Deadpool (2016)

DeadpoolDans un contexte de blockbuster américain où le film de super-héros est quasiment maitre du marché, pour le pire et, parfois, pour le pas trop catastrophique, Deadpool s’annonçait comme une bouffée de fraicheur. Mené par une campagne publicitaire à cent lieues du marketing habituel, j’étais curieux de voir si le long métrage de Tim Miller allait honorer ses promesses.

Avant toute chose, il est important de préciser que les droits de la franchise X-Men sont possédés par la Fox, tandis que ceux des autres super-héros Marvel (Avengers, Ant-Man, prout prout,…) le sont par Marvel Studio, racheté par Disney en 2009. Ce qui pourrait expliquer, au-delà du matériau de base bien plus riche, adulte et politique que les autres séries Marvel, que les films X-Men sortent un peu du lot (si l’on fait, bien sûr, abstraction dX-Men : L’affrontement final et X-Men Origins : Wolverine, comme par hasard tous deux produits par Avi Arad, propriétaire et fondateur de Marvel Studio…).

Deadpool2Parlons-en d’ailleurs de ce X-Men Origins : Wolverine (ah bon ? On est obligés ? Ben oui, juste pour faire une belle transition…). Non contente d’être une bouse sans âme horriblement premier degré, la catastrophe filmique de Gavin Hood, qui ne l’a pas volé, ni aux riches ni aux pauvres (pardon…), nous offrait une première représentation cinématographique de Deadpool complètement à coté de la plaque : déjà interprété par Ryan Reynolds, le personnage est froid, sans humour et débarque pour une scène finale sans costume rouge et sans bouche ! Un comble pour le personnage le plus bavard de toute l’histoire du comics !

Créé en 1991 par Fabian Nicieza, Wade Wilson est un mercenaire psychopathe, bavard, blagueur et ultra violent qui, après une série d’expériences dans un laboratoire secret, deviendra Deadpool : encore plus psychopathe, plus bavard, plus blagueur, plus ultra violent, capable de se régénérer et immortel. Loin d’être un expert du comics (je n’en ai lu que trois ou quatre albums), j’ai eu le sentiment que l’univers et le personnage étaient plutôt bien respectés. On sent que Ryan Reynolds s’éclate dans chaque scène et entend bien faire oublier sa piètre performance dans le lamentable Green Lantern. Le rythme est inlassable et l’incursion des flashbacks (pas loin de la moitié du film) est montée de façon intelligente. Le casting est impeccable, le méchant anglais, crédible, et Morena Baccarin, plus belle que jamais. Pas mal d’ingrédients qui en font un blockbuster complètement décomplexé et sang pour sang fun !

deadpool3Si le côté méta du cinéma actuel peut faire grincer des dents ( Star Wars : le remake de la farce dont chaque personnage est fan du personnage de la trilogie originale qu’il caricature… AAAARGH !!!), Deadpool fonce dedans tête baissée : l’anti-héros enchainant les vannes à référence pop culture et brisant le quatrième mur à la moindre occasion. Il est toutefois important de préciser que ce qui peut agacer, voire insupporter un spectateur non initié au protagoniste, est en fait l’essence même de celui-ci. En effet, Deadpool est le seul héros de comics à être conscient qu’il est dans une bande dessinée ! Ce qui ne fait qu’ajouter à sa folie aux yeux des autres super-slips. Une fois ce postulat accepté, il est intéressant de le voir démonter son propre film à propos des points sur lequel il pourrait être critiqué par la suite («C’est bizarre que vous soyez les seuls X-Men que je vois dans ce grand manoir ! Comme si les studios n’avaient pas eu suffisamment de budget pour engager des vraies stars !»). Ça passe ou ça casse ! Dans mon cas, c’est très très bien passé.

Si jusque-là les X-Men de Bryan Singer et Matthew Vaughn étaient de très bonne facture, tout en restant sérieux et politiquement corrects, Deadpool est un gros trip jouissif et décomplexé et bien plus violent que la majorité des films de super-héros. Ce qu’est censé être un blockbuster non ?

Bisous et bon flim !!!

Major Fail

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