Les Dossiers de Hellblazer, Mauvais Sang (2012)

hellblazer_headerEntre mysticisme et réalité, plongez dans le sombre univers de John Constantine, alias Hellblazer, avec Si Spencer et Sean Murphy à la barre. Préparez-vous à une histoire violente où la nonchalance apparente du personnage principale n’a d’égale que son charisme. Âmes sensibles s’abstenir, l’hémoglobine coulera ici à flot.

Alors qu’il essaye de profiter d’une rare soirée calme, John Constantine est victime d’un accident et se retrouve aux urgences. Faisant fausse route en suspectant un démon derrière cet événement, ce spécialiste de l’occulte ne voit pas la machination qui se trame sous son nez. Deux des chirurgiens l’ayant opéré en ont profité pour analyser son sang, découvrant ainsi sa composition bien spécifique, mi humaine/mi démoniaque, et vont décider de l’exploiter à des fins peu charitables. Hellblazer, accompagné par la séduisante infirmière Marie, va se voir obligé d’intervenir pour sauver Londres d’une horde de ses « enfants ».

C’est sans réellement connaître ce personnage incroyable de John Constantine que je me suis lancé dans la lecture de cette histoire. Antihéros au charisme incomparable, ce fumeur antipathique et invétéré sort des sentiers battus et de la bienséance pour offrir des récits teintés de magie, de pouvoirs occultes et autres démons. On notera d’ailleurs que ce tome n’est pas à laisser entre les mains de n’importe qui (le « À partir de 12 ans » d’Urban Comics aurait pu être un peu plus sévère).

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Créé en 1985 par Alan Moore, le personnage principal est repris ici avec brio par un autre auteur anglais, Si Spencer. Scénariste sur plusieurs numéros de Judge Dredd, il a publié chez Vertigo des œuvres tels que Books of Magick : Life During Wartime ou encore The Vinyl Underground. Le récit qu’il a concocté ici est parfaitement adapté à Hellblazer, exacerbant ses traits et s’intégrant parfaitement à son univers si sombre que les dessins de Sean Murphy subliment. S’il a depuis gagné en notoriété avec notamment Punk Rock Jesus ou The Wake, l’artiste américain n’était à ce moment qu’à ses premières publications chez Vertigo. Ses coups de crayon reflètent, voire intensifient à la perfection la violence et la noirceur de cette histoire. La colorisation de Dave Stewart, qui a depuis collaboré avec Murphy sur Joe The Barbarian ou encore American Vampire : Survival of the Fittest, apporte la parfaite dernière touche à l’univers de cette centaine de pages.

Confectionnée en 2008-2009, cette mini-série de cinq numéros ne sera finalement publiée outre-Atlantique qu’entre décembre 2010 et février 2011, sans que les raisons ne soient rendues publiques par la direction de Vertigo. Urban Comics en fera l’une de ses premières parutions en février 2012. Ce tome débute avec une introduction sur le personnage de Hellblazer intitulée John Constantine, L’enfer en lui qui permet de découvrir pour les néophytes qui est cet anglais narcissique. Outre le récit dans son intégralité, vous retrouverez également la galerie des couvertures dessinées par Sean Murphy. Si l’on excepte les difficultés de traduction induites par certains jurons à répétitions dans la version anglaise, on pourrait quand même reprocher le changement de titre entre la langue de de Shakespeare et celle de Molière, où de City Of Demons on passe à Mauvais Sang.

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Outre ce dernier point toujours délicat du passage en français, et de quelques  imperfections scénaristiques, une réelle atmosphère se dégage de cette histoire. Le second tome de la série Les Dossiers de Hellblazer n’a aucun rapport avec son prédécesseur, l’équipe créative y étant totalement différente. Les fans de John Constantine dénoteront peut-être le manque d’éléments magiques qui entourent habituellement le personnage, mais cela n’est pas pour me déplaire, l’histoire étant ainsi ramenée dans une réalité plus moderne. C’est donc finalement avec une agréable surprise que j’ai refermé cet ouvrage pour lequel je me suis épris beaucoup plus que je ne l’aurais pensé à l’origine. Bien qu’on aurait aimé en avoir plus, cette histoire ce suffit cependant à elle-même.

Hush

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