Gramatik à l’Ancienne Belgique (16/10/2015)

gramatik_300x666Alors qu’il se lance dans une tournée européenne de près de trois mois qui passera par une dizaine de pays, Gramatik est passé par l’Ancienne Belgique pour nous présenter son Epigram Tour. Pour l’occasion, il a pris sous son aile les parisiens de The Geek x VRV qui le suivront sur plusieurs de ses dates. Retour sur une soirée qui nous a fait oublier la météo…

Alors que nous débarquons dans une AB configuration grande salle plutôt remplie, The Geek x VRV a déjà pris place derrière les platines. Trône en effet sur scène une immense table sur laquelle sont posés plus ou moins quatre macs et tout autant de machines. Et c’est vrai que ça en jette. Aux commandes de tout ce bazar, deux gars qui nous balancent des sons efficaces, entre hip-hop, soul et post-dubstep. Ils surfent clairement sur cette vague amorcée par Gramatik et dont font également partie des producteurs tels que Griz par exemple. A l’autre bout de la table, un troisième musicien, lui armé d’un saxophone qu’il se fera un plaisir d’utiliser à outrance, face au public en feu. Car oui, l’ambiance est déjà ultra chaude et entre les sourires sur les visages, les bras en l’air et les lunettes de soleil sur le nez, chacun a l’air de quand même sacrément bien prendre son pied. Il faut dire que le duo fait tout pour ambiancer la foule, entre une setlist dont on ne se lasse pas et plusieurs mots de remerciements (apparemment ils adorent la Belgique). Entre leurs compos bien ficelées et leurs remixes bien sentis (celui d' »Holdin’ On » de Flume en tête), ils sont parvenus à nous amener dans un autre endroit, où la pluie et le froid n’existent pas. Et même si quelques enchaînements et transitions paraissent parfois un peu gauches, c’est un pari réussi donc pour les parisiens, qu’on reverra avec plaisir.

thegeekxvrv_850x300Ils laissent place au bout de trois quarts d’heure à Gramatik qui s’impose au milieu de cette scène avec son Mac, son clavier et ses machines. Comme à l’accoutumée, et ce depuis quelques temps maintenant, il est accompagné d’un guitariste qui ajoutera une note parfois rock, parfois chaude à l’ensemble. Forcément, après huit albums et quatre EPs en six ans, il se renouvelle le petit. Sorti de nulle part en 2008, le producteur a commencé à faire de la musique dès son plus jeune âge, et à l’heure d’internet, il a décidé de diffuser toute sa musique par ce biais. Il a donc répandu ses sons au travers de l’Europe et des États-Unis via Beatport et a connu le succès. Entre soul, funk et jazz, le tout rehaussé de basses profondes et d’un beat entraînant, sa musique percute et ne se fait pas oublier. C’est donc dans des salles quasiment toujours sold out que le slovène d’à peine plus de trente ans fait ses shows, toujours apte à amener quelque chose en plus. Cette fois, c’est avec un écran géant (il fait tout le fond de la scène) que Gramatik met en valeur sa musique. Les visuels sont en effet impeccables, entre psychédélisme moderne et noirceur moderne (une séquence met notamment en avant les dérives du net avec des images d’Anonymous).

gramatik_850x300Son set démarre sur une touche classique au piano, et comme un pied de nez, il nous balance directement du gros hip-hop des familles qui réveille la foule en un quart de tour. Et ça va durer une heure et demi. Car là où Gramatik fait fort, c’est que malgré une discographie à rallonge, il revient toujours à la base avec des nouvelles versions de vieux morceaux issus de ses premiers albums, tels que « On The Boardwalk » ou « Hit That Jive » et enchaîne sur un remix d’une track toute récente comme « Closer » de Lemaitre sortie cet été.  Il tape également dans ses dernières productions avec notamment le single rock « Torture » pour nous amener dans les nappes dubstep de son morceau « Digital Liberation Is Mad Freedom », produit avec son pote Griz sous le nom de Grizmatik. On aura également droit à des remixes du « Dangerous » de Big Data, du cultissime « Smooth Criminal » de Michael Jackson, tout en passant par l’inévitable remix de Flume, ainsi que Moby. Bref, un set qui a tout pour nous ravir. Et pourtant. Au bout d’une heure, malgré toutes ces bonnes intentions parfaitement amenées, on a cette vilaine impression de tourner en rond. Non pas que l’on s’ennuie, mais à l’image du dernier concert vu dans la même salle il y a un an et demi tout juste, on aimerait parfois qu’il change sa formule et qu’il plonge dans des sons plus lourds, ou à l’inverse plus techno. Ici, on nage toujours entre deux eaux, et si elle semble agréable, elle ne nous surprend pas. Et même quand il fait du pseudo trap pour clôturer son set, il garde toujours cette mesure qui nous dérange et ne nous permet pas l’évasion tant recherchée. Du coup on ressort de la salle pas déçu, mais on sait au fond de nous que nous n’y reviendront certainement pas. Dommage.

Merci aux deux Kevin pour l’accréditation et le photopass.

Hélène

Crédit photos : Elodion

 

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