Mogwai à l’Ancienne Belgique (20/10/2017)

CAPDB_Big_Banner_Mogwai_201017Un vendredi pourri. Mauvaise semaine. Travail samedi. Pourtant ce soir, l’Ancienne Belgique avec Live Nation ouvre ses portes au groupe écossais Mogwai. Venus présenter leur nouvel album Every Country’s Sun, les Ecossais de Glasgow sont venus défendre l’étendard du post-rock pour deux dates consécutives. Concert le vendredi 20 octobre pris. Deal avec une pote : elle m’offre le concert de Mogwai et moi je lui offre la place pour le concert de Godspeed You! Black Emperor (autre fier représentant du style). Oui, le post-rock c’est toute une histoire.

Grosse fatigue. Énervement. La tête pleine de rage. Aller au concert commençait très mal. Je téléphone à ma pote. À la bourre. « Bon je vais faire un tour en t’attendant. » Finalement me voilà devant les portes de l’AB. La fouille classique. Je commande un verre d’eau. Fait déjà chaud. On se déplace pour avoir une bonne place pour voir le groupe. Pas de bol le 2ème étage est fermé. On reste au 1er avec une vue minable. Le concert s’annonçait erm.

Les lumières douces s’allument. Les gens gueulent. La salle est presque comble. Pas de doute, ce soir les gens sont là pour Mogwai. L’arrivée soudaine du guitariste et chanteur Stuart Braithwaite nous confirme que le set va commencer. Entre-temps, une autre pote nous rejoint, ma pote et moi. Passé le morceau-intro « 20 Size » de leur dernier album, le groupe entame le morceau-phare « I’m Jim Morrison, I’m Dead ». La lenteur de l’intro nous plonge dans leur univers. La batterie légère de Cat Myers (en remplacement du batteur Martin Bulloch d’origine) fait monter au fur et à mesure la pression. Les guitares se lancent. Le son distordu prend possession de la salle. Le groupe nous fait virevolter dans un océan de notes. Une superposition de sons qui augmente, augmente et augmente. On commence à être bien. « Party in the Dark » se poursuit avec la voix de Stuart ténue et lointaine. Un des deux morceaux du nouvel album écouté (oui Max, j’ai craqué mais pas trop pour me réserver la surprise du concert/groupe).

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Subitement des gens disparaissent pour ne pas revenir. Hum. Cela sent l’ouverture du 2ème étage. On fonce. Être au 2ème étage fut la meilleure idée de la soirée. Pouvoir contempler. Observer de manière attentive le groupe. Un brin guitariste dans le passé, le plaisir de distinguer le matériel musical. Les guitares : alternance entre Fender Telecaster, Gibson Les Paul, Fender Jaguar, Gibson SG.  Les amplis : Orange et Green (vus aussi chez les autres Ecossais de The Jesus and Mary Chain). Douze pédales à effets pour chaque guitariste. Mieux compris cette effet de « profondeur » dans les chansons de Mogwai : trois guitaristes jouent les mêmes accords simultanément. On plonge avec eux. Une mélodie dans le chaos. Une traversée symphonique dans un monde organique. Six musiciens. Quatre guitaristes. Un air d’au-delà. Souvent intense. Une forêt de sons digne d’un film de Hayao Miyazaki. Un zeste années 80 sur certains morceaux. La batteuse Cat prodigieuse. Le jeune guitariste Alex Mackay qui en veut. Le bassiste Dominic Aitchison caché derrière une épaisse barbe. Immuable. On sent le groupe profiter du moment et nous le faire sentir. Au gré des morceaux. Mélange de plusieurs albums dont le très fameux « Hunted by a Freak » (un classique pour moi).

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Le flot de lumières se bouscule et enveloppe la salle en fonction de la rythmique. On a envie que le temps s’arrête vraiment. Que le groupe joue toute la nuit. « Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre ! » nous dirait Paul Valéry.  Je prends mon pied. Une sensation de vivre pleinement. L’apothéose va terminer par une pluie de Larsen, caractéristique de fin de concert du groupe. Les lumières de la salle se rallument. Retour à la réalité. Ce soir ce fut un plongeon dans un abysse lumineux. Au mois d’octobre et novembre, j’espère enchaîner par d’autres artistes issus de ce courant qu’on appelle, faute de mieux, post-rock. Une chose est vraiment sûre : ce groupe aura une place particulière dans mes concerts.

PS: Si vous aimez Mogwai, plongez dans la découverte de l’album « In Silence We Yearn » du groupe suédois Oh Hiroshima.
PPS: Au final, j’ai craqué une semaine plus tard pour le dernier album de Mogwai en édition limitée.

François VC aka whattt

Setlist

20 Size // I’m Jim Morrison, I’m Dead // Party in the Dark // Take Me Somewhere Nice // Coolverine // Rano Pano // Crossing the Road Material // Hunted by a Freak // Don’t Believe the Fife // Remurdered // Every Country’s Sun // Old Poisons // Encore: 2 Rights Make 1 Wrong // We’re No Here

Prestation du concert à l’AB en bonus vidéo

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