It came from the BIFFF (Ed. 2017 Part 2)

en têteDeuxième partie!
Toujours pas de faux sang blanc !
Mon métabolisme commence tout doucement à encaisser le coup mais la motivation est toujours belle et bien là !
Je garde encore certains contacts non-fictifs avec le monde extérieur même si celui-ci me semble de plus en plus étrange et absurde.
Pas grave, on continue.

Jour 4:

Cher journal, pour ce quatrième jour l’hésitation fut grande : en sachant qu’il est difficile, voir impossible de faire s’entrecroiser les deux salles, à moins de passer un flim entre les deux ; je dû choisir entre  Message From The King de notre compatriote Fabrice du Welz, en sachant que les flims qui le précédaient et suivaient ne faisaient pas vibrer ma fibre cinéphage ou choisir la salle deux pour un thriller de SF hongrois suivit d’un thriller Coréen avec un tueur en série, une histoire de vengeance etc. Réalisant que le dernier long du réalisateur de Calvaire serait certainement plus facile à trouver par la suite, je décidai de me rendre en salle deux pour un double programme international.

Loop de Isti Madarasz est un thriller de SF hongrois. Plus précisément un film de boucles. On pourra citer l’espagnol Timecrimes, le cultissime Groundhog Day et, plus récemment The Infinite Man (gagnant du corbeau d’argent en 2015 et à propos duquel vous trouverez un article ici) comme exemples pertinents de ce genre pour le moins casse-gueule. Un jeune criminel décide d’entuber son patron en empochant l’argent d’un deal d’une drogue sur laquelle nous ne saurons que bien peu de choses. Apprenant que sa compagne et complice est enceinte, il décide de la quitter en lui laissant un message par VHS ( sérieux ? Une VHS en 2017 ?). Il croisera celle-ci dans la rue quelques minutes plus tard, ladite VHS à la main et lui affirmant qu’elle vient de le voir se faire tuer avant qu’elle-même ne se fasse violemment renverser par une voiture. S’en suit une course poursuite sur le thème de la rédemption.

LOOP

LOOP

Autant j’avais adoré The Infinite Man, autant Loop me laisse un sentiment mitigé. Malgré que le film se laisse regarder avec plaisir et reste « globalement » cohérent dans son approche du paradoxe temporel, on se demande constamment sa raison d’être. L’effet de boucle semblant d’avantage être un gimmick sans être justifié par une quelconque valeur scientifique. En ce sens, on se rapproche d’avantage de Groundhog day en suivant ce personnage qui, au-delà de sa propre survie, cherche avant tout un sens moral à sa vie. Mention spéciale à Zsolt Anger sorte de Joe Pesci hongrois, charismatique mais peu convaincant en tant que bad guy.

Mon estomac et mon portefeuille étant encore dans un état globalement correct, je passe par le bar avant d’aller me perdre au stand des affiches et posters. Après trente minutes de fouille intensive, je repars avec quelques petites merveilles sous le bras pour me diriger vers la séance suivante.

 Si le thriller de vengeance sud coréen devient un genre à part entière, il est rare de tomber sur une œuvre qui soit réellement mauvaise. Il est d’ailleurs tout simplement rare de tomber sur un mauvais flim coréen (preuve si besoin est : les récents Le Dernier Train Pour Busan et The Strangers). Missing You est un très bon flim, même s’il n’atteint pas le niveau de tension d’un Old Boy ou I Saw The Devil.

Missing You

Missing You

Je dois avouer qu’il fait partie de ces flims que j’aimerais revoir hors-BIFFF. Je m’explique : conscient comme un hyperkinétique sous cocaïne d’enfoncer une porte ouverte, le BIFFF est bruyant. J’entends déjà les gens hurler par-dessus leur écran d’ordinateur que si ça me dérange, je n’ai qu’à aller à l’UGC et que c’est l’ambiance du festival. Et je suis on ne peut plus d’accord. Il y a toutefois une nuance importante à faire entre des passionnés ou des vieux de la vieille qui gueulent des vannes à la con sur le flim et des gens bourrés qui parlent tout haut entre eux ! Et c’est face à ce cas de figure que j’ai été confronté via mes voisins de fauteuil. Ce qui peut donc amener à un état de tension et d’énervement pas forcément lié au métrage et pousser à revoir celui-ci dans un autre contexte.

