Kiasmos – Kiasmos (2014)

KiasmosFondé par Ólafur Arnalds and Janus Rasmussen, Kiasmos représente la symbiose parfaite qui règne dans le label Erased Tapes Records. L’un des plus productif et créatif du moment, il laisse libre court et le temps nécessaire à ses artistes. Kiasmos en est le meilleur exemple : une première démo en 2009, un single en 2012 avec « Thrown » et un album qui sort en 2014. Loin des machines à produire, Kiasmos avance à son rythme, à la vitesse de sa musique.

Pour poser les bases :  j’ai dû écouter cet album éponyme plus d’une centaine de fois. Véritable machine musicale, cette album présente deux caractéristiques combinées très rares pour un album : efficacité et originalité.

Efficacité :

À la première écoute, Kiasmos peut paraitre très simple, la base rythmique y est conventionnelle. Celle-ci est pourtant le pilier de cet album : elle soutient toute une base mélodique qui nécessite d’être guidé au millimètre. Kiasmos choisi donc la minimale, pour amener une base techno rapide et très épurée. Cette construction, qui pourrait paraitre facile, diffuse sa richesse au fur et à mesure des écoutes. Un dosage de sonorités et de bruits travaillés au poil !

Sur cette base vient se coller la mélodie. Derrière cela, il y a Ólafur Arnalds, chef d’orchestre de ses dix doigts qui fait des miracles. Construisant chaque morceau avec une lenteur jouissive, la progression est maîtrisée à chaque instant et permet d’apprécier réellement chaque palier. D’une mélancolie assez inédite en techno, chaque track cache un piano en fond qui, après de multiples écoutes, se révèle être le raconteur de l’histoire, celui qui nous guide jusqu’à la dernière note.

La rythmique et la mélodie fondue l’une dans l’autre, on obtient ce fameux mélange que l’on appelle Kiasmos. Dans sa globalité, l’album est construit comme un long morceau de cinquante minutes (en seulement huit tracks !). Cela n’a de cesse de monter en puissance pour se terminer par « Burnt », qui méritera sa place au panthéon des « classiques de l’électro » quand nos petits enfants découvriront nos musiques d’antan.

kiasmos

Originalité :

Derrière tout cette construction ultra calculée se cache un pari assez ambitieux : sortir des démons de l’électro IDM, qui s’accapare tous ces profils d’artistes, et qui construit une base rythmique complétement asynchrone et distordue pour ce genre de mélodie. Ici, c’est l’épuration qui domine : techno minimale pour la base rythmique. La mélodie éclate alors, elle prend tout son sens. La complexité des morceaux se révèle facilement et on se réconforte à comprendre la musique plus rapidement.

Avec cinquante minutes, cet album a de quoi nous occuper, et surtout nous faire vibrer. La construction globale est telle que chaque chanson est placée volontairement pour faire monter la puissance au fur et à mesure de l’écoute. Pas de redescente, ici on monte. L’intensité toujours croissante nous garde dans un état de tension jusqu’à la conclusion.

Kiasmos de Kiasmos est un des albums les plus puissants de ces dernières années. J’ai mis du temps à écrire cette chronique parce qu’il m’a fallu comprendre le chef d’œuvre que j’étais en train d’écouter. Il y a dans cette musique un cœur puissant qui bat : prenez le temps d’écouter Kiasmos, ce n’est que comme ça qu’il vous envoûtera !

Paulo

Tracklist

01. Lit // 02. Held // 03. Looped // 04. Swayed // 05. Thrown // 06. Dragged // 07. Bent // 08. Burnt

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