Gotham (2014)

gotham header 1Le 24 novembre dernier était diffusé sur la Fox le dixième épisode de Gotham, la série issue de l’univers de Batman. En attendant son retour en janvier prochain, décryptons les points forts et points faibles des débuts du feuilleton sur la ville du Chevalier noir, mais sans ce dernier…

Fin septembre 2013, la Fox annonce la mise en route d’une série Gotham sous la houlette de Bruno Heller (Rome, The Mentalist). Passant le stade du pilote, la chaine commande seize épisodes, et lance la diffusion de la série le 22 septembre 2014. Ayant bien préparé le terrain à coup de trailers et d’effets d’annonce, la Fox espère se tailler sa part du gâteau dans la nouvelle manne des adaptations de comics à la télévision.

Le plot de Gotham se déroule bien avant la première apparition du Batman dans la ville, mais celui-ci n’en est pas absent pour autant. Ou tout du moins son identité civile car c’est le meurtre de Thomas et Martha Wayne, les parents de Bruce, qui va lancer la série. On suit alors James Gordon, jeune inspecteur de la GCPD, qui mene l’enquête en compagnie du vétéran Harvey Bullock. Le rookie va découvrir que sa ville est corrompue à un point qu’il était loin d’imaginer…

L’attente était importante autour de cette série. Pour certains, mettre en scène le quotidien de la police de Gotham sans apparition de la chauve-souris pourrait revenir à faire une énième série policière, mais pas du tout. Le comic Gotham Central, paru entre 2002 et 2006 l’avait prouvé, la vie de la GCPD est loin d’être de tout repos. La corruption émanant de la ville ronge ses habitants jusqu’à l’os et bien des intrigues alléchantes peuvent être développées. Cependant, l’action se déroulant plusieurs années avant les premières actions du chevalier noir, cette série pourrait vite se transformer en origin-story et c’est bien là que le bas blesse…

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Si la pègre est omniprésente, et à juste titre, les scénaristes n’ont pu s’empêcher de nous coller des références aux différents vilains associés à la ville : entre une Ivy en petite fille étrange ou un Edward Nygma en scientifique de la police, on nous tease régulièrement Le Joker à travers différentes apparitions. Les fans de l’univers de Batman sont connus pour être particulièrement sensibles aux origines de leurs personnages et se permettre de jouer ainsi avec certains d’entre eux semble assez dangereux, car si la mention du nom du clown ramène de l’audimat, il amène aussi les plus farouches critiques… Ajoutez à cela un Bruce Wayne qui se prend déjà pour le plus grand détective du monde, et Alfred qui oublie certaines règles de politesses dut à son statut de majordome, et nous voilà mal barrés !

Pourtant, le casting est plutôt réussi, Ben McKenzie (James Gordon) et Donal Longue (Harvey Bullock) sont convaincant en flics qui en bavent et Robin Lord Taylor fait un excellent jeune Penguin. La mafia est également bien représentée avec Jada Pinkett Smith en Fish Money et John Doman en Don Falcone, alors que l’interprétation d’Alfred par Sean Pertwee oscille entre les bons et les mauvais moments. Là où ça dérape, c’est sur Selina Kyle et Bruce Wayne, respectivement joués par Camren Bicondova et David Mazouz. Leurs interprétations décevantes ne sont pas aidées par un scénario essayant encore et toujours de nous mettre une Catwoman et un Batman en modèle réduit. Quant à Barbara Kean (la petite amie de James) et Harvey Dent, n’en parlons même pas…

Après dix épisodes, la série continue d’osciller entre ses bons et mauvais cotés. L’ambiance est plutôt agréable grâce à une ville de Gotham très réussie. Sale et corrompue à souhait, la cité est bien représentée et on apprécie de découvrir les ramifications de la pègre avec en toile de fond la bataille entre les clans Maroni et Falcone, arbitrée par le Penguin. La GCPD est également une réussite, avec la caractérisation d’Harvey Bullock qui évolue, et un James Gordon rusé et déterminé.

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Cependant, tout ceci est gâché par l’envie d’inclure des références  à tout-va, ou bien des personnages qui n’émergeront que vingt ans plus tard dans les comics. Ainsi, si la mafia occupe une part centrale des criminels de la ville, on voit énormément de crimes liés à des psychopathes aux méthodes peu orthodoxes. Ce genre d’évènements  ne se produit pas avant l’arrivée de Batman en ville sur le papier, cela permettant d’entretenir un paradoxe éternel sur la question, Batman est-il la solution ou le problème à ses criminels ?

La Fox a d’ores et déjà commandé six épisodes supplémentaires, faisant passer leur nombre à vingt deux pour cette première saison. Cependant l’officialisation d’une seconde année n’a toujours pas eu lieu. Il reste donc encore douze diffusions pour réussir à convaincre une critique toujours un peu sceptique sur l’évolution de cette série, et son devenir sur le long terme.

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