Dälek au VK* (03/05/15)

10931137_10152695715230178_5750615347334498550_nLe 13 mai 2008, il y a sept ans déjà, j’assistais au concert de Dälek aux Nuits Botanique, dans une Rotonde remplie de manière relativement suffisante compte tenu du côté underground du projet. À l’époque, après la fascinante découverte de Carl, je me laisse emporter par un concert génial, mais quelque peu froid : bien qu’efficace, le set se termine par un « Thank you » et Will Brooks (de son vrai nom), lâche le micro et s’en va… Pas de rappel, même pour les plus patients… Le personnage est antipathique ou veut donner cette image ? Le public des Nuits et le côté convivial de la Rotonde sont trop éloignés de l’underground de Brooklyn ou est-ce juste la fin de tournée qui se fait sentir ? Au-delà du fait que je n’ai jamais cessé d’écouter leurs albums, j’avais envie de voir si à contexte différent, concert différent.

19h50. En ce dimanche soir bruxellois humide, à peine le temps d’aller me chercher une bière que Moodie Black commence. Un set qui démarre par un morceau plutôt posé et mélancolique… Pour mieux enchainer sur cinq décharges de 100 000 volts qui me font apprécier d’être arrivé à l’heure ! Je n’avais écouté que, vite fait, un morceau avant de venir, histoire de voir si je voulais me permettre une heure de plus en mode dimanche-canapé, et étais loin de m’attendre à ça ! La cohérence avec Dälek est bien là : c’est sombre, brutal, noisy et enragé ! Un guitariste statique façon post-rock envoie des riffs lancinants, accompagné d’un batteur en avant-scène (sorte de Bouli Lanners sauce métal), tandis qu’un MC complètement furieux se démène de façon désarticulée sur scène. Une putain d’entrée en matière qui ralentira un peu en milieu de set avant de terminer sur un final parfaitement maitrisé ! Et dire que certains rappeurs, dont je tairais le nom, pensent prétendre à révolutionner quoi que ce soit…

On m’a parlé de Lorn, on m’a conseillé quelques morceaux à écouter, mais je sens déjà que je vais avoir plus de mal à entrer dedans. De fait, ma capacité de concentration face à un mec seul derrière ses machines étant plus que limitée, j’ai beaucoup de mal à me laisser emporter. La musique est sombre, lourde et organique. Du gros son electro breakbeat aux diverses influences. Il y a du Amon Tobin en plus sombre et plus dub aussi. À réécouter à la maison ou en marchant dans la rue un soir de pluie… Ou plus simplement un samedi avec niveau éthylique plus élevé plutôt qu’un dimanche…

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Voilà qui me permet de faire une parfaite transition sur Dälek. Pour ceux qui ne connaitraient pas, c’est la musique la plus absolument parfaite à écouter en marchant dans la rue un soir d’orage lourd et pesant (avec la ville en feu autour de soi…). Si les groupes/DJ précédents étaient soutenus par une projection vidéo (excellentes d’ailleurs, mention spéciale à Lorn !), ici pas de fioritures : seul le charisme prophétique de Brooks et l’efficacité ahurissante de DJ. rEk et Mickey Manteca pour nous emporter dans un concert aussi hypnotique que redoutable ! Plus d’une heure durant laquelle le MC impose sa présence scénique, bidouillant sa voix à coups de réverbe, delay et autres, avec tout un set de pédales d’effets à portée de main ! On a tous quelques morceaux que l’on espère impatiemment voir lors d’un concert; enchainer à la suite « Eyes To Form Shadows » et « Ever Somber » pour conclure sur « Subversive Script » était bien plus qu’il m’en fallait ! C’est enfin un Will Brooks à l’opposé de l’image que j’en avais eu au Bota qui remercie son public avant de le prendre en photo en quittant la scène… Avant de revenir pour un furieux rappel de dix minutes ! C’est avec ma capacité à ressentir complètement dévastée et un sourire aux lèvres que je quitte les lieux…

Major Fail

Crédit photos : Elodion

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