Guide des Nuits Botanique (23/04-05/05/2019)

LES-NUITS-BOTANIQUE-2019_4000138419972711478Les Nuits Botanique, c’est douze jours de festival qui prend place pour la 26ème fois déjà dans les murs et le jardin du Botanique. Toutes les salles y sont en effet exploitées et un chapiteau est installé à l’extérieur pour l’occasion, et ce afin d’accueillir tous types de projets, qu’ils soient inconnus ou pas, locaux comme internationaux. Mais l’idée reste la même pour tous : proposer une affiche variée et surtout différente des festivals de l’été qui donnent parfois l’impression de tourner en rond. Et pour y voir un peu plus claire dans cette programmation qui ne rassemble pas moins de 104 artistes, l’équipe de CAPDB vous a fait sa propre sélection. Suivez le guide !

 

Hélène :

25/04 Raketkanon – Bon la date en question est sold out donc je ne sais pas trop ce que vous allez faire de ces infos. Enfin si, au pire vous n’avez qu’à écouter sur album, et peut-être que ça vous donnera envie d’aller les voir sur scène la prochaine fois qu’ils passent dans le coin. Raketkanon donc. J’ai découvert ce groupe il y a sept ans à la sortie de leur premier album sobrement intitulé RKTKN #1. S’en est suivie une tournée très dense. On les voyait partout, dans les festivals ou en salles. Et c’était bien. Parce que Raketkanon sur scène, c’est tout simplement assez fou. Ils déploient une telle puissance que je doute que l’on puisse rester statique et hermétique très longtemps face à cette déflagration cathartique. Et si je n’ai pas trop suivi leur actu, ou que je les ai vu en live il y a des années pour la dernière fois, je doute que cela ait beaucoup changé, donc n’hésitez pas à tenter de les voir sur une de leurs dates (nouvel album je présume donc nouvelle tournée, cela va de soi).

04/05 Altin Gün – Petit phénomène grandissant de ces derniers mois, Altin Gün propose un savoureux mélange de musique traditionnelle turque et de pop rock psyché. Ce dernier étant en plein revival, et donc dont les gens jouent et surjouent, ce qui est parfois un peu fatiguant, cela fait du bien de voir ce genre joué à une autre sauce. Et pour avoir eu la chance de les voir en live il y a quelques mois de ça, dans un festival à tendance rock psyché justement, je peux vous assurer qu’ils sortent du lot ! J’ai parfois eu l’impression de faire un voyage de plusieurs décennies en arrière, d’oublier l’espace clos dans lequel je me trouvais, et lorsque je ne m’évadais pas dans des espaces où les épices et l’odeur du thé me prenaient le nez, je restais subjuguer par le charisme et l’énergie de la chanteuse Merve Dasdemir qui, si elle ne sourie pas à outrance, procure beaucoup de bonheur et de joie ! Bref, je ne que vous conseiller d’aller les découvrir sur scène, tant ils représentent une vague rafraichissante dans un espace musical parfois un peu (trop) uniforme.

04/05 Kap Bambino – Huit ans après la sortie de Devotion, Kap Bambino revient sur scène avec un nouvel album. Voilà, en fait je pourrais m’arrêter là, ça suffit pour convaincre. Bon, le problème, c’est que d’un, ça tombe le même soir qu’Altin Gün que je conseille également (évidemment…), et de deux, y a peut-être encore des gens qui ne connaissent pas Kap Bambino. Alors, on va la faire simple et efficace, à l’image de leur musique d’ailleurs. Kap Bambino, c’est un duo bordelais que l’on pourrait apparenter à Crystal Castles pour le côté électro punk/duo avec une nana barrée au chant que l’on met en avant et un mec limite autiste aux claviers au deuxième plan. Mais l’un sans l’autre, ça ne fonctionne pas. Tout est une question d’équilibre n’est-ce pas ? En tout cas les voir sur scène vaut le détour (même si je n’ai pas écouté le nouvel album à ce jour car il n’est tout simplement pas encore sorti et que je ne les ai pas vu depuis une dizaine d’années), tant l’énergie dégagée lors de leurs live est salvatrice ! J’y ai déjà versé quelques larmichettes et beaucoup de sueur, alors foncez !

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Fripouille :

29/04 Cléa Vincent – J’ai découvert il y a 3/4 ans Cléa Vincent au Chaff, célèbre bar bruxellois découvreur de talents à part. Pop assumée, elle n’essaie pas de faire croire qu’il s’agit d’autre chose. Les ritournelles faussement naïves font penser à Lio, Elli et Jacno. La voix connait parfois quelques faussetés, quelques maladresses mais ça rajoute au charme un peu désuet. J’achète dans la foulée l’album. Et je l’écoute en boucle. Je comprends qu’il s’agit comme toute bonne pop d’un poison pernicieux, auquel on est addict avant même de s’en rendre compte.

