Brant Bjork au Botanique (08/10/2017)

brantDimanche soir, le week-end a été gentiment rude, un peu comme d’habitude.
Pourtant, l’appel du gros son se fait présent et le courage, ou plutôt la venue de Brant Bjork,  nous emporte jusqu’à l’Orangerie du Botanique afin de s’en mettre un dernier coup plein les oreilles avant le harsh Monday du lendemain.

Dans la catégorie « surdoués dans leur genre », on peut dire que monsieur Bjork s’en tire plutôt pas mal! Tantôt batteur, guitariste, bassiste, chanteur, tantôt producteur, il excelle assez simplement dans chaque pratique. Présent sur quasiment toutes les affiches du genre, il en devenait une forme de devoir d’assister à un de ses shows, ne fût-ce que par principe.

Oui, ok, du genre, mais quel genre?
Revenons quelques décennies en arrière. Californie, courant 80. Le jeune Brant, à peine ado, se fait happer pas la musique et plus particulièrement le rock. Batteur régulier et guitariste passionné, il ne tarde pas à faire la rencontre de John Garcia et de Josh Homme avec qui ils formeront Katzenjammer. Un nom pas très  bandant qu’ils changèrent par Sons of Kyuss en 89 puis simplifièrent finalement en Kyuss. Oui, nous parlons bien du groupe considéré comme la plus grande référence des groupe de stoner. Bref, avant d’y laisser ses plumes et de se cramer complètement la santé, Brant Bjork décide de quitter Kyuss après la sortie de leur quatrième album.

Plus qu’un batteur, ses talents à la guitare et à la basse l’amènent à l’écriture. Kyuss le remercie donc bien pour les tubes « Green Machine » ou « Gardenia » et Fu Manchu pour la prod et la continuation à l’écriture de leur premier album. Il ne tardera d’ailleurs pas à intégrer Fu Manchu comme batteur. Nous te le disons bien entendu aussi Brant, MERCI.

22546870_10156836416214478_538833104_o

Tout cela pour recontextualiser ce dimanche dans une Orangerie pleine, prête à accueillir l’artiste pour un set de 1 h 40 sans première partie. On se dit déjà que l’exercice ne sera pas aisé tant on subit nos excès des jours passés mais les premiers gros riffs nous inondent rapidement d’une vague super smooth. Tellement smooth qu’après dix minutes on se dit qu’ils sont stones, qu’on aurait dû être stone et que le monde est stone.

Sa carrière solo débute avec brio lorsqu’il nous balance Jalamanta en 99. Au fil des albums qui se succédèrent, on se dit toutefois que si la qualité y est toujours, la redondance et l’impression de « déjà vu » (entendu dans ce cas), freine un brin l’enthousiasme collectif. Ses compos sont empreintes de blues et c’est un good old heavy one qu’il nous sert ce dimanche.

Le son est impeccable, les musiciens sont excellents et on ne peut qu’être frappé par la voix si spontanément juste dans son éraillement tout musical qu’il est. De fait, Brant Bjork est un homme de scène intègre et complice de son public avec lequel il n’hésite pas à communiquer. Le set, lentement mais sûrement, prend de l’ampleur et, si on démarrait avec un sentiment clairement mitigé, on se retrouve pris au jeu d’une énergie parfaitement calculée.

22472294_10156836416339478_1925802053_o

On note quelques apparitions erratiques de Sean Wheeler en guest. Il accompagne au chant. Ce n’est pas inintéressant mais difficile d’y trouver une réelle plus-value. Le personnage est, ma foi, excentrique et survolté. Il opère quelques figures semblables à de la prestidigitation sans qu’on ne comprenne jamais trop ses intentions.

En résumé, l’ensemble du live est à l’image de son dernier album, Tao of the Devil. Magnifiquement exécuté, sans jamais trop décoller ni marquer, et ce, malgré un final sans doute improvisé et assuré. On regrette un peu le blues/stoner plus roots des débuts délaissé au fil du temps au profit du son plus rock classique.

Roxane A.

Setlist (présumé)
Stackt // Controllers Destroyed // Buddha Time (Everything Fine) // Humble Pie // Too Many Chiefs … Not Enough Indians // The Gree Heen // Stockely Up Now // Dave’s War // Biker N°2 // Lazy Bones/Automatic Fantastic // Low Desert Punk // Dirty Bird // The Future Rock (We Got It) // Freaks of Nature

Crédit photo: Marc Erneux

Vous aimerez aussi