Nile Rodgers & Chic à l’Ancienne Belgique (19/08/2018)

chic_300x666À peine revenue du très bon festival Metal Mean, je fonce à l’Ancienne Belgique pour une soirée d’un tout autre genre. Il me faut réveiller ma part de John Travolta pour accueillir comme il se doit l’auteur-compositeur-producteur-guitariste Nile Rodgers, en tournée avec Chic. La fièvre du dimanche soir a frappé… Le freak, c’est chic, mais pas seulement !

Le cou difficilement mobile à cause du concert de Triptykon de la veille, j’arrive en avance dans une Ancienne Belgique pleine à craquer et à l’ambiance tropicale ! Trop, trop, trop chaud. Cela fait plusieurs fois que l’air y est irrespirable et pour une salle de concerts de cette ampleur ça me semble plutôt problématique. La date affichait sold out malgré le prix des tickets non négligeable – 52€ la place – mais je reste ébahie par le monde qu’il y a : file aux toilettes, au bar, plus de places assises,… et – au secours – la salle déjà remplie une demie-heure avant le début du concert ! Est-ce que tout le monde va rentrer là-dedans ? Bon, l’heure tourne, j’arrive à me frayer un chemin parmi les quinquagénaires qui brillent de mille feux, soit par leurs habits à paillettes, soit par leurs yeux pétillants.

Je suis très curieuse du concert qui se prépare; ce n’est pas le genre de musique qu’on a l’habitude de voir en live... Ça y est, la voix d’un speaker retentit et annonce la couleur. Nile Rodgers fait son apparition, et commence par immortaliser son public avec son smartphone (curieuse entrée). Puis c’est au tour de tous ses acolytes d’entrer sur scène, avec entre autres Jerry Barnes à la basse, Ralph Rolles à la batterie, Kimberly Davis et Follami Thompson au chant. Chic, c’est avant tout la guitare de Nile Rodgers et la basse de Bernard Edwards, mais ce dernier est décédé en 1996, des suites d’une pneumonie à Tokyo (« I’ve Got The Tokyo Flu« ). Le duo, influencé par Roxy Music, voulait un groupe complet et cohérent, totalement chic, de la musique aux vêtements en passant par les paroles. C’est chose faite dès 1977 avec leur premier album éponyme, au son bien à eux : batterie et basse prenantes, riffs clairs et uniques de la Fender Stratocaster, violons cadencés, voix féminines posées,… qui feront leur succès les années suivantes.

Chic-by-clrbrgCe soir, les piliers du genre nous plongent à vif dans leur disco-funk en commençant par « Everybody Dance » et il n’en a pas fallu plus pour voir les premiers pas de danse secouer la salle. Difficile de résister en même temps devant les mouvements lancinants des deux chanteuses perchées sur leurs talons aiguilles et les larges sourires que nous offrent tous les musiciens. Ils enchaînent directement sur « Dance, Dance, Dance (Yowsha, Yowsha, Yowsha) » et, devant la petite chorégraphie du maître et des deux muses, les derniers résistants s’abandonnent et toute la salle est lancée. Après « I Want Your Love« , petite pause parlée pour basculer vers encore plus de titres qu’on connaît d’office tous sans le savoir : « I’m Coming Out » et « Upside Down » produites pour Diana Ross, puis « He’s The Greatest Dancer » suivi de « We Are Family » pour les Sister Sledge. Ils enchaînent tubes après tubes très vite pour plus de folie. Très communicatifs, on croise souvent le regard souriant de l’un où l’autre musicien, et le maître raconte de temps en temps l’une ou l’autre anecdote. Malgré un son perfectible, ils s’éclatent, ça nous éclate, on s’éclate. Même sur les balcons ça danse et les personnes sur les places assises sont debout ! Le hitmaker nous renvoie son talent en pleine face avec une setlist de tubes allant de « Like A Virgin » de Madonna à « Get Lucky » de Daft Punk en passant par « Let’s Dance » de David Bowie. Le bouquet final est la cerise sur un gâteau déjà délicieux avec « Le Freak » – c’est chic ! –  puis « Good Times » et « Rapper’s Delight » (chanson de The Sugar Hill Gang considérée comme la naissance du hip-hop, rien que ça), où le public a pu monter sur scène (et nous laisser plus de place pour s’éclater sur cette ligne de basse monstrueuse).

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Le concert est terminé mais Nile Rodgers en profite pour signer livres, vinyles, serrer les mains des fans,… Tandis que je me décide à rentrer, on entend siffloter ci et là les refrains de l’un ou l’autre tubes mythiques de ce visionnaire. C’est en me retrouvant sur le boulevard Anspach que je me rends compte que mon déhanché de John Travolta doit aller se rendormir. Oups. À refaire.

Rédac & photo : Claire B. 

Setlist

Everybody Dance // Dance, Dance, Dance (Yowsha, Yowsha, Yowsha) // I Want Your Love // I’m Coming Out (Diana Ross) // Upside Down (Diana Ross) // He’s The Greatest Dancer (Sister Sledge) // We Are Family (Sister Sledge) // Like A Virgin (Madonna) // Lost In Music (Sister Sledge) // Notorious (Duran Duran) // Spacer (Sheila & B.Devotion) // Thinking Of You (Sister Sledge) // My Feet Keep Dancing // Get Lucky (Daft Punk) // Chic Cheer // My Forbidden Lover // Let’s Dance (David Bowie) // Le Freak // Good Times // Rapper’s Delight (The Sugar Hill Gang)

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