Jour 5: 

ERROR 404 DAY NOT FOUND

Le samedi 8 je me suis accordé un break. Pas forcément par envie, mais d’autres responsabilités m’attendaient ailleurs (là où se trouve la vérité, vous savez…).

Du coup, ce que l’on m’a raconté de cette soirée est que Attraction de Fedor Bondarchouck, gros blockbuster de SF Russe sonne comme un gros pamphlet pro-Poutine, au point d’avoir envie de quitter la salle et que le ridiculement cheap Bad Black , film Ougandais de Nabwana I.G.G. réalisé pour la coquette somme de 65$ était une expérience super fun avec en prime une conférence skype avec l’équipe du film en guise de Q & A durant laquelle ils ont filmé le public simuler la mort pour leur prochain métrage.

Jour 6:

Dimanche soir. Passablement affaibli par mes responsabilités de la veille, c’est avec le corps douloureux et l’esprit vaporeux que je retourne au Bozar. 

Beaucoup de flims très tentant pour ce sixième jour : si de prime abord j’hésite entre le thriller de SF Hidden Reserves à 16h30, et ben en fait, un autre thriller de SF Monolith à 19h, mon choix se portera finalement vers une première mondiale pour le moins intrigante : Safe Neighbourhood. 

Ce n’est pas un hasard s’il n’y a pas de lien vers une bande annonce associée au titre du flim. Il n’en existe tout simplement pas. Ce qui est à la fois surprenant pour une co-production Australo-Américaine qui commence par le gigantesque logo d’Universal et pertinent quant à l’effet de surprise que le film propose. Un peu comme Une Nuit En Enfer de Robert Rodriguez que j’aimerais tant revoir avec un oeil vierge.

Safe Neighbourhood

Safe Neighbourhood

Je resterais donc volontiers évasif quand au sujet du grand gagnant de cette édition 2017 et je ne saurai que vous conseiller d’EVITER de regarder la moindre bande annonce ou de lire la moindre ligne à propos de cette sacrée claque dans la gueule qu’est Safe Neighbourhood .

Eh oui, ce redoutable flim de Noël ira incontestablement rejoindre GremlinsKrampus et Home Alone dans ma dévédétèque. Thriller malin et cruel, Safe Neighbourhood, parle d’un jeune adolescent et sa baby-sitter qui se font attaquer quelques jours avant les fêtes de fin d’année. Étant un grand fan de « Home invasions » et de flims de Noël, je suis ressorti extatique et avec un sourire qui ne me lâcha pas pendant une heure de ce petit chef d’oeuvre particulièrement bien interprété et qui n’a absolument pas usurpé sa place en haut du podium ! Chris Peckover et son scénariste Zack Khan  sont désormais des auteurs à suivre !

Difficile d’avoir le recul nécessaire pour enchaîner avec le flim suivant. C’est donc avec une douce ébriété et l’esprit toujours bluffé par la séance précédente que je me rend en salle deux pour The Bride de – on prend une grande inspiration – Svyatoslav Podgaevskiy. Et, à nouveau, si la première scène du métrage est plutôt glaçante, je désenchante très vite. Flim de fantômes, de famille maudite et de pacte infernal, The Bride enchaîne les clichés et stéréotypes durant une heure trente particulièrement ennuyeuse interprétée par une actrice principale sans aucun jeu et avec autant de charisme qu’une porte de placard. Je suis dur? Ok, mais c’était franchement dur à visionner aussi. Allez, un point tout de même pour la boogeywoman éponyme et son maquillage à la Behemoth.

The Bride

The Bride

Porté par un besoin désespéré de ne pas rester sur ça et sachant que bien souvent le projection en vaut la peine,  je tente de puiser en moi l’énergie pour la séance de minuit trente!

C’est cette fois au fils de Mel Gibson de nous proposer son premier long métrage. Pure bande d’exploitation très fun, Happy Hunting nous offre comme protagoniste un alcoolique au passé aussi flou que sa vision actuelle qui, apprenant qu’il a une fille dont la mère vient de décéder au Mexique, décide de s’y rendre afin d’assumer ses devoirs paternels. Le problème étant qu’il s’arrête dans une petite ville à proximité de la frontière dont les villageois, ancienne communauté de chasseurs de bisons, ont pris pour habitude de chasser un tout autre type de gibier.

