Feu! Chatterton à l’Ancienne Belgique (19/01/2019)

50524877_2254168438238978_1239760477702062080_nPrès de 1800 courageux ont bravé le froid glacial ce samedi pour se réfugier dans une Ancienne Belgique archi-pleine qui accueillait les Feu! Chatterton. Les Parisiens ont fait leur show comme à leur habitude : magique. À moins que quelques points noirs dûs à la salle ne viennent gâcher le tableau…

Changement de ton ce soir, la donne n’est plus la même qu’il y a deux jours lors du fabuleux et intimiste concert de C4di11ac. C’est Kùzylarsen qui ouvre la soirée. Ayant écouté au préalable, et ne m’ayant pas convaincu, je décide de le nier. Le chant en français de Mathieu de son prénom accompagne une belle ligne musicale grâce à un oud électrique, instrument offrant une touche orientale agréable sans conteste. Un premier album Le long de ta douceur, est sorti ces derniers mois. La « chanson française » étant rarement à mon goût, je vous laisse juger par vous-même.

J’arrive alors presque en retard dans une Ancienne Belgique pleine à craquer. Poivres et sel et trentenaires ont envahi la salle, difficile donc de se trouver un endroit correct. À peine sortie du bar de gauche et nouveaux bouchons d’oreilles personnalisés bien en place, le concert commence. Les premières notes de « Ginger » retentissent dans la salle. Le thorax écrasé par les basses résonnant dans ce coin, je m’enfuis en arrière, après avoir pu regarder quelques secondes les jolis minois des Parisiens. Les Feu! Chatterton entrés en scène sont déjà acclamés par un public bruxellois amoureux. Les cinq membres du groupe sont aussi ravis de retrouver la scène de Bruxelles. Ils étaient là il y a quelques mois, aux Nuits Botanique dernières, et moi aussi. Malgré les kilomètres parcourus au fil des mois durant leur tournée incessante depuis l’année passée, l’énergie ne s’est pas perdue en route. Les succès s’enchaînent, tantôt tristes, tantôt gais. Le groupe sait enchaîner ballades nostalgiques et rock énergique. Il sait aussi varier les plaisirs en bouleversant leur setlist chaque soir, mélangeant aussi bien leur premier album de 2015, Ici, le jour (a tout enseveli), que leur dernier album, L’oiseleur, sorti il y a un an. Musicalement, les influences sont nombreuses : rock, psychédélique, funk, électro, hip-hop, pop… Et les chansons sont adaptées pour le live, jouées à la perfection.

capdb_feu_chatterton_ancienne_belgiqueMalheureusement, le son est de nouveau mal équilibré. Trop de basse et trop de batterie qui étouffent toutes les subtilités pourtant si belles des guitare, clavier, et presque même la voix, à l’écho trop important. Quel dommage ! Au fond, dans les gradins, au premier et deuxième étage, à gauche, à droite, et même derrière le mur de baffles : pas moyen de trouver le son satisfaisant. Un réel désastre pour un groupe aux paroles lyriques et à l’instrumentale délicate.  Heureusement, visuellement, le show reste le même que l’année passée, impeccable et original. Des immenses miroirs qui reflètent les lights et offrent d’autres perspectives sur les musiciens sont leur seul décor. Communicatif, le quintet s’éclate. Leurs sourires sont beaux à voir, même si celui d’Arthur Teboul, le chanteur, fait un peu trop d’ombre aux autres musiciens (Clément DoumicRaphaël De PressignySébastien Wold et Antoine Wilson), pourtant tout aussi charismatiques.

Les deux derniers titres représentent eux-mêmes parfaitement Feu! Chatterton dans toute sa splendeur : de la joie de vivre énergétique tranchée par le cri d’un cœur rongé de nostalgie. Alors merci pour les multiples voyages à chaque écoute de vos chansons, mais dommage que l’Ancienne Belgique remplisse beaucoup trop ses salles et foire le son beaucoup trop souvent ces derniers-temps.

Claire B.

Setlist

Ginger // Fou à lier // Côté Concorde // Le départ // Ophélie // L’oiseau // À l’aube // L’ivresse // Bic medium // La mort dans la pinède // Boeing // Souvenir // La fenêtre // La Malinche // Sari d’Orcino

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