King Gizzard & the Lizard Wizard à l’Ancienne Belgique (08+09/10/2019)

capdb_ancienne_belgique_king_gizzardSous le ciel gris cotonneux de Bruxelles s’annonçait une tempête musicale inoubliable : les King Gizzard & the Lizard Wizard ne jouaient pas une fois à l’Ancienne Belgique, mais bien deux fois ! Un couple mardi/mercredi aux allures de week-end qui a tenu ses promesses. Retour sur deux jours bien rock’n’roll !

ORB et son rock psyché gras et agréable

La bande Australienne s’est entourée de ses copain·ine·s pour leur tournée mondiale : c’est ORB et Stonefield qui sonnent le début des hostilités. Les deux groupes ont ouvert chacun leur tour mardi et mercredi. Ce qui est plutôt sympa vu le peu de gens arrivés à 18h30 pour l’ouverture. ORB entre en scène. Formé par trois membres du groupe rock’n’roll The Frowning Clouds fans de Black Sabbath et Blue Öyster CultORB propose un rock stoner psyché lourd et bien gras. Mixant les envolées psychédéliques et les côtés heavy et doom, le batteur, Jamie Harmer, frappe ses toms avec entrain, et le chanteur guitariste, Zak Olsen, paré de belles chemises 70′ orangées, allège de sa voix la lourdeur de la basse de Daff Gravolin. Et sous son chapeau de cow-boy, le guitariste Callum Shortal, membre de The Murlocs, apporte son joli jeu au trio. Certaines personnes headbanguent déjà vivement : il faut dire que leur riffs rythmés sont efficaces et rentrent en tête directement (notamment « Immortal Tortoise« ). Un groupe charmant, mais pas révolutionnaire.

orb_capdb_ancienne_belgiqueDeux dates sold-out !

Les premiers rangs sont peu à peu accaparés par les grands fans qui s’asseyent pour assurer leurs places. Les gradins se remplissent aussi de plus en plus. Un petit passage au merch’ s’impose, avec notamment une affiche spécialement créée pour chaque ville de la tournée par Jason Galea, collaborateur visuel de longue date des KGATLW. Le défilé commence à devenir intéressant. Des gens ont enfilé leur t-shirt King Gizzard qu’ils viennent d’acheter, d’autres leurs anciens, d’autres encore portent leur The Murlocs pour se différencier. Des hippies bobos, des étudiants en art, des métalleux, des lambdas et des salariés fraîchement sortis du boulot, francophones et néerlandophones, s’agglutinent dans la grande salle de l’AB. La moyenne d’âge a curieusement baissé entre le mardi et mercredi; en revanche, les deux dates affichaient « complet ». Mercredi, quelques têtes cernées au sourire en coin se reconnaissent de la veille en attendant de prendre leur double-dose.

stonefield_capdb_ab_concertStonefield, du rock lourd envoyé par quatre sœurs

Quatre nanas entrent sur scène, habillées du même blazer marine couvrant un t-shirt blanc, et surtout, avec la même tête. Et pour cause : ce sont les quatre sœurs Findlay qui composent Stonefield ! Quatre albums sont sortis depuis 2013, même si c’est en 2006 qu’elles ont commencé à jouer… La plus jeune n’avait alors que huit ans ! Bercées par leurs parents avec du Led Zeppelin ou du Franck Zappa, c’est tout naturellement que les Stonefield proposent un rock lourd à la sauce 70’s, sons de guitare et de clavier à l’appui. Amy, la batteuse et chanteuse principale, se donne autant que Hannah, à la guitare. Les deux autres, Sarah au clavier et Holly à la basse, hochent timidement la tête, ce qui est plutôt dommage vu leurs riffs proposés et qui en font headbanguer quelques-uns. Un groupe à retenir à une époque où l’on cherche à comprendre l’absence de femmes dans le milieu musical.*

King Gizzard, les rois du show ?