Happy Hunting

Happy Hunting

Happy Hunting est un vrai petit plaisir coupable,  lorgnant du côté de 2000 maniacs avec son gore fun et décomplexé et sa galerie de personnages stéréotypés et surjoués. Sélection parfaite pour une séance tardive durant laquelle j’aurais malheureusement succombé quelques minutes me faisant manquer deux mises à mort particulièrement coriaces à ce qu’on m’a dit. Seul petit bémol à cette bande sale et méchante : des effets gores digitaux pour le moins bâclés.

Jour 7:

Deuxième jour non-BIFFF. Même si au moins une quinzaine de personnes m’ont dit  » Quoi? Tu viens pas voir Spit’n’SplitMajor Fail ? Mais ce flim est pour toi !  » Eh bien je devrais vérifier ça plus tard, ayant eu un concert ce soir là. En repassant quand même sur le site du festival plus tard dans la soirée, j’eu des échos pour le moins positifs concernant le road trip fantastico punk de Jérôme Vandewattyne . Comme je l’ai dit plus haut, rattrapage obligatoire !

Jour 8 :

Ça devient de plus en plus dur. La fatigue écrase mes yeux tandis que mon corps tente tant bien que mal d’expulser le trop plein de trolls, maitrank et autres substances peu nutritives que j’enfile désespérément depuis maintenant 8 jours. Ce soir, du coup, on y va gentiment. Deux flims et je passe malheureusement mon tour pour Hentaï Kamen II à 22H30 (choix que je regretterais amèrement par la suite…).

C’est donc par un Replace que j’entame ma soirée. Flim qui aura fait sa petite publicité au festival à coup de flyers et autre promo bien placée. La salle est comble et une bonne partie de l’équipe de cette production germano-canadienne est sur scène tandis que le reste est installé dans la salle. Nous aurons même droit à une intervention vidéo de Barbara Crampton qui, pour ceux qui suivent, aura donc été à l’affiche de deux métrages du festival.

Replace

Replace

Forcément les attentes étaient grandes pour un flim qu’on nous vendait comme une version réussie de The Neon Demon. Vous vous souvenez ? Ce long clip très beau et très chiant de Nicolas Winding Refn dont l’intérêt principal était qu’il n’y avait pas Ryan Gosling dedans…  Verdict ? C’est tout aussi hyper esthétisé même si les lumières n’atteignent jamais le niveau des flims de Refn (faut pas déconner non plus). On flotte la plupart du temps dans une lumière floue, vaporeuse et surexposée qui rappelle d’avantage David Hamilton. D’un pitch intriguant, on glisse vers une ambiance chargée de références sexuelles aussi répulsive que fascinante pour arriver à une fin… eh bien… une fin qui sonne comme un très mauvais James Bond. Une fin qui sent la réécriture et le remontage en dernière minute pour tenter un je-ne-sais-quoi plus cinéma d’action mais ça ne marche pas du tout…

Next Round ! The Unkindness Of Ravens (les corbeaux c’est pas gentil ! ). Tenté par le trailer de cette petite bande irlandaise qui semble un peu fauchée et très gore, j’en oubliai de creuser un peu mon sujet de prime abord. Bien mal m’en a prit ! C’est lors de la présentation du film, déjà confortablement installé dans la salle (soyons clair, après huit jours de festival la notion de confort est toute relative…) que je réalise que l’équipe du film n’est autre que celle déjà coupable de Lord Of Tears, insupportable nanar vendu comme un film terrifiant et diffusé au BIFFF 2015. Trop tard pour fuir ! Coincé au milieu d’une rangée, je n’ai plus qu’à espérer que ce sadique de Lawrie Brewster (il avait tout de même fait venir son beau-père d’Irlande pour défendre son précédent méfait il y a deux ans. Pauvre homme…) ai pris du galon depuis…

The Unkindness Of Ravens

The Unkindness Of Ravens

Bon. Je suis peut-être un peu dur. C’est une équipe fort sympatique qui débarque sur scène ! Une belle bande de potes à l’enthousiasme contagieux ! On leur pardonnerait tout ! J’ai presque failli me faire avoir quand Jamie Scott Gordon, l’acteur principal nous raconte qu’il a côtoyé des vétérans d’Irak pour travailler son rôle. Qu’en ressort-il au final ? Un film avec quelques chouettes idées, beaucoup de mauvaises, pas mal de corbeaux, un scénario qui va partout et nulle part et un flim très mal flimé et monté encore plus mal. Quant à voir une péloche horrifique qui traite des traumatismes de la guerre, il est préférable de ressortir L’échelle de Jacob.

à suivre….

Major Fail

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