CunninLynguists au VK (19/10/2017)

CAPDB_Big_Banner_CunninLynguists_VK_191009Les premières fois sont rares en concert. Et bien pourtant ce jeudi 19 octobre fut une première. D’un concert de hip-hop pardi. Moins connaisseur du rap et hip-hop, CunninLynguists fait pourtant partie des groupes de hip-hop que je devais voir en concert. En plus au VK Concerts, que demander de plus ! La soirée s’annonçait rythmée et chaude, le groupe venant défendre leur nouvelle plaquette Rose Azura Njano.

Découvert il y a plus de dix ans par le morceau « Lynguists« , tout était en place pour les voir une fois sur scène. Après la disparition de tous les potes qui devaient venir au concert avec moi, j’ai donc débarqué dans cette chère salle du VK. Cet endroit a une particularité à mes yeux : donner la possibilité aux jeunes du quartier de travailler et d’avoir une salle de concerts.

Avant d’entamer le concert principal, les jeunes chanteurs de Jay MNG sont venus chauffer la salle de leur flow flamand avec quelques pointes de français. Sans comprendre l’entièreté, les deux kets ont montré qu’ils savaient faire bouger le public.

Un mec s’avance ensuite et commence à entamer son flow accompagné d’un scratcheur derrière les platines. Est-ce bien le groupe ? Je pensais qu’ils étaient trois. En discutant avec un vanpyperzeele, je comprends : de peur de ne pas avoir réussi à chauffer la salle, le groupe CunninLynguists a aussi ses propres chauffeurs de salle (dont le SoundCloud ne sera jamais communiqué). Un set de trente minutes pour enfin entamer le dessert.

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CunninLynguists est dans la place. Ouech ouech. Chaque chanteur va raper en se présentant par son état d’origine, ce qui donne évidemment des références directes à des chansons. Kentucky. Deux chanteurs blacks et un chanteur blanc : Deacon The Villain (Willis Polk II), Natti (Garnett Bush) et Kno (Ryan Wisler). Un beau contraste. Kno arbore un t-shirt de l’album Unknown Pleasures de Joy Division. Chauffé à bloc, le public répond à ce groupe qui est considéré par beaucoup comme un groupe « classique ». L’utilisation du scratch avec des teintes musicales diverses et variées font danser les gens. Marijuana. Les fesses se bougent. Une odeur de beuh se dégage de la salle. Au fur et à mesure, les trois rappeurs se fusionnent pour débouler sur un flow et un freestyle. « Say Marijuana. Smoke that shit ». Sans doute le cliché. Terminer la chanson par « Eat that shit ».

Les chansons vont s’enchaîner. Chacun y ajoute ses paroles. La politique, Trump. La fatigue du soir m’a empêché de tout comprendre. Une description des réalités. Un brin de philosophie. De positif. Ni bling-bling, ni gangsta rap. Un groupe qui reprend tout ce qui me plait dans le hip-hop pour en faire un condensé sous une forme qui leur est propre. À la manière des De la Soul et A Tribe Called Quest.

Parti plus tôt, je n’ai pas assisté à la fin du concert. Fait amusant : en publiant une story sur Instagram mentionnant CunninLynguists, Kno m’a répondu. Cool mec ! Cette attitude est à l’image du concert : loin des clichés et de l’image qu’on donne au hip-hop, il y a encore des groupes qui défendent par leurs mots et le son un style musical vieux de plus de trente ans.  Je ne saurais d’ailleurs que trop vous conseiller la lecture de l’excellente BD d’Ed Piskor: Hip Hop Family Tree. Cette BD vous ouvrira les yeux sur les origines du hip-hop et vous donnera aussi l’audace de franchir les portes de l’inconnu au prochain concert de ce genre à Bruxelles.

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François VC aka whattt

 

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