Birdman + live drum score by Antonio Sanchez au Bozar (27/03/2017)

birdman_300x666Après une belle journée ensoleillée, je me dirige vers le Bozar pour me frotter à l’exercice le plus compliqué jusqu’à présent dans ma jeune « « carrière » » de « « journaliste » » : la critique d’une projection de film dont la musique est jouée live par son compositeur. Définitivement une expérience à renouveler.

Qui est Antonio Sanchez ? C’est un batteur mexicain, né à Mexico en 1971, jouant dans divers projets jazz et composant pour de nombreux jazzmen à travers le monde (Brad Mehldau ou Christian McBride pour ne citer qu’eux). C’est en 2015 qu’il connaîtra une consécration et une reconnaissance mondiale et ce, même en dehors du cercle des endurcis du jazz, quand il compose, SEUL (et pas accompagné de quelques compères comme je le croyais), la B.O. du film multi-oscarisé Birdman d’Alejandro Gonzalez Iñárritu, réalisateur, entre autres, de The Revenant, excusez du peu.

Après avoir bien utilisé son quart d’heure académique de retard, Antonio Sanchez fait son entrée en scène pour nous parler de lui, son parcours, sa rencontre (improbable) avec le réalisateur Alejandro Gonzalez Iñárritu, le processus de composition de la B.O. de Birdman et le défi que ça a été pour sa carrière de musicien. Mais ce qui a le plus retenu mon attention durant cette présentation c’est son passage très critique sur la politique américaine qui doit, pour lui, le citoyen nouvellement américain d’origine mexicaine, servir d’exemple pour l’Europe afin de ne pas répéter les erreurs américaines durant les diverses élections de cette année. Le tout est expliqué dans un anglais très posé et ultra compréhensible, probablement pour faciliter la tâche aux moins anglophiles de la salle, et avec une touche d’humour parfois cynique, parfois légère mais toujours juste, définitivement un chic type.

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Et qu’en est-il de la prestation en elle-même ? Il est très difficile d’écrire un commentaire sur une prestation telle que celle d’Antonio Sanchez qui a probablement passé plus de temps en coulisse que derrière sa batterie, logique, étant donné que la musique du film n’est pas présente en permanence. Mais quand il était derrière sa batterie (ce « magnifique instrument » comme il l’appelle, comment lui donner tort après tout?), quelque chose de spécial se produisait, une sorte d’alchimie étonnante et détonante entre l’action à l’écran, les personnages, lui et son jeu en quasi totale improvisation qui donne du cachet à cette prestation qui en devient donc unique de par cette façon de jouer. Ajoutons à ça une technique au poil et une véritable volonté de donner une plus-value au film avec la musique au lieu de simplement rythmer le tout ou de s’ajouter par-dessus l’action. Enfin, l’improvisation totale d’une dizaine de minutes pour clore le film m’a tout simplement mis sur le cul, tant on a eu affaire à une masterpiece d’improvisation.

Après, on peut aussi parler du film, une critique acerbe du star-system, de l’égocentricité de l’être humain et de la difficulté d’assumer son rôle, le tout porté par des acteurs au top (Zach Galifianakis étonnamment dramatique, Edward Norton plus insupportable que jamais, Emma Stone qui semble défoncée en permanence, …) mais ses 4 oscars obtenus en 2015 disent beaucoup sur la qualité du film et je pense que le Fossoyeur de films en parle mieux que je ne pourrai jamais le faire.

Alors si vous avez l’occasion de voir ces projections de Birman ou de voir Antonio Sanchez en live avec l’un de ses différents projets, foncez, l’expérience vaut clairement le coup.

Maxime S

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