Jerusalem In My Heart au Magasin 4, pour les Nuits Plasma (13/11/2017)

jerusalem_300x666De retour d’Amsterdam après une semaine de folie. Mois d’octobre chargé avec les concerts de Mogwai et Godspeed You! Black Emperor. Dans la foulée, envie d’enchaîner avec des groupes qui s’apparent de près ou de loin au post-rock. Ce sera donc le lundi 13 novembre. Direction le Magasin 4 pour les concerts des groupes Jesus Is My Son, Oiseaux-Tempête (Sub Rosa) et Jerusalem In My Heart (Constellation). Trois groupes et deux labels de musique que j’affectionne. En plus, Oiseaux-Tempête vient nous jouer leur nouvel album Al-‘An! الآن (And Your Night Is Your Shadow — A Fairy-Tale Piece Of Land To Make Our Dreams) sorti en avril dernier. La soirée promet d’être bonne.

Vol de mon smartphone oblige et blocage de mon adresse mail, un rappel la veille du concert de ma rédac-chef était bien nécessaire pour ne pas oublier cette soirée. Bien avant d’entrer dans la salle, impossible de passer la soirée sans manger. On se gare. Direction donc le snack asiatique dans le coin de Tour & Taxis. J’apprends en plus qu’il y a un premier musicien Jesus Is My Son. Trop tard. Le poto Laurent aura tout de même pris quelques clichés. Expérimental sans doute dans sa manière de jouer.

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Il est donc 20h15 et le concert des Oiseaux-Tempête commence. Les lumières subtiles et légères donnent une ambiance feutrée aux sonorités de ces étranges oiseaux. Autour du groupe, des instruments se côtoient pour nous faire voyager. « Il faut être sous substances pour apprécier ce genre de musique » me glisse-t-on à l’oreille. Sans doute une des deux manières d’aborder ce concert et/ou ce genre de musique. Je préfère la deuxième manière : se laisser guider et porter par un voyage sonore. Fermer les yeux. Entrer dans la transe/danse. À l’occasion du nouvel album, l’intervention de G.W. Sok (ex-frontman du groupe The Ex, poète spoken word) nous déclame des mots sur les « morceaux » d’Oiseaux-Tempête. Les sons s’enchaînent. Le saxophone alto pousse un cri de (dis)sonance. La répétition de motifs sonores apportent une touche free jazz, improvisée. À la fin du concert je me dirige vers le stand de merchandising pour rapporter chez moi les quelques galettes du groupe. L’occasion de discuter avec Frédéric D. Oberland (guitariste, saxophoniste, flutiste et aussi photographe des deux dernières pochettes des albums d’Oiseaux-Tempête). Entre deux achats, il me confirme que le terme post-rock n’est pas approprié. Et ce dès le premier album. Plus proche du shoegaze, de l’experimental ou du free-jazz. Le concert a été pour la majorité des titres des improvisations. Même dans le travail de chaque album, sauf rares exceptions, tous les morceaux sont nés d’une improvisation. Chaque titre a donc dû être rejoué avec des différences notables. Info importante pour les amateurs du groupe : un album live sortira l’an prochain.

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Jerusalem In My Heart se prépare. Je me poste près de la table de mixage pour profiter au maximum. Premier étonnement : il n’y a qu’un seul membre. Radwan Moumneh se place tranquillement sur son siège. Avec comme seuls instruments sa voix et son buzuq, Radwan hypnotise le public. Par l’utilisation d’echo, delay et distortion, le musicien fait planer et durer les sons produits par le buzuq. Rajoutez la voix arabisante et les vieux films cramés (en super 8 ?) passés en arrière-plan : vous ne pouvez que plonger dans son univers. Apparemment, ce passage de vieux films est une marque de fabrique du label Constellations : j’avais déjà eu aussi cela au concert des Godspeed. Tout au long du set, en fonction des sonorités produites, les films bougent et nous hypnotisent eux aussi. On ne regarde plus que les films et le musicien disparait afin de ne faire qu’un avec la projection. Les paroles clamées sont une transe qui perdure pendant chaque morceau. Ultime son produit, les lumières du Magasin4 s’ouvrent. Les concerts sont finis.

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Malgré la fatigue de ma semaine précédente, ce soir j’ai plongé dans des univers sombres et étranges. Chacun des groupes a su nous emmener dans leurs « improvisations ». Nous étions faces à des artistes et non simplement des musiciens. Au-delà de la technique, il y avait le partage et le kiff des sonorités. Ces concerts bouclaient pour moi ma phase-découverte en live du « post-rock ». J’ai surtout appris que ce terme n’a pas de sens. Que les noms donnés aux styles musicaux sont là pour mettre une étiquette. Que le plus important c’est le moment. Ce dernier fut bon et rempli de sons dans mes oreilles. J’étais venu en (presque) totale découverte. Je n’ai pas été déçu. Que du contraire. Pouvoir discuter avec Frédéric m’a aussi beaucoup apporté. Le plaisir simple de jouer. Sans pour autant être riche. Le partage. Une valeur perdue. Pas ce soir-là en tout cas.

Merci au Magasin 4, à Loïc de RUIN YOUR FUN qui m’a fait découvrir Oiseaux-Tempête, à Frédéric pour la setlist, et à Laurent pour les photos.

François VC aka whattt

Setlist d’Oiseaux-Tempête

Ouverture / Baalshamin // Palindrome Series // Tuesday And The Weather Is Clear // Carnaval // Through The Speech Of Stars

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