Iron & Wine à l’Ancienne Belgique (29/01/2018)

CAPDB_Big_Banner_AB_Iron_Wine_201017Folk. Tradition musicale américaine. Du précurseur Woody Guthrie au mélancolique Elliott Smith, en passant par l’inévitable Bob Dylan, l’Ancienne Belgique nous propose ce lundi 29 janvier la venue d’Iron & Wine, digne descendant de ce folk. D’abord découvert par la perle-reprise « Such Great Heights » (du groupe Postal Service) et entendu dans la soundtrack de « I’m Not There » (biopic étrange sur Bob Dylan), tout m’indiquait d’aller voir ce groupe. Ou plutôt Samuel Beam. Car oui, dans le folk, c’est bien souvent un chanteur accompagné de musiciens. Son dernier album Beast Epic, avec un retour plus dépouillé, sera sans doute bien présent dans la setlist de ce soir.

La première partie du concert avait débuté depuis quinze minutes sous la présence du groupe Half Waif. Une voix particulière mais sans accroche de ma part. Je suis plus fasciné par le décor du groupe : une série de nuages plane au-dessus de la scène. En fait je découvrirais par la suite que c’est la scénographie d’Iron & Wine déjà en place. Autre fait curieux : l’Ancienne Belgique a réduit ce soir la fosse pour laisser un plus grand espace pour les places assises dépliées pour l’occasion.

Le temps d’une 25cl je me dirige vers le deuxième étage côté gauche de la scène. Meilleur spot selon moi pour écouter et en même observer les musiciens. Sam Beam aka Iron & Wine arrive avec son groupe quelques minutes en retard sur le planning. La guitare folk en bandoulière, une barbe énorme, les cheveux ébouriffés, un costard léger, une chemise à moitié ouverte et surtout pas de chaussettes dans ses chaussures. Le style hobo (vagabond). Certains diront sans réfléchir hipster. Peu importe. Pour ma part, la tenue vestimentaire me donne l’impression d’être à la maison, ou dans un bar. Juste jouer sans prétention.

CAPDB_Main_Banner_AB_Iron_Wine_1_201017Le morceau « The Trapeze Swinger » (publié sur son excellente compilation de b-sides et raretés Around The Well) entame le bal. Le ton est donné. Une voix sobre. Un zeste chaleureux. On sent que les paroles sont ancrées dans la voix et la musique. Les titres vont s’enchaîner et laisser part aux autres musiciens de donner le détail dans chaque chanson. Outre la partie claviers/piano ainsi que la batterie, nous avons ce soir des instruments peu communs : violoncelle et contrebasse. Chaque musicien n’étouffe par le morceau par trop de présence mais bien par des accentuations et des « aides » à Sam Beam afin d’intensifier la musique. Passant d’un chant à du spoken word, certains morceaux nous embarquent dans l’univers/vie/poésie de Sam. Ou du moins de ce que j’en comprends. On plonge dans ce « rêve américain » qui n’en a jamais été un.

Parsemant chaque chanson d’un « Merci » ou « Thank you », Sam Beam nous fait rire de ses commentaires off entendus à travers le micro : « Trop de mots » ou « Merci pour vos applaudissements ». Allant même jusqu’à répondre à une personne lui réclamant une histoire sur ses chaussettes et de lui répondre que cela ne regarde personne. Le public rigole bien.

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Un interlude des musiciens permet à Sam de nous chanter quelques compositions seul à la guitare. Sa voix nue au bout de deux chansons m’envahit soudain d’une tristesse. Je m’étonne que le ton de sa voix a peu de variantes. Toujours le même ton. Limite ennuyeux. Heureusement le groupe réapparaît. Le temps aussi pour Sam Beam de se faire servir un verre de vin rouge et de nous présenter le reste du groupe. Les chansons reprennent de plus belles. Une reprise discrète de New Order s’intercale. La communication avec le public est plus chaleureuse. Le rappel se termine avec le morceau « Claim Your Ghost » de son dernier album.

Me dirigeant vers la sortie, je me souviens du commentaire qu’on m’avait fait chez Caroline Music : « Iron & Wine. Si tu veux une soirée triste et nostalgique, alors vas-y ! » Pas tout à fait faux. Cependant je rajouterai : si vous appréciez la folk musique au sens large et que vous regrettez de ne pas avoir vu en concert Elliott Smith, alors ce barbu hirsute qu’est Sam Beam est fait pour vous. Cette soirée, il a en tout cas bien conquis les Manneke et les Jeanneke présents de la capitale.

Merci à l’Ancienne Belgique et à Postal Service pour la découverte du groupe.

François VC aka whattt

Setlist

The Trapeze Swinger // Grace for Saints and Ramblers // About a Bruise // Last Night // Flightless Bird, American Mouth // Call Your Boys // The Truest Stars We Know // Glad Man Singing // Love Vigilantes (New Order cover) // Song in Stone // Passing Afternoon // Call It Dreaming // Bird Stealing Bread // Winter Prayers // Dearest Forsaken // House By The Sea // Someday the Waves // Rappel : Claim Your Ghost

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