Les sorties ciné de la semaine

Quatre films vus dans les sorties de la semaine. Nouveau record de C’est Arrivé Près de Bruxelles. Et, de façon totalement étonnante vu où me porte en général mes goûts, le conseil prioritaire ira vers une adaptation de comics typée blockbuster. Comme quoi, tout arrive.

Adam de Maryam Touzani : Joli petit film marocain qui évoque la sororité à l’orientale. Quand on doit lutter contre les injustices et les inégalités, il est indispensable de toujours se serrer les coudes. Abla (Lubna Azabal), pâtissière dans la médina de Casablanca, par réflexe d’humanité accueille Samia  (Nisrin Erradi), enceinte jusqu’aux yeux. Les deux femmes vont affronter l’obscurantisme étouffant qui se traduit aussi par l’image, se découvrant plus solidaires qu’elles ne le pensaient. Malgré quelques chutes de rythme on reste accroché à l’histoire, peut-être aussi par l’interprétation sincère et émouvante des deux comédiennes.

Official Secrets de Gavin Hood : 2003, Katharine Gun (Keira Knightley), modeste employée des renseignements britanniques, découvre avec stupeur qu’on lui demande de chercher des infos pour faire chanter certains membres du conseil de sécurité de l’ONU afin qu’ils votent en faveur de l’invasion de l’Irak. Courageusement, avec opiniâtreté, elle sort du système pour dénoncer cette manipulation. Thriller politique classique jusqu’à l’académisme, il y a une certaine efficacité et un savoir-faire mais insuffisants pour rendre le film passionnant.

Les traducteurs de Régis Roinsard : Neuf traducteurs sont enfermés dans une forteresse pour traduire une sorte de fumisterie à succès à la Dan Brown. Il faut évidemment que rien ne sorte avant la publication officielle, sinon ils vont avoir chaud aux fesses. Évidemment aussi, les dix premières pages sont publiées alors qu’ils viennent seulement de commencer. Tout le monde pourrait être coupable. Mais très rapidement on s’en fout complètement tant c’est inutilement alambiqué, que de Mc Guffin en fausses pistes tout est entortillé, plus pour cacher l’absence de personnages, d’enjeux scénaristiques véritables. Comme il y a des acteur.ice.s et des coprod de différents pays, c’est ce qu’il est convenu d’appeler un « euro-pudding ». Indigeste, ça va de soit.

Birds of Prey

Birds of Prey de Cathy Yan : Un truc m’intrigue dès l’affiche, dès la bande-annonce. J’ai l’impression que Margot Robbie, actrice mais surtout co-productrice du film, a profité de sa notoriété pour un peu faire exploser l’univers fort codé de ce genre de film. Quand commence le film Harley Quinn vient de rompre avec le Joker. On saura jamais vraiment pourquoi mais on peut comprendre que c’est quand même un peu parce que c’était un vrai connard. Alors, sans protection, en ayant tendance à se mettre un peu tout le monde à dos, Harley, accompagnée de complices occasionnelles, circonstancielles et providentielles va devoir se battre contre tout Gotham (le patriarcat ?) pour survivre. C’est flashy, ça se murge, c’est sexy, la bande son bouge du booty (Megan Thee Stallion et Doja Cat notamment), ça se castagne dur. Et pourtant, une forme de sentiment doux amer point, la voix off et l’interprétation de Margot Robbie amène le divertissement ultra spectaculaire sur quelques chemins de traverse et réussit partout où le Joker de Todd Phillips, interprété avec une outrance ridicule par Joaquin Phoenix, avait échoué. La réflexion sur la folie du monde et des humain.e.s qui la composent est bien plus précise et subtile à la fois. Puis faut quand même reconnaître aussi une maestria bluffante et vraiment cartoonesque qui fait aussi que si on en a envie on n’est pas même pas obligé de réfléchir à tout ça. Bref c’est le conseil suprême du moment.

Laurent Godichaux







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