Octavian au Botanique (14/02/2019)

octavian_300x666Saint-Valentin ou pas, ce soir l’étoile montante du rap anglais prend ses quartiers du côté du Botanique, et non pas à l’Orangerie ou à la Rotonde mais dans le Grand Salon. Un Grand Salon pour une grande soirée.

Qui, à 23 ans, est mannequin, rappeur, beatmaker, validé aussi bien par Drake que par la BBC ? En tout cas pas moi. Par contre Octavian oui. Le plus français des rappeurs anglais (il est né à Lille avant d’emménager à Londres) qui commence tout doucement à se faire sa place et à mettre un peu plus les spotlights sur une scène anglaise toujours plus riche et toujours plus talentueuse. Et histoire d’arriver lancé pour cette tournée européenne on peut rajouter à son CV un « BBC Sound Of 2019″ reçu en janvier, rien que ça. Cela étant dit, rentrons dans le vif du sujet.

Tout d’abord, la salle. Quelle petite beauté. Moi qui n’ai connu que la Rotonde ou l’Orangerie, je suis bien surpris (et conquis). En effet, une minuscule scène surplombe très légèrement le public et un balcon donne une vue imprenable sur toute la salle et offre du répit à ceux qui en voudraient. On regrettera juste ces murs entièrement blancs qui donnent une atmosphère étrange coincée entre un public chaud bouillant et chatoyant et une froideur inhérente au blanc (spoiler alert : ça n’aura évidemment pas empêché de passer un très bon moment).

La salle étant minuscule, il n’est pas très compliqué de se frayer un chemin après la première partie qui n’aura pas attiré énormément de monde (Beatsforbeaches, producteur bruxellois, dont la musique dansante et tropicale ne m’avait pas laissé indifférent mais que je rate pour cause de trafic abondant dans les rues de la capitale) et me voilà bien placé pour commencer le concert du Londonien.

52165039_2202516916638485_1325709855696093184_nLes premiers morceaux du concert furent les rares moments faibles de la soirée, car on sent bien qu’Octavian tâte l’ambiance histoire de voir à qui il a affaire. Mais après quelques minutes et déjà deux nouveaux morceaux, en attendant deux autres plus tard qui annoncent du bon, balancés pour nous (parce que, je cite, « I love you Brussels, you’re awesome« ), il se rend assez facilement compte que le public est chaud bouillant et est prêt à exploser à tout moment. Et alors qu’il se décide à annoncer des moshpit (c’est toujours assez cocasse de voir les rappeurs se tromper en annonçant des moshpit alors qu’ils attendent des pogos mais bon, c’est du chipotage), la petite ambiance lounge et tranquille qui s’installait laisse place à une autre nettement plus musclée, entrecoupée par quelques morceaux plus chill ou dansant comme « Move Me », découvert plus tôt dans la journée et que je n’imaginais pas voir en live ce soir. Je suis tellement conquis que je me mets même à danser, c’est dire !

Le temps et l’espace semblent s’être tellement tordus qu’on ne se rend pas compte que la soirée file à toute vitesse et on se retrouve assez rapidement à la fin du concert, où je regrette juste l’absence de certains de mes morceaux préférés de son projet Spaceman comme « 54321 » ou « Sleep ». Et puis tant qu’à râler un peu, on se dit que les quelques morceaux où du chant est présent sont plutôt limites et que les quelques problèmes de scratch du DJ étaient insupportables. Mais après on pense au reste et tout va mieux : le gaillard habite la scène magnifiquement, il ne peut pas s’empêcher de bouger dans tous les sens (que ce soit pour danser, courir, sautiller, se jeter dans les pogos,…), les très nombreux effets sur sa voix sont habilement gérés et à aucun moment on ne tombe dans la parodie. Et aussi, cette sympathie à toute épreuve qui ne peut que donner le sourire (à grand coup de « I love you Brussels« , « You’re crazy« ,…). Bref, une valeur sûre en live est née.

Long live Essie Gang !

Maxime S.

Setlist

Spaceman Intro // No Weakness // Molly // Revenge // I’ll Fill It // Hands // Don’t Cry // This Is My World // Move Faster // Lightning // Bet // Feel It // Party Here // Light On // Connectic // Lift // Move Me // Stressed // Little

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