O2/05 Tirzah – Il y a dix révélations r’n’b chaque semaine. En tout cas présentées comme telles par la presse. Évidemment, la plupart du temps, c’est du flan. Puis il y a Tirzah. Elle peut être assimilée à ce courant. Moi j’y entends autant du hip-hop ou de l’électro. Mais de tout ça je me fous rapidement. Il y a juste un putain de bon album (Devotion) avec de la soul, des chansons qui parfois groovent, parfois ressemblent à des ballades. Tout est servi avec un petit dérèglement qui empêche de rentrer l’anglaise dans la moindre case. Mais il y a toujours le truc en plus, ce supplément d’âme qui transcende tout, et ça passe notamment par la voix qui dit que le malaise ressenti n’est jamais si grave, qu’il suffit de s’énerver ou de pleurer, ou les deux en même temps, et que ça finira par aller mieux.

04/05 Kompromat – À la même affiche que Kap Bambino cité plus haut, il y a Kompromat. Vitalic et Rebekka Warrior (Mansfield Tya et Sexy Sushi) réunis dans un projet d’électro sombre un peu vicieuse, un peu méchante, c’est déjà bien suffisant pour être parmi les trucs les plus attendus de 2019. Pour le moment on ne peut se mettre sous la dent qu’un premier morceau clippé par le génial Bertrand Mandico (réalisateur des Garçons sauvages), et c’est beau, sauvage et flippant, comme un giallo.

04/05 Aloïse Sauvage – Même dilemme que Hélène. Le même jour que Kompromat il y a Aloïse Sauvage dans une autre salle. Quelques morceaux entre expérimental rap, perf théâtrale me chamboulent depuis un peu plus d’un an. Je ne sais pas situer la meuf et ça c’est toujours passionnant pour moi. En concert, il semblerait qu’elle joue de son présent d’actrice, de circassienne pour donner à voir un spectacle total qui nous éloigne totalement de la « bête » présentation de chansons. Faudra que je me dédouble.

 

Major Fail :

27/04 HO99O9 – Un an et demi déjà que le trio enragé de HO99O9 retournait deux jours d’affilé une Rotonde en furie avec leur mélange de punk/hip-hop/métal furieux et enragé (les lunettes de Gauvain s’en souviennent encore…) ! Si le prix ne me rebutait pas un peu compte tenu du fait que j’y serai déjà pour les deux dates qui suivent, je serais grimpé sur le dos de mon bulldozer pour aller tout péter avec eux, et je ne peux que vous conseiller de faire de même !

03/05 Kate Tempest – Après la découverte incroyable que fut son album Let Them Eat Chaos en 2016, il était hors de question que je rate Kate Tempest cette année ! La jeune Londonienne à la plume aussi belle qu’acérée est tout autant poétesse et rappeuse que dramaturge et écrivaine. En attendant de lire son premier roman Écoute la ville tomber (The Bricks That Built The Houses) sortit en français l’an dernier, je vais la découvrir – un peu à contre cœur – dans l’Orangerie ce vendredi 3 mai. Paradoxe dans la mesure où, si la date avait été maintenue à la Rotonde comme prévu (salle la plus pertinente pour l’univers de l’artiste), je n’aurais pas eu de place…

katetempest_850x30004/05 Kompromat/Kap Bambino Last but not least ! Que dire de plus que les collègues plus haut ! Un chapiteau, un samedi soir, quatre groupes dont deux qui commencent par un « K »,… Ce n’est visiblement pas une soirée dont on se souvient de suffisamment de choses que pour en faire un live report mais ça promet une grosse puissance de frappe et un dimanche en syndrome post-traumatique; et c’est sans doute ça qui est bon !

PS : Je plussoie pour Altin Gün – vu deux fois l’an dernier – dont les mélodies psychédéliques me font toujours vibrer ! Et ce son de batterie !

 

Gauvain :

24/04 Jok’Air Jok’Air, on lui doit cette punchline, qui date de son époque au sein du groupe MZ : « J’ai baisé Hermione dans les toilettes de Poudlard, coup de baguette magique avec mon zizi tout noir ». Tout en finesse, elle s’écoute sur le thème d’Harry Potter remixé avec de grosses basses trap. On lui doit également de la tendresse : « L’amour est une épreuve et on en est la preuve, tes sentiments me font peur et j’ai honte quand tu pleures ». Parce que Jok’Air, c’est cette ambivalence. Quand on explore son univers chargé de drogue et de sexe, on découvre un  rappeur capable de parler autant de violence que de douceur. Mais quand même plus souvent de violence. Et en concert, ça déboîte.

