Carpenter Brut au VK (24/11/2016)

carpenterbrutDes cheveux longs, des barbes, du cuir et du jean, ce jeudi Carpenter Brut embrasait le VK devant un public d’initiés, la tornade annoncée était au rendez-vous. Retour sur une heure trente de violence musicale sans retenue et sans regrets.

À mon arrivée un peu tardive devant le VK, me voilà affublé de mon bracelet vert, mais avant d’entrer, je profite de l’entracte pour emplir mes poumons de quelques bouffées de cigarettes, non sans tendre l’oreille aux échos de cette première partie qui vient de toucher à sa fin. Visiblement les avis sont partagés, selon certains j’ai loupé quelque chose d’agréable, rien d’exceptionnel diront d’autres, soit, je n’émettrais donc pas de jugement sur la prestation de Nightstalker, n’ayant pas eu la chance d’y assister.

Il est l’heure, je passe la sécurité, échange des billets pour des jetons, des jetons pour une bière, un manteau pour un ticket, mes trocs terminés, je m’engouffre dans une salle déjà bien remplie. Rien de comparable à la semaine dernière lors du concert de The Kills, de par l’affluence déjà, bien que fréquenté, cette fois nous allons pouvoir respirer, de par le public aussi, beaucoup moins hétéroclite.

Petite présentation oblige, Carpenter Brut aka Franck Hueso, projet musical créé en 2012, a très rapidement fait parler de lui, tout en gardant paradoxalement un quasi complet anonymat quant à sa personne. Sa musique, résolument synth-wave et aux multiples influences allant de Justice à John Carpenter, a pour beaucoup été découverte en jouant aux différents jeux-vidéos dont il a composé la bande-originale, autant dire une niche d’initiés. C’est donc loin de tout cliché, sans réelle surprise et sans moi-même m’en exclure, que cette audience de métalleux génération disquette n’hésite pas à prendre possession de ce lieu qui leur est dédié ce soir.

Entrée des artistes, acclamés pontificalement par la foule, et c’est sans présentation qu’ils coupent court à toute forme de doute quant au déroulement de notre soirée. Des sons lourds et brutaux font immédiatement trembler les murs du VK, pas le temps pour nos corps ou nos esprits de s’échauffer, les premières bousculades naissent, se mutant en un fébrile pogo, qui dans la minute prendra la forme d’une vague humaine inébranlable. Les litres de bières virevoltent, et déjà, pour les pauvres bougres coincés au cœur de cette foule en liesse, il est temps de battre en retraite, laissant libre court à cette violence respectueuse si représentative des concert de métal ou de punk.

Contrairement à ce que j’aurais pu penser, Franck Hueso est accompagné d’un guitariste (Adrien Grousset) et d’un batteur (Florent Marcadet), on est donc loin du concert pousse-bouton à base de morceaux samplés, pourtant si répandus en musique électronique, et c’est donc sans surprise que chaque riff de guitare et kick de batterie projette dans la salle une fureur des plus intense.

carpenterbrut2_850x300

Ambiance tamisée, écran de fumée, spots rougeâtres, projections vidéo de VHS gores de l’Amérique des années quatre-vingt, Carpenter Brut a le sens de la mise en scène. Loin d’eux l’idée d’en faire trop, l’esthétique globale est propre et épurée, pour nous nul besoin de plus, l’ambiance étant déjà à son paroxysme.

Après une heure trente de beats et de vagues de synthé, force est de constater que le public est conquit. Les visages rougis par ces longues minutes de lutte physique n’en finissent plus de s’égosiller à chaque morceaux, et c’est dans un vacarme assourdissant que les dernières notes de Carpenter Brut vont faire vibrer le VK.

Pas de rappel, les trois musiciens quittent la scène dans un fracas d’applaudissements, ayant réussi le pari d’enflammer notre jeudi soir, il est temps de rejoindre la ligne cinq sous le bourdonnement de tympans qui ne nous remercient pas. Bref, si vous aimez la violence électrique et le synthé ondulatoire, foncez voir Carpenter Brut, pour les autres, n’oubliez pas les boules Quiès.

Alex T.

Crédit photos : Elodion

Vous aimerez aussi