D’Ardennen VS Crimson Peak, horreur et damnation

D-Ardennen-posterCe soir ce soir mes enfants, peut-être la faute à la disparition – nous l’espérons temporaire – de notre ami Popcorn, c’est cinérathon. Ou filmathon, comme vous préférez. Bref, on se prévoit deux séances d’affilées, en commençant par D’Ardennen, thriller belge passé quasiment inaperçu, et Crimson Peak, le dernier Guillermo del Toro qui subit lui-même un certain silence malgré son placardage excessif sur les abris bus de la capitale.

D’Ardennen se passe comme son nom l’indique dans les Ardennes, mais pas que. Tout démarre dans la banlieue d’Anvers, avec une entrée en matière à l’image de l’ambiance du film : par l’immersion suffocante d’un fuyard masqué de son bas de nylon dans une piscine. Il s’extirpe à bout d’haleine pour se retrouver dans une voiture avec une complice qui demande tendue « et ton frère ? ». Le regard déboussolé en face nous donne la réponse. Bienvenue dans la grisaille, l’humidité et le froid belge dans sa plus grande beauté.

Après ses courts métrages Plan B et Injury Time, Robin Pront signe ici son premier film, coécrit avec Jeroen Perceval, qui incarne le jeune frère Dave de l’inquiétant Kenny (Kevin Janssens), formant dans cette histoire fraternelle haletante un triangle amoureux et grinçant avec la très juste Sylvie (Veerle Baetens). La puissance régulière des basses technoïdales vont rythmer la bon goût et la tension qui ne fera que monter au travers des espoirs déchus et teintés de désespoirs hystériques dans le pays enchanté de la classe populaire anversoise. C’est noir, sale, brumeux et rempli de beaucoup trop de testostérones colériques. Un gouffre sans fond pour un thriller dans la lignée de ce que le plat pays à déjà pu nous offrir avec un exemple simple comme Bullhead de Michaël R. Roskam (Les producteurs sont d’ailleurs en commun). Plutôt estomaquées, nous ne pouvons qu’approuver et vous conseiller de soit courir proche du cinéma qui le passe encore, soit de vous le procurer dès que possible.dardennen

C’est donc encore empruntes de cette folie frénétique et de tristesse déroutée que nous nous dirigeons vers la file pour le prochain long de la soirée.

1431551261225Un Guillermo del Toro ? Oui ! Ce soir on a du gâteau et des mini-wraps, on est parées pour plonger dans le dark side de l’UGC. Et si la salle était quasiment vide pour le premier, nous voilà submergées d’adolescentes pouffeuses et de mamies bavardes. Nous sommes certes vendredi soir, mais il y a comme un doute qui m’envahit. J’avais entendu d’un « nouveau genre de film de fantômes », « vraiment vraiment effrayant » et ça avait suffit à me convaincre. Naïveté, un jour je me lasserais de toi…

Il y a des fantômes, oui. Il y a des décors de fous, oui, Guillermo del Toro pour une esthétique léchée et frémissante comme il le faut. Il y a des effets spéciaux (beaucoup, trop, non mais arrêtez de leurs donner autant de sous !) qui, même s’ils ont finis par me faire rire à gorge déployée étaient pas mal du tout. Il y a (un peu) de suspens, quelques trucs fait pour choquer nos esprits puritains, mais surtout, surtout, des longues longues longues scènes mielleuses, collantes et suintantes de mauvais goût romantique écœurant que même les pires teenage movie n’osent plus depuis fort longtemps. J’ai bien failli croire que c’était un effet de style sur le début pour avoir un meilleur revers sur la fin. Ne vous faites pas avoir, c’est pareil tout le temps, si ce n’est pas pire.
Le scénario s’allonge et se remplit d’inutiles et de clichés, sous de superbes costumes et décors dépouillés tout simplement de contenu. La jeune Edith Cushing (Mia Wasikowska) est ballotée de partout, et si le début du film tente de lui donner un peu de caractère au travers d’un revendication vaguement féministe, elle va venir se fondre complètement dans le décor. Jolie mais sans fond. La sœur, Lady Lucille Sharpe (Jessica Chastain) aura elle le lourd poids d’incarner le peu de frisson et de folie renfermés dans ce film et, disons-le, elle ne s’en sort pas trop mal. Par contre, Sir Thomas Sharpe (Tom Hiddleston), pourtant un des protagonistes, rejoindra Mia dans une certaine platitude sentimentale. Déception crie ton nom, et j’aurais dû me fier à ce que l’affiche tentait désespérément de me dire : « je suis une mauvaise comédie édulcorée pire qu’un des plus mauvais Tim Burton » (un jour, j’écrirai un super article pour discuter des affiches. En attendant, si ça vous passionne, j’ai trouvé ça : http://www.qualiquanti.com/pdfs/affetbafilmsword.pdf).3042494-poster-p-1-del-toro-you-love-is-back-in-crimson-peak-and-jessica-chastain

Bon, je veux bien croire que j’ai la critique un peu facile, mais des fois on me tend des perches incroyables. Et même si Guillermo del Toro se plaît à appeler ce film un « conte gothique », la fan de comédies romantiques en moi ne sera pas convaincue par celle-là.

Bref pour en revenir à nos moutons et faire simple : D’Ardennnen 1 – Crimson Peak 0. Bam.

Mmaelle

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