Jurassic World (2015)

Jurassic World_posterIls n’apprendront donc jamais : certaines choses du passé ne devraient pas être ressuscitées. Si cloner des dinosaures ou faire un reboot de Jurassic Park semble être une idée géniale, détrompez-vous. 

C’est inévitable, toutes nos franchises adorées vont être revisitées. Universal Pictures a donc confié à Colin Trevorrow la lourde tâche de reprendre le flambeau jurassique du 7ème art. Cette stratégie est souvent utilisée par les énormes studios Hollywoodiens. Donner une chance à des réalisateurs indépendants permet aux producteurs de mieux contrôler le produit final. Cela se finit souvent en un film trop propre et sans réelle direction artistique. Jurassic World en est un très bon exemple.

Faut-il encore présenter cet univers? Voici un synopsis très court : cloner les dinosaures pour notre amusement, c’est mal, mais les modifier génétiquement, c’est encore pire. Je parlerais bien des personnages mais ils ne servent qu’à délivrer les lignes de dialogues du scénario. Claire (Bryce Dallas Howard) la scientifique obsédée par son travail mais avec un grand cœur, Owen (Chris Pratt) le badass un peu macho mais pas trop, les gamins aventuriers mais pleurnichards, le scientifique maléfique Frankenstein, etc. On dirait un film des années 90, mais sans Jeff Goldblum malheureusement.

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Gros point fort : l’ambiance du parc d’attractions est très réussie. Un zoo rempli de dinosaures féroces est un concept vraiment tentant, quand on y pense. Ou du moins pendant le premier acte du film. Lorsque tout dérape, l’ambiance s’apparente plus à un film catastrophe qu’autre chose. Et c’est bien ça le problème : Jurassic World est tout sauf subtil. On se retrouve vite assourdi par le bruits des dinosaures et personnages caricaturaux qui peuplent son île. Les humains sont insupportables et ont tous un message moralisateur à nous faire passer à coup de discours à répétition, en passant du hipster générateur de blagues référentielles au méchant soldat qui veut militariser les vélociraptors pour remplacer les drones américains. Hein, quoi ? Ne sachant jamais si il faut le prendre au second degré, le ton du film devient trop vague selon moi.

Dans ce désordre thématique, on a perdu la magie du chef-d’œuvre de Steven Spielberg qui mêlait habilement divertissement familial et film d’aventure à influence horrifique. D’un point de vue technique, Jurassic Park avait réussi son coup en combinant toutes les techniques disponibles à l’époque : l’illusion résidait dans le mélange des images de synthèse (pour les plans larges) et marionnettes animatroniques (pour les gros plans).

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Visuellement, Jurassic World (ou plutôt Jurassic Walibi…) me fait penser à un film d’animation Pixar qui serait dépourvu d’âme ou d’émotion. Le contraste entre les acteurs et les créatures CGI est trop frappant car trop présent, même si le résultat peut être parfois positif. Par exemple ce combat de titans vers la fin assez prenant car il n’y a presque pas d’interactions humaines (très belle séquence d’ailleurs, autant sur la forme que le fond).

Au-delà de ses défauts, l’aspect satirique du film m’a beaucoup plu (ce n’est pas Starship Troopers non plus mais l’effort est apprécié). Le réalisateur critique le consumérisme en n’hésitant pas à se moquer à plusieurs reprises de son propre reboot. Si le destin du parc Jurassic World est un désastre, c’est parce que les spectateurs du parc en veulent toujours plus… et ne sont jamais satisfaits.

Un peu comme nous.

Julien

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