New Order à Forest National (14/10/2019)

capdb_forest_national_new_orderDirection Forest National pour commencer la semaine en beauté, avec un groupe légendaire à l’affiche : New Order. Après un début de carrière tragique, quarante ans de jeux, de nombreuses péripéties et un membre original en moins, est-ce que le concert valait les soixante euros déboursés, dans une acoustique que l’on sait perfectible ? La réponse est « oui », et largement !

 

Stolen, la première partie prometteuse

La lourde tâche d’ouvrir un tel groupe a été bien effectué par les jeunes chinois de Stolen. Leur deuxième album Fragment a été enregistré à Berlin avec Mark Reeder, promoteur de Joy Division en Allemagne en son temps, puis créateur du label MFS, dont l’influence dans le milieu techno/trance fût importante dans les 90’s. Leur son, venant du nouvel underground chinois, se situe entre la pop, la techno, avec les sons post-punk et des passages psyché. Pourquoi ne pas aller y jeter une oreille ?

Un public d’époque !

Les gradins se comblent pendant que de la house est diffusée pour faire passer l’attente aux têtes majoritairement grisonnantes. Des parents ont emmené leurs enfants pour voir ce groupe historique. Les visuels, lumineux et graphiques, apparaissent déjà sur le mur de LEDs. Les spots, perchés en haut d’une structure monstrueuse, s’éteignent : le noir enveloppe la salle quelques secondes sous les cris d’impatience. Une chanson de Wagner est illustrée par de vieilles images de plongeons artistiques, d’abord noir et blanc, pour se colorer avec l’entrée sur scène des membres acclamés. C’est ici que le voyage commence.

Les débuts d’un groupe de légende

Manchester, 1976. C’est après un concert des Sex Pistols que Bernard Sumner et Peter Hook se rencontrent et décident de former un groupe. Ian Curtis leur propose d’en être le chanteur, et le batteur initial sera remplacé quelques mois plus tard par Stephen Morris. Le groupe, appelé Joy Division, enregistre son premier album, Unknown Pleasure, en 1979. L’ascension bat son plein grâce à leur son, nouveau et froid, mais s’arrête brutalement : Ian Curtis, épileptique, met fin à ses jours en 1980. Cette fin tragique a non seulement crée un mythe, mais aussi un autre groupe : les membres restants ont formé New Order, qui deviendra un des groupes les plus influents des 80’s.

capdb_bruxelles_new_orderUn merveilleux voyage dans l’histoire de la musique

Forest National, 2019. Toute l’histoire du groupe flotte comme un brouillard au dessus de la foule. La fameuse mélodie aux synthé de « Age of Consent » est jouée par Gillian Gilbert, présente dans le groupe depuis ses débuts. Nous voilà en 1983, sur le deuxième album, Power, Corruption & Lies, où les sonorités post-punk de Joy Division y sont mêlées aux sons synthpop et electro. Le jeux de lumière est magnifique et dynamique, tandis que les vidéos diffusées ne sont pas forcément nécessaires mais remplissent bien leur rôle. La voix de Bernard Sumner, notamment sur « Regrets« , aux notes incertaines mais assumées, est d’une mélancolie niaise qui fait le charme de New Order. Une double claque retentit, avec l’écho du Forest National, à laquelle s’ajoute la ligne de basse devenue mythique : « She’s Lost Control« , de Joy Division, transperce l’assemblée. Les accords de guitare donnent des frissons, et Ian Curtis plane presque lui aussi au dessus de nos têtes. Ils enchaînent avec « Disorder« , et l’émotion devient envahissante et ressort par les yeux. Heureusement, le groupe a dans son répertoire des chansons plus légères. Ils enchaînent sur « Academic« , sorti du sympathique Music Complete de 2015, premier album sans le bassiste originel Peter Hook, avec qui le groupe s’est embrouillé depuis lors. S’en suit une compilation de chansons aux rythmes dansants et Forest National se transforme presque en Haçienda, mémorable boîte de nuit mancunienne que New Order a financé en grande partie. Dans les gradins, de plus en plus de gens se dandinent, et dans la fosse, les refrains qui ont marqué les 80’s sont chantés à tue-tête. Et l’euphorie est atteinte quand le beat de « Blue Monday » démarre – même si le son essentiel du synthé n’était pas des meilleurs… Le public en redemande, et est servi par un bouquet final déchirant : « Decades » et « Love Will Tear Us Apart« , de Joy Division. Les images de Ian Curtis dansant à sa manière font du moment un hommage poignant.

Pourtant sans grand jeu de scène, mis à part les artifices vidéos et lumineux, et même avec un son type « hall » typique de Forest National, New Order a prouvé son talent en enchaînant les tubes qui ont traversé les styles des quatre dernières décennies.

Claire B.

Setlist

Das Rheingold : Vorspield (Wagner) // Age of Consent // Regret // She’s Lost Control (Joy Division) // Disorder (Joy Division) // Academic // Your Silent Face // World  // Tutti Frutti // Subculture // Bizarre Love Triangle // Superheated // Fine Time // Plastic // True Faith // Blue Monday // Temptation // Rappel : Decades (Joy Division) // Love Will Tear Us Apart (Joy Division)

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