IAM au Palais 12 (29/11/2017)

IAM-TOURNEE_3344119591841213688Cette fois, ça y est. Un an après l’annonce de leur tournée hommage à l’un des albums de rap français le plus cultes des années 90, IAM débarque au Palais 12, prêt à enflammer un public venu en nombre pour célébrer la gloire d’un album cultissime et danser le mia.

Après avoir fendu la foule amassée à l’entrée du Palais 12 (si vous devez aller un jour à un concert là-bas, allez-y longtemps à l’avance, c’est un enfer sinon), je me rends dans la tribune qui m’a été attribuée et me pose à mon siège pour suivre encore pendant une quinzaine de minutes le concert de Carpe Diem, un trio français dans la même veine qu’IAM avec un rap simple, à l’ancienne, conscient mais sans pleurnicher à tout bout de champs. J’en retiens une punchline (« Si parce que je m’appelle Mohamed le statut de français je le mérite pas, dites à François Hollande d’aller se présenter aux Pays-Bas« ) et une bonne ambiance presque permanente.

Par contre, une fois le concert fini, l’ambiance change. Des tremblements d’excitation prennent la salle et plus personne ne tient en place. Cette fois, on le sait bien, IAM arrive avec ses lyrics tonitruants, prêts à nous emmener dans son sud natal. Et puis, sur les coups de 20h45, l’excitation explose et personne n’arrivera à ne pas bouger quand surgissent sur scène Surik’n et un comparse (impossible de retomber sur son nom, sorry), hommage à L’École du micro d’argent oblige, tels des samouraïs. Et quand Akhenaton et Freeman se joignent à eux, on le sait, le concert est lancé sur des chapeaux de roues. L’ambiance s’intensifie encore un peu plus quand, dès le morceau suivant, le groupe nous gratifie d’un « Nés sous la même étoile », LE moment émotion, sans contestations possibles.

CREDIT-WAHIB-3-2Malheureusement, d’un concert hommage on n’en retiendra que le nom tant les seize morceaux de l’album se retrouvent éparpillés aux quatre coins de la tracklist et se retrouvant noyés parmi dix-neuf (!) autres chansons qui l’éclipserait presque. Résultat des courses : l’ambiance est très changeante et on se retrouve d’une ambiance de folie sur n’importe quelle chanson issue de L’École du micro d’argent à une ambiance presque quelconque (attention, pas totalement, on parle d’IAM quand même) sur les autres morceaux. Car si on appréciera l’envie du groupe, quasi trente ans après ses débuts, de mettre dans la lumière des morceaux moins connus ou des morceaux des projets solos de Surik’n et Akhenaton et nous prouver leur passion pour le rap, ce n’est malheureusement pas ce qu’était venu chercher le public ultra hétéroclite de ce soir et sûrement pas dans une salle aussi immense taillée pour des shows gargantuesques. Toutefois, une fois sorti et en attendant le métro, on ne peut s’empêcher de penser à eux en souriant bêtement, tout heureux d’avoir pu assister à une leçon de rap d’une époque où porter des survêts Sergio Tacchini en portant une banane étaient cool. Puis on se dit que si nous, on est des petits frères, alors les membres d’IAM sont tous, quelque part, un peu nos papas et on rentre chez nous avec une subite envie de pratiquer un pas de pacotille avec une chemise ouverte et une chaine en or qui brille.

Maxime S.

Setlist

L’École du Micro d’Argent // Nés Sous la Même Étoile // La Garde Meurt Mais Ne Se Rend Pas (Shurik’n song) // Marseille la Nuit // Notre-Dame Veille // Bouger la Tête // Monnaie de Singe // Samuraï (Shurik’n song) // Poudre de Brique Rouge // La Face B (Akhenaton song) // Chez le Mac // Sad Hill // Pousse au Milieu des Cactus, Ma Rancœur (Akhenaton song) // Un Bon Son Brut pour les Truands // Lettre (Shurik’n song) // Mon Texte, le Savon (Akhenaton song) // La Saga // J’ai Pas de Face (Akhenaton song) // Oncle Shu (Shurik’n song) // Elle Donne Son Corps Avant Son Nom // Manifeste (Shurik’n song) // Independenza // L’Enfer // Entrer dans la Légende (Akhenaton song) // J’Lève Mon Verre // Le Monde Est à Moi (Akhenaton song) // Les Miens (Shurik’n song) // Dangereux // DJ Daz Interlude (Le Shit Squad / Le Feu / La 25) // Orthodoxes // Libère Mon Imagination (intro) // Un Cri Court dans la Nuit // Je Danse le Mia // Petit Frère // L’Empire du Côté Obscur // Bad Boys de Marseille (Akhenaton song) // Quand Tu Allais, On Revenait // Demain, C’est Loin

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