Bonobo à Forest National (14/11/2017)

bonobo_300x666Début de soirée sous le signe du périple pour se rendre à Forest National. La ligne 54 est déviée. Correspondance déplacée. On s’agglutine à un arrêt de bus. On entend « Pour les gens qui vont voir Bonobo, il faut attendre à un autre arrêt de bus ». L’attroupement se dirige alors vers le véritable arrêt et nous arrivons à point nommé puisque le bus arrive tout juste. (Merci mec ! Tu as ma reconnaissance éternelle.) Bus bondé en direction de la salle. Vingt cinq minutes de trajet, arrivée devant la salle à 19h45.

Pile poil un quart d’heure après, juste le temps de bien me placer dans les gradins, la première partie débute. Nick Hakim a pour mission de chauffer le public. C’est une totale découverte pour moi. Chanteur soul originaire de New-York, il nous présente ce soir son nouvel album Green Twins sorti le 19 mai dernier sur le label ATO Records. La première note de la soirée sortira de sa bouche, commençant le premier morceau par un chant à capella, bientôt rejoint par le clavier, la guitare, la batterie et la basse. Il met en place une ambiance funk, soul agrémentée de psyché à travers une déstructuration des morceaux que je ne trouve pas toujours très adaptée. On perçoit des références à Marvin Gaye dans les morceaux plus groovy.

nickhakim_850x300Malheureusement, je ne me sens pas concernée par ce qui est en train de se passer sous mes yeux. L’émotion ne m’atteint pas. La partie instrument est maîtrisée mais je crois que la voix un peu trop aiguë me pose vraiment problème. On percevrait même un certain mal aise du chanteur qui n’habite pas la scène, n’interagit pas du tout avec le public, ou seulement pour nous annoncer qu’il ne reste plus que deux morceaux, sur un ton de « Vous inquiétez pas, c’est bientôt fini ».

C’est le moment pour aller chercher de quoi s’hydrater avant que ne commence le show de Simon Green alias Bonobo, espèce de primate en danger de disparition dû à la déforestation et au braconnage pour sa chair. Oups ! pardon… producteur, compositeur et DJ anglais.

Retour dans les gradins. L’ambiance monte avec les morceaux électro qui nous tiennent en haleine. 21h10, le public s’impatiente. Les tracks de pré-live sont vraiment bonnes et c’est après le remix de « Laputa » de Hiatus Kaiyote par Taylor McFerrin (en écoute ici), que Bonobo arrive sur scène porté par une ovation d’un Forest National quasi plein. Début du show avec « Migration » du dernier album éponyme. Les choses sont en place, c’est parti. Les musiciens s’installent petit à petit durant le morceau (violons, violoncelle, cuivres, saxophone, batterie, guitare, clavier). Beau spectacle en perspective.

On enchaîne avec « Break Apart » et la chanteuse Szjerdene apparaît dans sa belle robe blanche transparente à rayures noires parfaitement adaptée aux mouvements aériens qu’elle effectue. Elle nous fait le plaisir de rester sur scène et c’est « Towers » qui arrive. Le groupe et la puissance de la voix de Szjerdene nous enferme dans la bulle Bonobo et on le suit dans le voyage qu’il nous propose. Après une introduction plutôt portée sur le dernier album, c’est le moment nostalgie avec l’enchaînement des deux superbes morceaux « Prelude » et « Kiara » de Black Sands de 2010. C’est grâce à cet opus que j’ai découvert notre très cher DJ, les frissons sont alors de mise, d’une intensité rarement ressentie, les souvenirs et les émotions déboulent tel un ras de marée. La musique rentre de partout, le spectacle son et lumière est magnifique. Wouah ! À la hauteur de mes espérances et mieux encore. Et ce n’est pas fini, Bonobo a plus d’un tour dans sa platine.

bonobo_850x300À la fin de « Kiara » suit la première des deux plus belles transitions du live : passage à « Kong » toujours de Black Sand. Les musiciens, qui s’étaient retirés, reviennent à la fin du morceau et c’est sur une intro de percussions africaines ultra rythmée que débute « Surface » interprétée par Szjerdene. On passe du continent africain à des régions plus froides avec « Transits » de North Borders. Retour en Afrique et « Bambro Koyo Ganda », introduit par Innov Gnawa, passe à une électro plus dure (urbanisme), glisse vers les violons (nature) et pour finalement revenir sur le chant africain qui permet le deuxième parfait enchaînement de la soirée sur « Cirrus » (North Borders). On monte, on monte, on monte ! Le batteur va faire exploser la grosse caisse, il redouble de roulements mis en valeur par un jeu de lumières cinématographique.

Allez, on revient sur terre (quoique !) avec « Outlier ». On entre dans une partie plus électro. S’enchaînent alors « We Could Forever » (Black Sand) et « No Reason » (Migration). Et voilà la plus belle de toutes (du dernier album et pour moi), j’ai nommé la belle « Ontario », qui permet à l’ensemble percussion-violons-cuivres-clavier-platines une harmonie qui vous transporte. Tout y est, et tout y est bien ! Viennent ensuite « Figures » (Migration), « Blurred » à l’origine de Kiasmos et « Samurai » (Migration). Le live se clôture sur « Kerala » (Migration) et un solo de batterie qui confirme (s’il en a besoin) la qualité des musiciens dont s’est entouré Bonobo pour ce superbe spectacle.

Mais le show n’est pas fini. Nous ne sommes qu’en phase d’atterrissage. Retour sur scène donc pour un petit rappel avec le premier morceau de North Borders, « First Fires » avec le chant de Szjerdene qui ne vaut malheureusement pas la version originale de Grey Reverend. « Know You » également de North Borders, clôturera cette grande soirée avec une dernière démonstration son et lumières explosive.

« Atterrissage effectué, merci de vous diriger vers la sortie ! ».

C’est bel et bien la fin de ces deux heures hors du temps, hors des frontières. C’était une belle ballade dans l’univers Bonobo qui a su construire des ponts entre les différents albums donnant l’occasion de percevoir l’harmonie et la logique dans l’évolution des projets musicaux de l’artiste qui à chaque fois nous invite au voyage sur fond de messages politique, civique et écologique.

Alors, un grand merci à lui, et merci à la salle Forest National.

Anaïs

Setlist

Migration // Break Apart (avec Szjerdene) // Towers (avec Szjerdene) // Prelude // Kiara // Kong // Surface (with Szjerdene) // Transits (with Szjerdene) // Bambo Koyo Ganda // Cirrus // Outlier // We Could Forever  // No Reason (with Szjerdene) // Ontario // Figures // Blurred (remix Kiasmos song) // Samurai // Kerala // Rappel : First Fires (with Szjerdene) // Know You

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