Kikagaku Moyo à l’Ancienne Belgique (27/11/2018)

capdb_kikagaku_moyo_ancienne_belgiqueBravons la bruine extérieure afin de retourner à l’Ancienne Belgique pour un tout autre genre que la semaine passée avec notre ami Vald. Ce soir, c’est rock psyché japonais, avec Kikagaku Moyo, accompagné de Sundays & Cybele. Une soirée psyché par excellence, qui détend en ce début de semaine. Et qui, après le passage des Acid Mothers Temple, me réconcilie avec le psyché japonais.

Arrivée à l’Ancienne Belgique, je découvre la petite porte vers l’AB Club : une première pour moi ! Et la découverte de l’endroit est une belle surprise : le contraste est de taille avec la grande salle. Ici, on monte par des petits escaliers qui nous conduisent dans une petite salle embrumée où des petits casiers, une petite table de merch’, et une petite scène nous attendent sagement. Une ambiance chalet de montagne se profile avec le petit bar en bois, qui nous fait nous sentir quasiment dans nos pantoufles.

À 20h tapante, Sundays & Cybele marque le début de soirée d’un tintement de triangle cristallin. Puis, la batterie claque et surprend. Le son est fort, mais correct. Le groupe, composé classiquement de deux guitaristes dont un chanteur, d’un bassiste et d’un batteur, commence à interpréter sa musique Pink-Floydesque, en total revival des 60’s/70’s. Formé en 2004 par le chanteur guitariste Kazuo Tsubouchi, Sundays & Cybele sort son premier album éponyme quatre ans plus tard, mais c’est avec leur troisième album, Gypsy House, sorti en 2012, que le groupe obtient l’attention du public. Depuis, les japonais aux chemises à motifs 70’s sortent un album par an. Devant la scène, le public est encore timide mais applaudit chaudement. Sans être passionnant, le groupe nous fait passer un moment fort agréable et quitte la scène tout en douceur.

La foule, une sorte d’assemblage de bobos/néo-hippies/métalleux/artistes aux cheveux clairsemés de blanc, est en masse ce soir; le petit club affiche complet. Aux sons des classiques du genre, la petite demie-heure d’entre-deux passe bien.

capdb_kikagaku_moyo_ancienne_belgique_01Soudainement plongés dans le noir, le fameux sitar de Kikagaku Moyo fait son apparition, suivie des deux guitares et de la basse. La batterie et la basse marquent le rythme de « Fluffy Kosmisch ». La douce voix nous embarque dans une Xème dimension, là où la musique psychédélique sait très bien nous emporter. La salle bondée couplée à la petite scène font que la seule vision effective qu’on peut avoir sont les bouts de crânes frétillants. J’aperçois cependant de manière furtive une tête de japonais chevelus de temps à autre. Heureusement, les nombreux écrans de smartphone capturant le moment me permettent de me rendre compte de ce qu’il se passe sur scène. Kikagaku Moyo (c’est en le répétant trente fois qu’on sait le prononcer du premier coup), ou « motifs géométriques » en japonais, est sorti de la mégalopole nippone en 2012. Cinq albums ont vu le jour, plus trippant les uns que les autres. Le son est très bon (comme quoi, ça arrive). L’ambiance est profondément positive. Entre les chansons, après les acclamations du public, on s’entendrait presque penser tant le moment est intimiste.  « This is the Cardigan song… for those who like the cardigans…« . Les chevelus du pays du soleil levant s’éclatent, sourires aux lèvres, et nous aussi. Ils savent jouer des contrastes entre titres méditatifs et titres emballants. Quand ça pète, ça pète bien comme il faut, mais ils savent aussi détendre nos nerfs endoloris. Certaines sonorités m’ont rappelés inconsciemment Tame Impala, Unknown Mortal Orchestra, et même King Gizzard and the Lizard Wizard. Alors, chapeau.

Chapeau aux deux groupes, tant Sundays and Cybele pour son échappée dans les 70’s que Kikagaku Moyo pour ce voyage mystique. Et surtout, merci pour cette « feeling good music« , ce bol d’air pur et un peu niais qui soulage de ce monde de brutes. Même le public l’a crié : « arigato gozaimasu » !

Claire B.

Setlist

Fluffy Kosmisch // Kogarashi // Smoke And Mirrors // Blanket Song // Cardigan Song // Street Of Calcutta // Entrance // Dripping Sun // Gatherings

 

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