène rock garage bruxelloise (je ne leur ai pas posé la question, si ça tombe ça n’a aucun rapport, mais ça serait quand même une sacrée coïncidence non ?). Le groupe se distingue d’une majorité de ses concurrents grâce à son chanteur qui est en fait une chanteuse. Je ne vais pas tomber dans le piège patriarcal en les présentant en deux mots comme le Mountain Bike au féminin, mais c’est pourtant plus ou moins l’idée (d’ailleurs, si j’ai bien compris, ils sont potes, mais si ça tombe, ça n’a rien à voir et je me plante comme pour le poème, allez savoir.) C’est garage, mais c’est pop : le concert navigue entre des moments plus soft (« Louisa Rock », « Best Good Friend ») et des moments plus rock (« Period Sex ») voire punk. Ça s’inspire clairement du registre d’Angel Olsen et autre Courtney Barret. Le charme qui se dégage du quatuor émane du léger décalage entre la voix douce et parfois fragile d’Audrey Marot, la chanteuse, et la partie rythmique musclée et directe; ils partagent le même bassiste qu’Animal Youth et depuis peu le batteur d’Alaska Gold Rush, au cas où il vous faudrait un label de qualité. Le résultat sur scène est gai, joyeux, voire folâtre. Ils commencent tout doucement à percer avec leur poignée de titres (une première partie de Parquet Courts il y a deux semaines) et c’est tout à fait mérité ; ils tournent un peu partout autour de la capitale, n’hésitez pas à aller les voir.

Edgar Allan Poe; portrait by Gabriel Harrison, 1896

Ma photographe a chopé une pharyngite, alors j’ai mis un portrait d’Edgar allan Poe

Le temps d’un passage au bar et voilà déjà Beach Fossils qui arrivent sur scène dans une Rotonde pleine à craquer (oui, bon, 300 places, ça va vite aussi.) Pour ceux qui débarquent, Beach Fossils, c’est le projet de Dustin Payseur. Deux plaques « pop-lo-fi-pas-mal-mais-rien-de-mémorable » plus tard – en 2013 exactement – cela devient un groupe qui sort le remarqué Clash The Truth. Le son se fait plus clair, la voix plus juste et le résultat plus convaincant, avec quelques moments de bravoure tendant vers la gentille post-punk de Diiv. Cette année, ils ont enregistré Somersault, qui figure depuis sa première écoute dans mon ultra-top 2017. Au-delà de la production impeccable, il y a surtout des mélodies évidentes, des arrangements simples et riches et une cohérence de bout en bout pour un album qui se veut joyeusement nostalgique. Sur onze titres, on trouve facilement huit pépites pop incontestables, quelque part entre Real Estate et Ultimate Painting.  

beachfossils

Le fameux « fossile de la plage »

Trio en studio, le groupe est ici complété par un batteur et un claviériste / joueur de tambourin / trompettiste / seconde voix, pour reproduire au mieux les arrangements du dernier album. Pensant qu’ils se focaliseraient sur ce disque, j’étais un peu dérouté par le début du set composé d’anciens titres. Après « Youth », la plage titulaire du premier album et quelques vannes détendues, Dustin annonce qu’il va jouer quelques nouveaux titres, comme pour nous demander la permission. Fonce mon grand, on attend que ça ! Pensais-je très fort alors que résonnaient les premiers accords acoustiques de « This Year.» Au final, ils joueront autant de titres issus des deux derniers disques, et quelques trucs plus vintage pour un set honnête d’une heure qui tentera de satisfaire les anciens fans et les nouveaux venus. Les meilleurs moments resteront pour moi les tubes plus récents comme « Down The Line », « Sugar », « Be Nothing » (ce final, quelle intensité !) « Closer Everywhere » et surtout « Saint Ivy. »

beachfossil

Les Beach Fossils vous disent « Au revoir, et à la prochaine ! »

Voilà, un bisou à tous les celles et les ceusses qui ont lu cette chronique jusqu’au bout.

Maxime Verbesselt

Setlist

Generational Synthetic // Shallow // Youth // This Year// Down the line // Saint Ivy// Moments//
What a Pleasure // Sugar // Be Nothing // Careless //Sleep Apnea //
Closer Everywhere //Crashed Out// Daydream

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