Kiss The Anus Of A Black Cat à l’Ancienne Belgique (10/11/2015)

ktaoabc_300x200Une fois n’est pas coutume, direction l’Ancienne Belgique, et plus exactement sa salle dite « Club » au première étage d’un lieu déjà bien rempli. En effet, c’est une double soirée qui se déroule en ce mardi soir pas comme les autres, veille de jour férié oblige, vu que le festival Autumn Falls a investi les lieux pour deux concerts de qualité : Father John Misty pour la grosse configuration, Kiss The Anus Of A Black Cat et The Black Heart Rebellion pour la petite. Et même s’il était possible d’avoir un combi pour les deux salles, c’est dans les hauteurs de l’AB que nous prenons place.

Alors que nous rentrons dans la petite salle toute à l’ambiance on ne peut plus feutrée, on se surprend à entendre les notes de The Black Heart Rebellion, déjà en place sur scène depuis quelques minutes. Et ce pour deux raisons : la première, étrange décision que celle de mettre un groupe de « post-métal » en première partie d’un mec en solo qui fait du son entre néo folk et new wave. La deuxième : en fait The Black Heart Rebellion ne font plus du tout du métal. Mais alors pas du tout. Car si l’ambiance est en effet relativement sombre, elle ne nous plonge pas dans le glauque, mais plus en pleine nature, dans une forêt mystique. Les cinq flamands ont en effet effectué un virage pour leur dernier album et si les prestations auxquelles j’avais assisté précédemment étaient empruntes d’une certaine aura incantatoire, là on plonge directement dans la messe païenne. Au niveau de la formation, ils sont toujours cinq, mais la somme des instruments est montée en flèche avec notamment l’introduction de cloches, d’instruments faits maison (dont notamment un clavier/accordéon du plus bel effet et d’un énorme « ressort » que le guitariste se fait un plaisir de malmener à plusieurs reprises), d’une guitare à mi chemin entre l’acoustique et le sitar,…

tbhr_850x300De plus, visuellement, c’est tout simplement magnifique : entre cet amoncellement d’instruments et de musiciens et les lumières, super bien travaillées et dont les couleurs et la disposition nous feront plus que voyager, on ne sait plus où donner de la tête. Et c’est peut-être là le vrai problème. Car si l’on se laisse aller à la musique, toujours à la frontière de plusieurs genre, entre folk et doom, il y a un arrière goût de trop plein qui fait que le tout est légèrement foutraque. On a par exemple parfois l’impression que les morceaux n’ont pas de fin, et les enchainements entre les interludes oppressants à base de hurlement de loups et de craquements de branches d’arbres et les chansons se font parfois de manière un peu maladroite. Et même lorsque qu’une chanteuse monte sur scène (à deux reprises, et notamment pour « Near To Fire For Bricks », premier single de leur dernier album People, when you see the smoke, do not think it is fields they’re burning sorti fin octobre dernier) on est un peu déçu du manque de puissance de sa voix. Bref, malgré une performance à laquelle on ne peut honnêtement rien reprocher, difficile de rentrer dans une ambiance qui semble un peu trop pré-fabriquée à mon goût…

Après un changement de scène efficace et rapide, Kiss The Anus Of A Black Cat débarque sur les planches de l’AB Club pour me surprendre une fois de plus. Si la dernière fois où je l’avais vu il était seul, assis sur une chaise avec sa guitare et ses pédales, il est aujourd’hui avec trois compères : un à la batterie et deux aux claviers, dont un qui s’occupera également de tripoter de la basse. Par contre, dès les premières notes, je reconnais son univers, même s’il prend clairement ce soir une orientation bien plus électro que la précédente fois où je l’avais vu en live. En effet, les claviers prennent une place importante, et si cela en a dérangé certains, cela m’a valu une bonne partie du set avec un sourire niais scotché au visage, tête branlante et bras animés. Et visiblement désireux de faire dans l’électro/dark wave ce soir plutôt que de la la folk amère, le gantois jouera évidemment la majorité de son dernier album To Live Vicariously sorti lui aussi courant octobre. En fait il le jouera intégralement, à l’exception de « Reminiscence », et la setlist contiendra seulement trois morceaux de ces précédents efforts, soit « Ruins » et « Shake Off Your Dreams », parus sur Weltuntergangsstimmung, album déjà bien dans cette mouvance 80′, ainsi qu’une nouvelle version de « Cornflowers », extrait de An Interlude To The Outermost sorti en 2007.

ktaoabc_850x300Mais malgré mon engouement pour cette musique, il y a tout de même un truc qui cloche. Déjà, le son aura un peu de mal à se mettre en place et à toucher le public, visiblement un peu ébranlé par la performance qui n’a rien à voir avec la première partie (programmation audacieuse mais risquée, il faut bien l’admettre) et puis je ne sais si cette configuration scénique est nouvelle ou non, mais on aurait dit que les musiciens n’étaient pas totalement à leur aise, un peu comme si chacun s’écoutait soi-même et non l’un l’autre. Peut-être donc que ce set mérite d’être plus rodé, je ne sais pas, en tout cas il en ressortait quelque chose de pas forcément assuré, et je pense que cela a grandement entaché l’ensemble du concert. Du coup, à l’image de celui de The Black Heart Rebellion, si je n’ai rien à redire sur la qualité des compositions et le talent des musiciens (mention spéciale au chant plus qu’impeccable), il manquait une notion de vrai à ce show de Kiss The Anus Of A Black Cat. Comme quoi des fois le trop propre ne fait pas le travail…

Merci à Kevin pour l’accréditation et le photopass, ainsi qu’à toute l’équipe de l’AB et d’Autumn Falls pour l’organisation de cette soirée malgré tout fort appréciable.

Hélène

Setlist

Lying // To Live Vicariously // Semantics // Ruins // Drone For Conan // Cornflowers MKII // Be The Death Of Me // Evening Of Light // Walls And Ways To Hide // Rappel : Shake Off Your Dreams // Epiphany

Crédit photos : Elodion

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