27/04 HO99O9 HO99O9, c’est deux peys énervés qui invitent leurs potes sur scène pour faire du bruit. Ils foutent un peu les jetons au début du concert mais à la fin, on ne veut plus les quitter. « The good thing with us is that we don’t give a fuck”, expliquait en 2018 ces américains dans une interview. Et ça résume bien l’expérience de voir ces écervelés sur scène : un gros doigt d’honneur à ce que signifie le concept de mélodie et de douceur, des hurlements caverneux dans une ambiance épileptique et une furieuse envie de pogoter à s’en déboîter les coudes.

horror_850x30003/05 Salut c’est cool – La première fois que j’ai écouté « Techno, toujours pareil », je me suis dit qu’on avait affaire là à une bande de sacrés gogols. Du coup, j’ai réécouté leur morceau une dizaine de fois de suite. J’étais directement accro. C’était intelligemment stupide et leur clip touchait à une forme d’absurdité déconcertante qui transpirait une certaine culture internet des années 2010. Jouissif. Je ne connais qu’un seul morceau de ces Français, mais à lui seul il suffit à me motiver à aller les voir.

 

Claire :

27/04 HO99O9 – Curieux mélange de genres, HO99O9 (« horror » avec « 666 » à l’envers, ça donne le ton) propose un cri de haine envers la société américaine actuelle. Entre punk-hardcore, hip-hop, sonorités électroniques, le duo du New Jersey inséparable depuis 2012 présage un show électrique et violent. Attention à la claque !

04/05  Altin Gün – En moins de deux ans et avec un seul album, Altin Gün a réussi à se démarquer de ce flux incessant de néo-rock psychédélique actuel. Les copains de Jacco Gardner se sont entourés d’une belle équipe turco-hollandaise pour un résultat moderne et frais. Sons de guitares clairs et psyché, basses funk rythmées, percussions orientales, voix traditionnelles, de quoi faire danser tout le public dans une ambiance chaleureuse et joyeuse !

04/05 Kompromat – C’est le tout nouveau projet du DJ Vitalic et Rebekka Warrior (alias Sexy Sushi). À l’unique clip accouché en janvier, tant mystérieux que dérangeant, le duo français promet un beau mélange d’électro rétro teinté d’énergie punk. À ne pas rater, pour tous ceux qui aiment les jeux de lumières stroboscopiques et les beats bien agressifs. Vivement la sortie de l’album, prévue au printemps !

 

Anaïs :

03/05 Kate Tempest – Je me souviens du jour où une amie m’a envoyé le lien du passage de Kate Tempest sur Kexp. J’ai été happé et ma vie sociale s’est stoppée pendant deux jours durant lesquels j’ai visionné chaque vidéo de ce talent incroyable. Depuis 2013, Kate Tempest est partout. Deux albums, trois recueils de poèmes, deux pièces de théâtre et un roman. Tout ce qu’elle touche reçoit l’unanimité. Les librairies où elle réalise la lecture d’un de ces poèmes ajoutent des hauts parleurs à l’extérieur pour contenter les personnes qui se sont déplacées en nombre et qui ne peuvent entrer. Un peu comme moi, qui n’aurais malheureusement pas la chance de la voir cette année au Bota. Du coup, j’achète The Bricks That Built The House dès demain et je dévoile tout à Major Fail par pure vengeance !

04/05 Atin Gün – Pas grand-chose à ajouter de plus que les avis de l’équipe. Envie d’un voyage bien orchestré ? On embarque avec le rock psyché turc d’Altin Gün et on atterrit une heure et demie plus tard sans jetlag aucun. Que du bonheur !

Maxime S :

27/04 HO99O9 – Voilà un an et demi que mon comparse Major Fail s’est embarqué pour deux dates au Botanique. Un an et demi que j’enrage d’avoir raté ce moment et on dirait bien que cette année ce sera encore raté car que je serai absent ce week-end là. Que dire de plus que le reste de l’équipe ? 1) Saignez leur album United States of Horror qui est une véritable ode à la folie et aux pogos très fâchés 2) Ne cherchez pas à les classer dans une catégorie bien spécifique : trop punk pour du rap et trop rap pour punk 3) Prenez un jour de congé pour le lendemain car j’ai cru comprendre que les live du groupe sont éprouvants !

03/05 Salut c’est cool/Biffty – Là c’est très simple, vous laissez de côté vos neurones, vous dégommez quelques bières avec vos potes et vous entrez dans la salle. Salut c’est cool va vous faire vriller le cerveau à coup de chansons à la con diablement efficace et Biffty va vous donner envie de tout casser dans l’allégresse à grand coup de parodie de Kendrick Lamar, d’ode au turn-up et d’invitation à vous rendre chez le dealer le plus proche pour allumer un boze.

Et le programme du complet du festival se trouve juste ici !

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