L’Assassin Royal en rajoute trois pavés

Il y a quelques mois, une annonce officialisait la sortie d’une suite en trois tomes de L’Assassin Royal. Paru en août dernier, le premier tome traduit en français est arrivé le 28 octobre 2014 sous le titre Le Fou et l’Assassin, et le second La fille de l’assassin le 11 mars dernier aux éditions Pygmalion. La suite d’une saga décrite en quelques mots pour ceux qui ne se trémoussent pas déjà de joie à l’idée de retrouver Fitz et son cher Fou dix plus tard dans leurs vies.

Grande amatrice de tout ce qui est séries-films-images animées qui ne demande pas tellement d’efforts, je fais hélas partie de ces gens qui ont plus facile d’appuyer sur un bouton plutôt que d’ouvrir un livre, et ce n’est pas par désamour, mais bien par flemme. Alors je ne peux qu’essayer de vous prier petits lecteurs de ne pas le mettre dans la catégorie du « encore un livre que je ne lirai pas mais qui a l’air sympa » et de faire cet effort surhumain mais tellement plaisant que de s’installer n’importe où et reprendre à chaque fois le souffle du récit, de la plage à la couverture polaire, de l’arrêt de bus à la queue du supermarché. En effet, L’Assassin Royal de Robin Hobb, (de son vrai nom Margaret Astrid Lindholm Ogde) fait partie des classiques du genre pour quiconque l’a lu. Pour les autres, il ne vous reste plus qu’à tomber dessus, ou plutôt dedans.

Il est vrai que c’est seulement avant un départ de quelques heures de train que j’ai bien voulu me lancer dans la lecture du tout premier tome. Encore une pâle copie du Seigneur des Anneaux ? Les Piliers de la Terre a déjà redoré le Moyen-Age sans trop de fantastique, et relire du déjà vu n’a rien de très palpitant. Les premières pages sont certes un peu laborieuses à passer,  le ton et les tournures de phrases faussement moyenâgeuses, et le cliché de cet univers pourtant si riche mais si banalisé pointe son nez.

Mais voilà, vous vous imaginez bien que si je suis ici et maintenant à vous clamer de plonger à corps perdu dans la vie de FitzChevalerie, c’est bien que j’ai dû ravaler mon jugement de snob inculte. Je ne saurai dire si je me suis habituée ou si l’écriture s’améliore après les 15 premières pages, mais il s’avère que ça n’a rapidement plus aucune importance. La grande richesse de cette épopée tient au fait que malgré/grâce à l’utilisation de toutes les clés possibles du genre fantastique largement codifié, l’auteure s’est avant tout intéressée aux humains. C’est-à-dire à leurs vécus, leurs sensations. Nous sommes baignés dans les odeurs, plongés dans les pensées, et tout reste subtilement et sans chichis dans le domaine du sensible. Ce n’est pas qu’une lecture, mais bien une expérience sensorielle et méditative. Encore quelques semaines après la lecture d’un passage, il arrive régulièrement que mes pensées résonnent avec des éléments du livre. Voilà  une bonne manière de juger un bon livre ou un bon film : il reste en vous et vous imprègne complètement.assassin-royal-sagaPour les informations plus « wikipédiesques », L’Assassin Royal, ou comme on se plaît à l’appeler Fitz, est un pilier de la littérature fantastique écrite entre 1995 et 2004. L’auteure est californienne, longtemps exilée en Alaska (ceci explique peut-être quelques étendues de glaces) et a imaginé un monde qu’elle ne se lasse pas d’explorer via différentes sagas qui se croisent dans l’espace et le temps. Un monde est créé et elle nous offre l’opportunité de le découvrir via différentes entrées, à la manière d’un certain Battlestar Galactica.  Entre autres Les Aventuriers de la Mer ou La Cité des Anciens qui se passent à quelques mille lieux (et époques) de Fitz et du royaume de Castelcerf. Ce qui est sûr, c’est que les échos sont toujours très bons, mais bien dans l’ombre de l’indétrônable Fitz.

Il y eu des adaptations, pas au cinéma (ce qui m’étonne d’ailleurs, mais ouf ), mais en bande dessinée. Voilà, je le signale, mais je déconseille aussi… Restez dans les livres, je ne m’étendrais pas plus sur le sujet mais ça vaut mieux.

Je peux aussi vous lancer des mots-clés qui garantiront les amateurs du genre que la bonne recette est là, comme « chevaliers », « complots », « poison », « trahisons », « magie », « dragons ». Je peux aussi dire que ça parle d’amour en général. Et aussi de tout ce que l’humain peut avoir de plus détestable et violent. Et pour ceux qui n’aiment pas ces univers-là d’habitude, je ne peux que vous conseiller d’essayer. Mais au-delà des 15 premières pages s’il vous plaît !

Mmaelle