Ho99o9 au Botanique (27/11/2017)

ho99o9_300x666Un lundi soir. Un lundi soir pluvieux et glacial avec un vent à déraciner un chêne. Un lundi soir pas prévu à la base mais ajouté à la tournée européenne de Ho99o9 et Kate Mo$$ tant celle du mardi fût sold out rapidement. Un lundi soir sold out également.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les concerts impliquant un show scénique. Plus les membres des groupes étaient costumés et réalisaient des choses extravagantes, plus ça m’éclatais. Punish Yourself et Banane Metalik m’ont fortement marqué étant ado et, bien qu’étant bénévole et que nettoyer la scène après lui fût une expérience plus qu’extrême, je pris un pied dingue devant Gogol 1er.

J’étais donc impatient de découvrir Ho99o9 et Kate Mo$$ en live. Ces derniers justement m’intriguaient… S’ils commencent à être connus en Californie, c’est principalement cette tournée qui tend à les médiatiser. Ou pas… Étant tombé sur des vidéos d’eux en live il y a quelques mois (et pas forcément sur Youtube…), j’étais tout aussi curieux que méfiant. C’est devant une salle quasiment vide que démarre la « performance », les gens n’en ayant décidément plus grand chose à foutre des premières parties. Ce fût d’ailleurs amusant de regarder la tête des gens pénétrant dans la Rotonde face à cette nana hurlant à moitié nue sur scène, tenue en laisse. Et le show se limite sans doute à ça. Un gros bordel trash-porno-destroy jouant sur la provoc’ et tentant de mettre le publique mal à l’aise. C’est à peu près tout. Côté musical c’est plus ou moins le néant : un batteur frappe très fort, très vite et un peu n’importe comment sur une piste indus crasseuse à peine audible tandis que le « rappeur » Gnarly hurle sur scène en étranglant Skuz, sorte de Miley Cyrus über trashy et que Tony, dont je n’ai pas bien discerné le rôle, est accroupi dans un coin de la scène hurlant « gang shit » entre chaque morceau…

Kate Mo$$

 Que ce soit bien clair : je n’ai absolument rien contre les performance destroy, quand bien même il s’agit juste d’un prétexte pour les tendances exhibitionnistes des artistes. J’attends juste un minimum de qualité musicale pour les accompagner. Ne sachant trop quoi dire de Kate Mo$$, j’ai fait quelques recherches les concernant, histoire de pouvoir leur donner un concept, un fond, un message,… Ma conclusion ? Des anciens mannequins tox de la scène arty-trash de L.A. qui fricotent avec des actrices porno sur scène pour se faire une notoriété.

Mais ça y est, la Rotonde commence à être bien blindée pour Ho99o9 ! Pas forcément rassuré après avoir constaté avec qui ils avaient décidé de tourner, je laisse la pénombre envahir la salle tandis que des nappes lourdes et graisseuses pénètrent progressivement mes oreilles et que Brandon Pertzborn s’installe derrière sa batterie. TheOGM arrive ensuite sur scène vêtu d’une robe de mariée et d’un balaclava, très vite rejoint par Eaddy pour démarrer le show par le fulgurant « Street Power ». En vingt secondes la foule est dans le bain; la fosse se rentre dedans pendant que les deux allumés se contorsionnent sur scène.

Ho99o9

Ho99o9

 Ok, ça n’aura décidément rien à voir avec la Kate Mo$$, à part la formule scénique. Le duo originaire du New Jersey et émigré à Los Angeles n’usurpe pas sa réputation. À mi-chemin entre le punk, le hip hop, des instrus trap et une puissance à la The Prodigy, Ho99o9 est une putain de grenade à fragmentation qui ne nous lâche pas une seconde pendant une heure ! À la batterie, Pertzborn est absolument redoutable. Batteur de Doyle (oui oui, de Misfits…) et de Black Flag (rien que ça…), le jeune Texan a une frappe brutale à la précision chirurgicale. Si ça n’avais pas été sold out, je pense que j’en aurais repris une dose le lendemain.

Major Fail

 

 

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