Offscreen Festival vu par Major Fail (07 – 25/03/2018)

Première fois que je vis pleinement le festival Offscreen. Première fois que je prend le temps de me laisser porter par leurs différentes thématiques. En essayant de les confronter toutes, j’aurais finalement assisté à douze films et une projection de courts métrages (sur les dix-sept séances que j’avais prévu initialement), me concentrant principalement sur les Offscreenings (les nouvautés et exclusivités) et la sélection « Vampire Suck ! » (besoin d’expliquer ?). Tour d’horizon !

Mes meilleures surprises et découvertes ont eu lieu lors des Offscreenings. Au final, cinq films vus sur la quinzaine mais quels films ! À commencer par Revenge de Coralie Fargeat dont vous pouvez retrouver une critique ici.

Agréable surprise également que The Endless de Justin Benson et Aaron Scott Moorhead qui m’aura donné fort envie de voir Spring et Resolution, leurs précédents métrages. Hormis certaines longueurs, ce récit aux thématiques « lovecraftiennes » de deux frangins retournant dans la secte qu’ils avaient fuit à leur adolescence est un superbe exemple de film ingénieux compensant un budget léger par quelques très bonnes idées et jonglant habilement entre le fantastique paranoïaque et la comédie.

The Endless

The Endless

En deuxième semaine du festival, j’étais curieux de découvrir Caniba de Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel. Documentaire sur Issei Sagawa, auteur du meurtre cannibale de Renée Hartevelt (c’est bien de citer les victimes parfois, on s’en souvient souvent moins que les bourreaux), étudiante hollandaise à Paris dans les années 80. Expatrié vers son Japon natal deux ans après avoir été déclaré fou, il vit depuis avec son frère (pas forcément un exemple de stabilité mentale lui non plus…), subsistant grâce aux revenus de ses divers romans, mangas et publicités (je vous jure !). Documentaire expérimental filmé au plus près des visages, alternant les mises au point sur les traits usés des frères Sagawa, dans un enchaînement de longues (loooongues) scènes souvent volontairement floues, Caniba provoque la fascination voyeuriste morbide presque autant qu’il ennuie…  Presque.

Caniba

Caniba

J’ai gardé pour la fin mes deux grosses claques, mandales, coups de pieds retournés du festival. Deux films particulièrement violents se déroulant dans l’univers carcéral pour des thématiques et des approches diamétralement opposés…

Brawl In Cell Block 99 de S. Craig Zahler.

Ce serait un doux euphémisme de dire que j’étais impatient de voir le prochain S. Craig Zahler après la fascinante surprise inattendue qu’avait été Bone Tomahawk il y a trois ans. En tant que fan absolu de la série Oz, apprendre qu’il s’agissait d’un film de prison chargea mon enthousiasme de deux barres supplémentaires. Celui-ci explosa définitivement en réalisant que le casting est composé d’entre autres de Jennifer Carpenter, Don Johnson, Udo Kier et, surtout, Vince Vaughn, que j’espérais tant voir un jour dans un rôle à sa hauteur… littéralement !

Brawl in Cell Block 99

Brawl In Cell Block 99

Interprétant un ancien boxeur devenu transporteur de drogue après avoir perdu son emploi, Vaughn est d’un magnétisme redoutable durant les 2h10 de cette pellicule hybride. Suivant le même schéma narratif linéaire que Bone tomahawk, Brawl prend le temps d’exposer ses personnages dans une première partie au réalisme froid avant de basculer dans la série B ultra brutale et gore grand-guignolesque. Jouissif et burné, le film captive autant qu’il provoque le dégout et le fou rire. Pas forcément en accord avec les grosses valeurs patriotiques ou familiales j’ai malgré tout prix un plaisir extatique à laisser Zahler m’emporter dans sa descente en enfer fataliste au possible. Après avoir revisité le western façon gore et le film de zonzon façon encore plus gore, je trépigne déjà d’impatience pour son prochain méfait : un film de flics ripoux (façon gore ?) avec le même casting et… Mel Gibson !

A Prayer Before Dawn de Jean-Stéphane Sauvaire.

Adapté du roman autobiographique éponyme de Billy Moore, A Prayer Before Dawn raconte comment ce dernier, boxeur anglais de Muay Thai et accroc à l’héroïne, se fait arrêter et se retrouve dans une prison thaïlandaise. Le parti pris est radical : on colle Moore (interprété par un Joe Cole habité par son personnage) de près, dans sa colère, dans sa violence, dans sa peur, dans son addiction, dans son incompréhension face au monde terrifiant auquel il est confronté (le thaï n’est jamais traduit). Évitant intelligemment les clichés du film de prison, Jean-Stéphane Sauvaire (auteur de Johnny Mad Dog, que je vais m’empresser de rattraper) livre une œuvre forte, touchante et captivante de bout en bout. Un film définitivement humain à l’image de son personnage luttant sans cesse à la fois pour sa survie et contre ses propres démons.

A Prayer Before Dawn

A Prayer Before Dawn

Au vu de ces cinq films, il est évident que je rattraperai les autres Offscreenings tels que November, Kuso, All You Can Eat Buddah, Gutland ou encore Hagazussa : A Heaten’s Curse.

En ce qui concerne la sélection « Vampire Suck ! », en ayant déjà vu beaucoup, j’ai surtout pris plaisir à voir « en salle » des classiques tels que Near Dark de Kathryn Bigelow et From Dusk Till Dawn de Robert Rodriguez. Et quand je dis plaisir, je veux dire sourire de A à Z, applaudissements à la fin, bout d’érection cinéphagique et tout et tout.

Le Cronos de Guillermo del Toro est toujours aussi original que poétique et The Addiction d’Abel Ferrara, si esthétique soit-il, est un enchaînement de dialogues pompeux pour étudiants en philo en manque de frissons. Pour ceux qui sont allés voir The Room au Offscreen Liège, Tommy Wiseau est un mix parfait entre Christopher Walken et Lili Taylor dans ce film.

From Dusk Till Dawn

From Dusk Till Dawn

Honte à moi, parmi la sélection Italienne mettant à l’honneur Enzo G. Castellari et Sergio Martino, je n’aurais vu que le sympathique Torso de ce dernier mais je compte bien me rattraper sur certains dont le 2019 : After The Fall of New York qui était malheureusement diffusé un peu tard.

Au final, l’objet filmique dont j’aurais le plus de mal à parler reste certainement Vase de noces de Thierry Zéno. Récit expérimental extrêmement dérangeant d’une romance entre un homme et sa truie doublé d’une métaphore de la schizophrénie, Vase de noces avec son noir et blanc en 16 mm, sa musique électronique d’Alain Pierre et son design sonore agressif perturbe, déstabilise et hypnotise pendant les quatre vingt une minutes qui auront été parmis les plus bizarres de ma vie.

On se retrouve l’année prochaine avec plus de temps pour voir encore plus de films étranges et sur la brèche !

Bisous,

Major Fail

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