Kokoroko à Flagey (23/02/2019)

53075042_357640275076884_5000164319996936192_nSamedi soir, 20h50, je me présente à l’accueil afin de retirer ma place et je me vois attribuée une place assise et numérotée. Il est très rare que je fasse des concerts installée dans un siège molletonné, à l’exception de représentations classiques. Cependant, ce soir, c’est du jazz afro-beat auquel nous allons assisté et je doute quelque peu de l’efficacité d’un tel arrangement de salle. Je me retrouve donc au 3ème rang à gauche en bout de rangée, au final plutôt pas mal.

Un petit coup d’œil à la salle qui affichait complet déjà deux semaines avant ce soir. La population est plutôt jeune. Une majorité de vingt – trentenaires et par-ci par là quelques quarantenaires.  Se côtoient des salopettes en jean avec des pulls aux couleurs de la Jamaïque en passant par la veste en cuir et la jupe tailleur noir. Un beau mélange éclectique qui renforce l’idée que Kokoroko a su convaincre pas mal de monde.

Ce groupe surgit de l’ombre en 2018 lors de la sortie de la compil We Out Here du collectif Brownstood. C’est Arrivé Près de Bruxelles a d’ailleurs eu la chance de se rendre à l’un des live à l’AB, que vous pouvez retrouver juste ici. Sur cette compil, Kokoroko se fait connaître du grand public avec le titre « Abusey Function » qui, comparé au nombre de vues YouTube des autres titres de l’album, connaît un très franc succès. Après l’avoir écouté en boucle, au réveil, sous la douche, au brossage de dents, en cuisinant, en révisant, en bouquinant,… comme la plupart des copains dont nos algorithmes YouTube se rapprochent fortement, je trépignais d’impatience de découvrir l’octet sur scène. Scène habillée d’une basse, d’une batterie, d’un keyboard et de deux percussions, le tout enveloppé par des lumières bleues et rouges. Ne manquent plus que la guitare et les fameux cuivres (trompette, trombone et saxophone) qui font la renommée du groupe. En particulier, la trompettiste Sheila Maurice-Grey.

53347578_660499874384137_8708538434546827264_n21h05, la voilà qui descend les marches entourée de toute sa troupe, j’ai nommé : Cassie Kinoshi (saxo), Richie SeivWright (trombone), Mutale Chashi (basse), Oscar Jerome (guitare), Yohan Kebede (synthé), Onome Ighamre (percu) et Ayo Salawu (batterie). Relativement bien installée dans les fauteuils très confortables, je me laisse à penser qu’au final, ça peut être sympa un petit concert assise, posée, tranquille. Mais c’était sans compter sur Sheila qui à peine devant son micro, nous demande de nous lever « Please, stand up on your feets and come on dance ! » On oublie le concert plateau télé, le public réagit instantanément, tout le monde s’amasse devant la scène et l’Afrique de l’Ouest envahie Flagey. L’ensemble commence avec trois morceaux très jazz durant lesquels l’impro de la trompettiste et du guitariste, particulièrement sur « Abusey Function », se démarquent. Ils semblent plus à l’aise et donc plus généreux. Malgré l’enthousiasme à se lever, le public paraît quelque peu raidi, tout comme les membres du groupe qui, on le sent, sont en phase d’échauffement. Après « Abusey Function » donc, Sheila nous demande de nous rapprocher davantage pour la deuxième partie de soirée. Les morceaux sont alors bien plus afro que la tendance jazz qui avait été menée jusqu’ici. On groove des hanches, les mains se lèvent et le public reprend en chœur. La température monte d’un cran avec le savoureux solo de Yohan Kebede (synthé) qui surpasse les impro réalisées jusque-là.  Le cinquième morceau est l’occasion de nous faire apprécier la justesse des trois voix lors d’un jeu vocal auquel se sont adonnées Cassie et Sheila, mené par la tromboniste quelque peu dans l’ombre jusqu’ici. La formation octet continue sur sa lancée afro qui rend l’ensemble du public unanime sur le talent des huit jeunes qui nous font face. L’entrée en matière plutôt timide est vite oubliée par l’énergie que déploie la trompettiste, décidément parfaite leadeuse.

On ressent tout de même que le groupe n’a que peu de compositions à son actif. Il est d’ailleurs difficile de trouver plus de trois chansons sur internet. Cependant, la représentation de ce soir et la complicité dont les membres font preuve promet un bel avenir à la nouvelle scène jazz anglaise qu’on a hâte de revoir.

Anaïs

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