Brussels Art & Pole Show au théâtre Petit Mercelis (20/04/2017)

SASSpetitePlutôt qu’une review, l’objectif de cet article est plutôt de dévoiler une discipline souffrant d’une image que trop conditionnée. Ce spectacle fut réellement une découverte. Celle d’une discipline, d’un sport, même d’un art pouvant se décliner d’une multitude de manières. Une soirée égayée par un panel d’émotions et de surprises.

La pole dance, même si elle reste bien violemment jugée, est actuellement occupée de vivre un gain d’intérêt considérable. C’est ainsi que la soirée rue Mercelis démarra par une file interminable afin de rentrer dans le théâtre. L’entrée du lieu fait penser à une école aux décors de jungle qui pendent du plafond. Quelques stands de tenues légères et habits de pole sont envahis de monde et la salle arrière où l’on peut trouver une expo de croquis ainsi que le bar est à peine praticable.

Par chance, et avec quelques contacts bien placés, j’ai la chance de filer en coulisse où l’effervescence est reine mais la foule est moins présente. Je me retrouve donc à poser des faux ongles à paillettes à la pétillante Mim’ô Zette. Faux ongles et paillettes… Deux mots qui ne riment finalement pas forcément avec pole dance.  La soirée est toutefois menée par une des Brussels burlesque leadeuse (terme purement inventé, là, maintenant), Lili Mirezmoi qui, accompagnée de sa stage kitten attitrée citée ci-dessus, sera le fil rouge/glamour de l’event.

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Jamais à court de traits d’esprit et d’humour, Lili se voudra double porte-parole des disciplines mises à l’honneur ce soir. Magnifiant la stupidité des stéréotypes et autres préjugés qui y sont liés, elle sait être la joyeuse donneuse de leçons qui fait qu’on en sort un peu moins con. Comme elle l’a si bien dit, si le burlesque exhibe ses paillettes, la pole dance, elle, se flatte de ses bleus!

Ha, voilà qu’on commence à étioler une imagerie bien huilée. Parlons-en de la pole dance. Années 20, tentes foraines, une groupe de danseuses se met à danser avec un poteau de la tente devant un public directement conquis. Quelques trente années plus tard, le burlesque apparait (nous y revoilà) y ajoutant cette notion de strip-tease, la pole dance se voit évoluer jusqu’à la fin des années 80 vers ce qu’on s’imagine encore trop d’elle. Un sublime alliage de gesticulations racoleuses et de frotti-frotta foncièrement machiste.
Sortie depuis les années 90 de son environnement érotique, la pole dance se veut plutôt une discipline artistique acrobatique et c’est de ça qu’il a été question lors de cette soirée.

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La soirée est initiée par Laurence de Lafontaine-Mockle et Angèle Plaut de la Brussels Art Pole School et rassemble sur un show en deux parties une pléiade de performeurs en tous genres et styles. Car oui, c’est la variété qui est épatante ce soir. C’est tantôt engagé, ou pas. Totalement mis en scène, ou moins. Exécuté seul.e, ou en duo. Champion, ou artiste. Moderne ou rétro, et finalement féminin ou masculin! Nous sortons donc totalement de ce culte de la beauté physique afin d’admirer la performance physique. Les corps sont musclés et souples et c’est globalement hyper impressionnant. Puis parfois ce sont de réels moments de poésie et de beauté visuelle.
Angèle Plaut nous offre d’ailleurs un délice visuel empreint de sa casquette de plasticienne avec une peinture scénique à la fois touchante, captivante et spectaculaire.

Au final, on sort de là un peu saisi par tout ce qu’on a pu admirer. Surpris par nos propres préjugés qu’on vient enfin de briser. Et finalement, en demande de plus!

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Chance!

Angèle Plaut se produira le 18 mai prochain à The Sassy Cabaret pour l’édition spéciale Pride Festival.

Et pour ceux qui en veulent tout de suite et gratuit. La paillette sera à l’honneur ce soir au Crazy Circle pour un Little Sassy Cabaret.

Crédit photo Elodion :

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