Krakenizer à la MJ Le Gué (24/02/2017)

krakBienvenue au pays des méchants qui grognent et baisent des bourgeoises. Ce soir, on vous parle de Dirty Wolfgang et Krakenizer, deux groupes belges bien frappés qui sont venus cogner à la MJ Le Gué.

D’abord, tu vas me ranger tes aspirines, tes téléréalités, ta boulimie et tout ce qui te sert de thérapie face à ce monde de putains car la vraie médecine, c’est celle qui se prend la tête dans un gros baffle pendant que des énervés gueulent violemment. Tu fais ça minimum une fois par semaine et ça ira beaucoup mieux. Si tu comprends ce genre de traitement conseillé par de vieux moines prolo habillés en cuir baiseurs de nones à fond les ballons sur l’autoroute du soleil, pourquoi, putain de bordel, tu n’étais pas à la Maison de Jeunesse Le Gué à Woluwé Saint-Lambert ce vendredi soir ?

Dirty Wolfgang, c’est du métal jouissif. Les mecs balancent tellement de reverb sur leurs guitares que ta tête fait des allez-retour PanteraMotörhead et que ta main, sans que tu t’en aperçoives, fait automatiquement le signe d’allégeance au diable. Le batteur – putain, ce que j’ai aimé ce batteur – était là pour bien te décrasser les oreilles : caisse claire en 144 bpm tous les deux temps, entrecoupé de breaks monstrueux et de crash implosifs. Pendant ce temps là, le chanteur en short, en jeans et en extase crasse répétait que Johnny le cherchait dans toute la ville, qu’il voulait lui mettre une tarte parce qu’il avait ken sa meuf et que tout ça risquait de mal finir. Et ça c’est très mal fini dans le bon sens du terme : avec sa voix qui rappelle la tienne quand tu sors d’une after de trois jours et que tu t’es enfilé des bières remplies de clopes, le cauchemar de Johnny a vitupéré les gros patrons de la vie et s’en est même pris à Trump. Si Bruxelles est un hellhole, son point central était à Woluwé ce soir là. Le guitariste avait l’air tout à fait du même avis, avec son look de Lemmy en dreadlocks et sa virtuosité délirante. Sautant partout, une fois sur les enceintes, une fois sur la grosse caisse, tirant sa langue comme un bâtard, il faisait de ses pédales des martyrs sacrés. Wah-wah, flanger et autres trucs distordus étaient clairement au rendez-vous, comme il se doit lors d’un concert pour blousons de cuir et pins d’anarchistes. Dirty Wolfgang, sur une échelle de un à cinq, je leur mets un bon Gloire à Satan.

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Krakenizer, c’est aussi des méchants en cuir qui frappent avec amour sur tes tympans et te secouent comme un 49.3. Entre électro-punk, noise, doom et incantations chamanico-industrielles, Krakenizer a tout du monstre musical qui trempe dans les eaux sombres du canal en attendant que tu passes au dessus pour pouvoir t’engloutir. J’ai rien compris à ce que la chanteuse Lucienne martelait avec passion mais sur le moment, ça avait du sens. J’ai eu envie de me faire tatouer « Vive la Mort » sur le torse et de faire un aplat sur la scène trempée de bière et de sueur.

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Et comme trois jours plus tôt, plein mort, je leur avais promis d’écrire les 15 raisons d’aller les voir en concert, les voici :

  1. Ils font de l’électro-punk et on n’en voit pas assez à Bruxelles
  2. Ils jouent avec des machines analogiques et une vrai batterie acoustique
  3. Krakenizer, c’est en référence à cette bête terrifiante et légendaire et le groupe leur fait bien honneur
  4. Ouais, ils ont des références super cools : légendes urbaines, mythes phillipkdickiens, extraterrestres, Kas Product, Justin Bieber
  5. Ils ont une pêche d’enfer
  6. Lucienne aime bien gueuler, Lio aime bien frapper et les autres, je ne connais pas (encore) leur nom
  7. Les voir, ça coûte moins cher qu’une séance chez le psy et en plus, tu ressors bourré
  8. Ils aiment le cuir et les looks de voyageur temporel, sauf Lio qui porte des chemises à la Hunter S. Thompson
  9. Vu qu’ils ne sont pas encore très connus, tu ne dois pas réserver ta place trois ans à l’avance
  10. Ils aiment les pogos
  11. Si la vie était un chat, Krakenizer serait un bar à chat
  12. Leurs chansons sont brèves et intenses, comme toi au lit, mais en mieux
  13. Phillipe Manoeuvre ne les connaît pas encore mais lorsque ce sera le cas, il dira d’eux que leurs guitares sont sanguinolentes
  14. C’est une super musique pour écouter en famille, si ta famille s’appelle Addams
  15. C’est chaud les listes mais Krakenizer en vaut la peine

Voilà donc pour la parenthèse de musique brutale. C’était affreusement chouette et comme le braillait le chanteur des Dirty Wolfgang, il devait bien y avoir 40 personnes. Comme pour les meilleurs concerts. Et même si l’acoustique de la MJ Le Gué tuerait Brian Eno sur le champ, ça m’a fait réaliser à quel point j’aime les petits groupes, Bruxelles et ses punks.

Gloire à Satan !

GO20

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