Kvelertak – Splid (2020)

Enfin ! Après toute cette attente, j’ai pu poser mes oreilles sur l’album que j’attendais le plus en ce début 2020 et qui m’aura servi de Valentine pour cette année. Un peu plus d’un mois après sa sortie, après un bon paquet d’écoutes et toujours autant d’amour pour le groupe qui m’aura lancé chez CAPDB, voilà une chronique mi-fan, mi-objective pour votre bon plaisir.

Ça faisait presque quatre ans qu’on attendait cette nouvelle galette de la bande de Stavanger. Les actualités du groupe se résumant à des tournées à travers le monde et un changement majeur dans le line up : le départ du charismatique Erlend Hjelvik au chant, remplacé très peu de temps après par Ivar Nikolaisen, pourtant plus actif dans les scènes punk et thrash.

Après les avoir revus en première partie de Mastodon il y a un an et pour la première fois sans Erlend, je dois bien dire que je ne savais pas trop sur quel pied danser. Oui, la base créative du groupe reste majoritairement inchangée avec cinq membres sur six présents depuis les débuts du groupe. Mais Ivar, bien qu’ayant une voix puissante et une présence scénique des plus appréciable, n’égale pas le charisme d’Erlend ni sa voix d’une puissance assez impressionnante et capable de passer de screams typiquement black métal à des aboiements nettement plus axés hardcore. Ivar a en effet un chant plus « unidimensionnel » car bien plus influencé par la sphère punk/hardcore/crossover et thrash.

Et quant est-il de l’album ? Avant sa sortie, en février dernier, le groupe nous a gratifié de trois singles : « Bråtebrann », « Crack of Doom » (avec Troy Sanders de Mastodon, s’il vous plaît !) et « Fanden ta Dette Hull! », soit deux des plus longs titres de l’album ainsi que le tout premier titre de leur discographie entièrement en anglais. Avouez qu’il y a de quoi être surpris et circonspect avant la sortie de l’album…

Commençons tout de suite par quelques points négatifs. Tout d’abord, c’est indéniable que l’album souffre de longueurs passagères (surprenant quand on sait à quel point les titres les plus efficaces de la bande sont des hymnes ultra directs à gueuler de bon cœur). On parle tout de même d’un album de black n’ roll (même si le black tend tout doucement à être mis de côté) de quasiment une heure avec quatre morceaux sur onze qui dépassent allègrement les six minutes. Ensuite, il m’a semblé plusieurs fois que la batterie semblait sous-mixée par rapport au reste des instruments (en particulier sur les premiers morceaux), ce qui peut surprendre quand on connait la réputation d’energizer du groupe. Enfin, et c’est extrêmement personnel, mais le fait de retrouver deux chansons exclusivement chantées en anglais me dérange un petit peu, le groupe ayant jusqu’ici chanté exclusivement en norvégien tout en se faisant un nom toujours plus gros sur la scène, ce qui ne faisait qu’accroitre ma fascination pour eux. Difficile toutefois de jeter la pierre à Troy Sanders qui chante des couplets entiers et dont on peut imaginer que le niveau de norvégien ne doit être excellent; mais y avait-il vraiment besoin de faire de même pour Nate Newton (de Converge) qui n’assure « que » des back ?

Cependant, difficile de bouder son plaisir, Kvelertak reprenant sa recette ultra efficace à base de screams, de blasts et de passages brise nuque (« Necrosoft » ou « Discord »), distillant ses influences ci et là (« Crack of Doom » qu’on pourrait retrouver sur un album de Mastodon, « Uglas Hegemoni » qui pue le punk d’Ivar avec son intro ou « Fanden ta Dette Hull! » qui est un melting pot de punk, hardcore et de thrash très axé Metallica des 80’s) ou encore s’essayant à des choses nouvelles notamment sur « Delirium Tremens » par exemple avec une intro quasiment post-rock. De plus, bien que l’album gratte quasiment l’heure d’écoute et laisse apparaitre des longueurs (« Rogaland », « Bråtebrann », « Fanden ta Dette Hull! », « Delirium Tremens » ou « Ved Bredden av Nihil » auraient chacune pu faire facilement une minute de moins), toutes les chansons s’enchainent bien et on a vite fait d’arriver au bout sans s’en rendre compte.

Et quid de ce nouveau chanteur alors ? Si le changement s’entend vraiment fort sur les anciens morceaux du groupe en live, on est nettement moins « choqué » une fois l’album en route. Et même si le reste du groupe n’a pas bougé, on entend bien l’apport d’influences propres à Ivar ainsi que quelques passages en chants clairs moins courants du temps d’Erlend qui surprendront les auditeurs les plus aguerris mais auront vite fait d’être digérés et qui raviront des oreilles moins habituées au son Kvelertak à la recherche d’accalmie.

Avec ce nouvel album, on peut affirmer que l’oubliable Nattesferd est désormais derrière nous et on tient bien une suite nettement plus au niveau des deux premières perles que furent Kvelertak et Meir bien que prenant une nouvelle direction moins black mais toujours plus roll qui intrigue et nous donne envie de voir ce que le futur réserve !

Maxime S.

Tracklist

01. Rogaland // 02. Crack of Doom // 03. Necrosoft // 04. Discord // 05. Bråtebrann // 06. Uglas Hegemoni // 07. Fanden ta Dette Hull! // 08. Tevling // 09. Stevnemøte Med Satan // 10. Delirium Tremens // 11. Ved Bredden av Nihil

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