La tension monte dans une salle excitée comme une puce. Là, plus moyen de circuler facilement : les rangs sont serrés tout le long des murs. 20h45… les lumières sont toujours allumées. Quand l’obscurité gagne enfin la salle, les membres de King Gizzard & the Lizard Wizard s’installent l’un après l’autre à leurs postes :

  • Stu Mackenzie, au chant et à la guitare,
  • Ambrose Kenny-Smith, au clavier, chant, harmonica et autres joyeusetés
  • Joey Walker, au chant et à la deuxième guitare
  • Cook Craig, au chant et à la troisième guitare
  • Lucas Skinner, à la basse
  • Michael Cavanagh, à la batterie
  • Eric Moore, à la deuxième batterie

Ils attaquent en présentant des titres de leur nouvel album sorti cet été : Infest the Rats’ Nest, un album aux sonorités thrash métal. Un mélange de Motörhead, Slayer et Sleep avec un zest de Gizz. Les non-initiés au genre sont sur-excités et pogottent déjà dans tous les sens. Personnellement, j’espère qu’ils vont passer à autre chose… et ouf, c’est ce qu’ils feront les deux soirs, et les setlists sont radicalement différentes d’un jour à l’autre. Ils piochent chaque fois dans leur discographie entière qui, depuis la création du groupe en 2010, est plus que foisonnante et éclectique. De leur premier EP Anglesea (2011) jusqu’à aujourd’hui, c’est quinze albums qui ont vu le jour (dont cinq en 2017). Certains plutôt garage/psyché, et certains carrément originaux : leur « livre audio western » Eyes Like the Sky (2013), celui qui peut être lu en boucle, Nonagon Infinity (2016), celui en micro-tons, Flying Microtonal Banana (2017), ou encore leur album jazz Sketches of Brunswick East (2017). L’enchaînement et l’homogénéité  des titres choisis étaient d’ailleurs mieux gérés le deuxième jour. En revanche, l’appréciation des titres joués est complètement différente d’une personne à l’autre : avec plusieurs retours, il n’y a pas de majorité préférant telle ou telle setlist. Dans la fosse, c’est le même délire d’un jour à l’autre : des vagues d’humains oscillant de plusieurs mètres à gauche, droite… Le public reconnaît les chansons dès les premiers accords (« Crumbling Castle« ), hurle les riffs de guitares déjà cultes (« Robot Stop« ) et chante en chœur dès que possible (« Billabong Valley« ). Pourtant, leur show n’est pas des meilleurs. Maintenant bien rodés à enchaîner les dates, tout semble être calculé à l’avance et ils n’ont pas l’air de se marrer, et ma foi, quelques sourires ou regards vers le public ne seraient pas de trop… Ce sont d’excellents musiciens, mais pas vraiment les meilleurs showmen. D’ailleurs, malgré une foule acclamante les deux jours et les 22h10 affichés sur l’horloge mercredi, ils ne feront aucun rappel. Alors, bien sûr, les fans (moi la première), ressortiront heureux d’avoir entendu les compositions magiques que King Gizzard est capable de composer, mais les autres pourront rester sur leur faim.

Des after-parties qui assurent !

Et même pas le temps de se retrouver avec les potes pour débriefer qu’on nous appelle à l’AB Club pour continuer la fête. Un plaisir de découvrir le son surf rock venu d’Anvers de King Dick le premier soir et les sonorités colombiennes des français de Pixvae le deuxième.

Alors merci l’Ancienne Belgique pour ces deux dates mémorables hautes en couleurs !

Claire B.

*Plusieurs associations de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’engagent via la charte Scivias à mieux représenter les femmes dans le secteur musical. À suivre.

 

Setlist du 08 octobre

Venusian 2 // Superbug // The Lord of Lightning // Alter Me III // Altered Beast IV // People-Vultures // This Thing // Sense // The River // Billabong Valley // Doom City // Open Water // Perihelion // Am I in Heaven ?

 

Setlist du 09 octobre

Self-Immolate // Venusian 1 // Plastic Boogie // Crumbling Castle // The Fourth Colour // Deserted Dunes Welcome Weary Feet // The Castle in the Air // Muddy Water // Alter Me // Altered Beast I // The Wheel // The Birdsong // Down the Sink // Work this Time // Robot Stop // Big Fish Wasp // Gamma Knife // Float Along – Fill your Lungs

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