Glass Museum à l’Atelier 210 (25/05/2018)

glassmuseum_300x666Depuis 2016, le duo batterie-clavier (Martin et Antoine) de Glass Museum ne cesse de gagner en reconnaissance. Finale du tremplin « Dour Festival », second prix du Concours Circuit et treize autres prix coups de cœur. Reconnaissance qui donne lieu à une série de concerts à travers la Belgique (première partie de Stuff à Charleroi, Rock System Festival à Louvain la Neuve, Festival Beauraing Is Not Dead, Houtain Rock Festival,…), la première partie de Rone à l’Ancienne Belgique le 5 mai dernier (dont Fripouille à rédiger un live report juste ici) et une future date à la Funkhause de Berlin en juin prochain. Un vrai décollage en bonne et due forme !

C’est à l’occasion de la sortie de leur premier EP Deux sur le label Jaune Orange (Airport City Express, Blue Velvet, El National Quaterback, Girls In Hawaii, Pale Grey, Piano Club, The Experimental Tropic Blues Band,…) que j’ai rencontré Martin (batterie) avant leur release party à l’Atelier 210. Martin est en master de gestion culturelle, Antoine étudie la bio-ingénerie, et les deux amis touchent de l’instrument depuis leurs plus jeunes âges. Le duo est souvent comparé à BadBadNotGood ou Gogo Penguin pour la touche jazz qui les caractérise. Pourtant « nous n’avons pas de formation jazz et avons commencé à nous intéresser à ce style il y a 3 ans. » nous disent-ils.

Après un an et demi de production, Deux sortira en ce mois de mai. L’EP n’a pas été choisi pour caractériser le duo mais parce que « chaque morceau de l’album a une deuxième version remixée par un ensemble d’amis, coup de cœur du milieu électro (Rari, Haring et DC Salas). Leur compilation donnera d’ailleurs lieu à la sortie d’un deuxième EP en septembre prochain ». Les compositions ont été travaillées pendant trois ans et à la force de quelques vidéos sur leur chaîne YouTube le duo jazz s’est produit sur une cinquantaine de dates.

« Comme quoi il n’y a plus besoin d’avoir d’album pour trouver des dates. On a sorti quelques vidéos pour avoir du matériel à proposer afin d’en obtenir. Les gens ne consomment plus la musique par le biais d’album. C’est plutôt quelques écoutes de certains morceaux en streaming. »

glassmuseumm_850x300À l’écoute de l’enchaînement des six morceaux, on reconnaît tout de même l’importance de porter l’oreille à un album de bout en bout. Antoine et Martin nous prennent la main sur un fond d’acoustique pure pour ensuite nous diriger vers de l’électronique plus punchy et dynamique.

Certaines pistes sont l’occasion de collaborations avec d’autres musiciens comme le trompettiste Martin Pichault pour « Tribal Coffee » qui apportent une touche plus « finie et plus complète. »

« Les morceaux ont été composés avec Antoine en ne pensant pas forcément à une collaboration. C’est  au moment de la pré-prod’ qu’on s’est imaginé du synthé en plus, une trompette en plus,… C’est donc à partir de pré-prod’ ultra brute qu’on a pu imaginer des instruments en accompagnement pour avoir quelque chose en plus. »

Le duo a fait le choix de prendre son temps, de bien travailler les compositions et de les tester sur scène avant de lancer le produit fini. Cette méticulosité se répercute également sur la scénographie signée Jean-Baptiste De Vooght (Compagnie des planches) que nous avons découvert pour la première fois le 25 mai, et en voici le live report.

glassmuseum_850x300Un peu plus d’une centaine de personnes tous âges confondus s’agglomère devant la scène habillée de la scénographie tant promise. Le côté industriel de l’ensemble des lamelles de miroirs que renvoie la construction donne un charme certains au duo qui se fait face. Le silence de la salle se brise avec les premières notes de piano classique rejoint par une batterie douce qui augmente le rythme pour aussitôt réimposer calme et tranquillité. Comme une évidence, c’est « Opening » qui ouvre le bal.

La technique est là et la partie lumière est une réelle réussite. L’ambiance que cette dernière pose colle parfaitement au mix des sons organiques et synthétiques que proposent les compositions. Le jeu d’ouverture et de fermeture des lamelles de miroirs produit tantôt des effets de lasers, tantôt de mur lumineux ou de bâtiments dont certaines fenêtres sont allumées et d’autres éteintes, desquelles on se demande ce qu’y font les habitants. (Pour avoir une idée, on peut voir cette construction dans le clip « Wu » juste à la fin de l’article.) Nous sommes plongés dans une atmosphère cinématographique maîtrisée par un piano qui raconte une histoire en six chapitres et une batterie qui nous impose le rythme de son vécu.

Antoine adresse un petit mot à la salle pour dire à quel point ils sont heureux d’être là, mais c’est à peine s’il en avait besoin tant leurs échanges de regards démontrent la joie du moment. Le scénario est ponctué par l’arrivée de deux personnages, un violoniste et un saxophoniste, et malgré un réglage son un poil trop bas pour apprécier la performance à sa juste valeur, ces apparitions apportent la touche qu’il fallait pour rendre le show dynamique. En particulier pour « Black Coffee », à la base accompagnée par un trompettiste. Ce soir c’est le saxophoniste d’Oyster Node qui donne du souffle au morceau pour un côté encore plus jazzy, « mis en image » par des lumières encore une fois ultra efficace.

Les deux derniers chapitres sont racontés en intimité avec les deux musiciens qui concluent l’histoire face à un public totalement conquis et qui quittent la scène sous une réelle ovation.

Un live pour le coup relativement court mais fort et généreux qui finit de me convaincre de la qualité et du potentiel du duo qui est, sans aucun doute, à suivre dans les prochaines années.

Anaïs

Setlist (pas dans l’ordre)

Opening // Electric Silence // Waves // Wu // Tribal Coffee // Chamo // Shadow’s Face

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