Fabulous Sheep à la Cave à rock (27/03/2019)

fabuloussheep_300x666Une fois n’est pas coutume, je sors quelque peu des frontières belges afin de rendre compte de talents qui ne nous ont encore pas fait le plaisir de poser leurs instrus sur la scène bruxelloise. Embarquement donc pour Toulouse, et ce dans le cadre de la Semaine du Rock, avec l’association Progrès Son qui nous donnait rendez-vous à la Cave à rock ce mercredi soir. Cette nouvelle salle de presque un an propose un lieu 100% rock qui manque tant depuis quelques années dans la ville rose. On y croise vestes en cuir, chiens et bonnes bières. Le mot d’ordre de Progrès Son est « Soutien ta scène locale« , l’affiche est donc tenue par deux groupes toulousains (Cold Blossom et IV) et un groupe bitterois (Fabulous Sheep).

Le dernier nom vous est peut-être passé sous les yeux ou effleuré votre oreille gauche. Découvert lors du même festival il y a quelques années, l’unanimité était là pour dire que le potentiel des Fabulous était sans équivoque. Ce qui se confirme depuis avec deux EPs (L’entreprise et Kids Are Back) et un premier album éponyme encore tout chaud, sorti sous leur propre label indépendant Bitter Noise, dans les bacs depuis le 8 février. Premier opus encensé par la critique. Une reconnaissance qui se traduit par de nombreuses dates françaises, une tournée en première partie de No One Is Innocent et récemment quelques lives en Allemagne.

Dès l’annonce de sa sortie, j’ai rapidement penché une oreille attentive aux 14 morceaux post-punk qui constituent le disque. Parmi quelques tracks des deux précédents EPs se sont ajoutées de très bonnes nouvelles compositions illustrant une fabuleuse évolution des moutons. De passage à Toulouse pour y prendre une bonne dose de soleil et de Garonne, impensable était l’idée de louper le groupe qualifié d’avenir de la scène rock française. Ma joie fut quelque peu bousculée à l’entrée de la fameuse cave où l’on m’annonce que la soirée est sold-out et qu’il faut donc attendre un éventuel turn-over. La capacité réduite de 135 personnes et la renommée des Fabulous ont failli me faire rentrer bredouille. Thank God, deux jeunes filles quittent la salle et nous permettent d’obtenir le fameux tampon d’accès au monde souterrain. Nous arrivons donc devant le deuxième concert assuré par IV. Batterie, basse, guitare-voix : on assiste à un bon rock pêchu qui chauffe bien la salle.

22h15, on remonte à la surface le temps d’une prise d’air frais avant de redescendre dans les tréfonds toulousains. 22h30, les instrus sont en place, on entend un cri formé de cinq voix provenant du couloir qui mène à la scène. Le groupe débarque à la manière de boxeurs entrant sur le ring porté par l’ovation du public. La batterie percute violemment, signal du début d’un set à 200 km/h sous 300 degrés. On rentre dans le match directement avec « We Fight », puis on poursuit avec des guitares qui crient le punk et « People Around Me ». Si on devait qualifier les Fabulous à l’usage d’un seul mot, sans hésiter, il serait « énergie », ce qui confirme les nombreuses comparaisons qui tiennent la route, aux Clash ou encore aux Libertines. La fureur du quintet contamine la salle et les pogos ne tardent pas à se lancer. La température monte, ça transpire, ça dégouline, ça rock ! Et ça rock, pas pour parler de la pluie et du beau temps. Les textes sont engagés, décryptent et dénoncent le monde brimbalant qui est le nôtre bien illustré par « This World ».

fabuloussheep_850x300Le cinquième morceau se pose sur scène tel un ovni sous le nom de « Hotel », plongé dans une lumière rouge. On calme quelque peu le rythme avec un clavier hypnotisant et une superbe composition à trois voix langoureuses qui nous embarquent vers une véritable explosion. Poils qui se dressent, une belle grosse claque ! Pour se remettre de nos émotions, on passe au morceau plus pop « No More Crazy Sound », puis « Athenian Streets » et son synthé qui rappelle les sirènes des caisses de polices. On enchaîne avec le morceau phare « Wandering Soul » et sa construction rythmique qui encore une fois nous fait décoller. La course folle se poursuit et le noise de « Wasting Time«  envahit la cave.

On continue avec « Take Shelter » et ses cris de rage. On reste dans la bulle punk et rock’n’roll avec « Suicide » à grands coups de batterie, de riffs acérés et de groove basse. Tim prend des bains de foule, Pierrot monte sur la batterie, Gaby saute derrière ses claviers, Jack tombe le tee-shirt et Charles hurle les textes. Alors qu’on a pratiquement la tête dans les guitares, Pierrot considère qu’on est encore trop loin et la scène est investie par le public pour « Parasite ». La température continue de montée pour atteindre les 450 degrés environ. Puis « Zoo » sonne la fin du match durant lequel ont plu les uppercuts et d’où l’on ressort quelque peu KO. Le groupe a tellement tout donné qu’on ne demande même pas de rappel. Au lieu de cela, une vraie ovation, un grand merci unanime.

Le rock des Fabulous  Sheep rend compte d’une véritable imagination tirée d’ un large répertoire qu’ils ne nous servent pas telle une lasagne réchauffée au micro-ondes. Ils se l’approprient et proposent un plat bien à leur sauce accompagné d’une bonne dose de  générosité. Un groupe à suivre qui promet de belles choses pour les années à venir.

Un grand merci à Progrès Son de nous permettre de découvrir de telles pépites : « Soutenons notre scène locale » !

Anaïs

Setlist

We Fight // People Around Me // Utoya // In The World // Hotel // No More Crazy Sound // Athenian Streets // Wandering Souls // Wasting Time // Take Shelter // Suicide // Parasite // Law Number One // Zoo

Crédit photos : Fabien Labarbe

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