Liza, The Fox-Fairy (2014) – BIFFF

lizathefoxfairy_posterC’est en courant que j’arrive en ce vendredi à 16h30 pour un film qui s’annonce ovni parmi les ovnis. La dernière fois que nous nous étions laissées tenter par un effet similaire, c’était pour aller voir le mi-film mi-animation italien Fantasticherie di un passeggiatore solitario de Paolo Gaudio et nous n’étions, comment dire… vraiment pas convaincues. C’est donc avec un doute certain que nous avons accueilli le jeune réalisateur hongrois Károly Ujj Mészáros qui nous confiait timidement que par manque de moyen le film avait mis un peu plus de deux ans à se réaliser.

C’est sur une silhouette grelottante interrogée sur plusieurs meurtres dans un bureau policier, et vraisemblablement coupable, que le film démarre. Un aperçu de la fin, avant un grand retour sur le début de l’histoire, ou plutôt sur l’ouverture de Liza (Mónika Balsai) sur le monde. Et là toute la salle est directement embarquée. On m’avait parlé d’un remake d’Amélie Poulain version hongroise, mais c’est clairement bien plus que ça. Effectivement, nous entrons dans l’univers plus que fantasmagorique d’une jeune femme qui fête ses trente ans et qui est toujours restée timidement dans un univers imaginaire, en attendant l’Amûûr. Aide-soignante chez la veuve de l’ambassadeur japonais dans une Hongrie fictive des années septante, elle ne connaît qu’un livre à l’eau de rose qui se passe dans un splendide fast-food. maxresdefault

Mais en plus de la poésie sordide et des personnages colorés, on trouve énormément d’humour noir bien ciselé, le tout entouré de trash esthétique. Véritable flèche dans mon petit cœur. Ajoutez à cela des policiers moustachus qui poursuivent la belle pour meurtres et une bande originale absolument géniale tenue par le fantôme de Tomy Tani (David Sakurai) un chanteur de pop japonaise des années cinquante dans un sublime costume vert d’eau. BO qui fait partie intégrante de l’identité de ce film, signée Erik Sumo & The Fox-Fairies.

Si le public du BIFFF est connu pour commenter et rire des films en direct, là il est clair que la salle riait avec le film, et ce tout du long. Liza, The Fox-Fairy a eu le bon goût d’être mesuré et  insolent à la fois, et si le réalisateur parlait de la lenteur de la production comme quelque chose de négatif, je suis persuadée que cela a permis à absolument tous les plans et moindres détails d’être aussi fins et justes.

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Je ne veux pas en dire plus, de peur de gâcher votre plaisir, mais vous comprendrez facilement que je suis plus enthousiaste que jamais et que je vous recommande ce film une fois, deux fois, quinze fois s’il le faut. Pas étonnant donc qu’il ait reçu le Prix 7e Parallèle et le prix Pégase du public lors de cette édition de notre bien-aimé et désormais terminé BIFFF 2015.

Mmaelle

 

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