GFOTY au Botanique (15/01/2020)

Vendredi, au Witloof du Botanique, j’ai été voir surtout, entendre parfois (pas toujours lié, vous le verrez) GFOTY. Puis après, il m’a fallu digérer l’expérience, essayer vainement de comprendre à quoi j’avais assisté. Savoir si j’ai aimé ou pas aimé est une question déplacée.

Quand j’arrive à l’heure de la première partie assurée par Daisy Mortem, le Witloof comporte bien plus de colonnes que d’humain.e.s. Alors pendant une vingtaine de minutes rien ne se passe. Petit à petit arrivent quelques vingtenaires. Iels sont toustes très élégant.e.s dans leurs beaux vêtements. Iels sont aussi pour la plupart de dignes représentant.e.s d’une génération habilement et joyeusement gender fluid.

À 20h20, les deux comparses de Daisy Mortem arrivent. Le chanteur est maquillé comme un Pierrot/Dracula. Il chante à genoux, mysticisme d’épouvante et queer sur instrus électros martiales à tendance technoïde. Ça donne presque envie de danser. Mais on ne sait pas trop comment. Il hurle, il saute, il éructe, il se donne comme un saint qui aurait abusé de poppers. Il simule des actes sexuels. Ça remue comme au fond d’une backroom rigolote pour rire autant que jouir ou avoir peur. On ne saisit pas toujours le sens des paroles, on comprend que ça évoque le sexe, les vampires et la liberté d’être qui on veut, de se faire sucer le sang ou autre chose par qui on veut. Après une demi-heure ça se finit en apocalypse. On se dit qu’à minuit, dans un bouge interlope, ça aurait certainement eu plus de gueule encore.

Puis arrive un DJ. Il balance de l’électro de fête foraine sous speed. Il comprend tellement mal le fonctionnement de ses CDJ qu’il manque rapidement de les faire cramer. L’ingé son vient rallumer et remettre de l’ordre dans tout ça. Lui s’en fout, il balance ses bras dans tous les sens. Son mix est tellement foutraque que ça devient presque amusant. Autour de moi, le Witloof est maintenant bien garni. Et ça danse. Mais une demi-heure de ces beats simplistes et abrutissants commence déjà à m’ennuyer. J’avais oublié mes pills.

Heureusement, GFOTY arrive. Guêpière et jarretelles sur bas savamment troués, le tout d’une blancheur virginale, doudoune grise et lunettes de soleil cloutées, je décris les vêtements de façon réaliste et j’ai l’impression qu’on va me dire que ça n’a aucun sens, que ce n’est pas cohérent. Mais la cohérence c’est fade.

Elle, danse, saute, crie par dessus sa voix. Ça ne ressemble à rien de connu. C’est festif, mais je n’ai pas le code pour y participer, pour saisir tout ce que je vois et ce que j’entends. Rien n’est en place, les basses disparaissent sans raison, la voix parfois aussi. Tout le monde a l’air de s’en foutre et se trémousse comme s’il était 4h du mat’ dans un club underground. Parfois elle nous scande son prénom pendant que ses morceaux continuent. Elle aime également beaucoup taper violemment ses pieds sur scène, ou chevaucher des partenaires imaginaires (parfois les deux en même temps).

Son dernier album de 11 morceaux dure 11 minutes, cris de chien compris, alors évidemment ici dans le chaos désorganisé par son DJ, il m’est difficile de distinguer les morceaux les uns des autres. Une partie du public y arrive pourtant et je me dis que leur chant est plus harmonieux que celui de GFOTY. Mais le comble de la bizarrerie sera atteint avec une reprise du « Creep » de Radiohead qui oscille entre gros kicks de Ableton Live et des a capella enregistrés et chantés en playback. J’écris cette phrase et me rends de nouveau compte que c’est à la limite du compréhensible, mais je n’y peux rien, c’est comme ça. Et là je ne sais plus s’il faut rire ou pleurer, rester ou s’enfuir. Certainement tout à la fois.

Globalement, je me suis quand même amusé et je ne sais rien dire de plus.

Fripouille

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