Patti Cake$ de Geremy Jasper (2017)

patticakes_300x666Diffusé pendant la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes 2017, le premier long métrage de Geremy Jasper ne laisse pas indifférent. Avec sa bande-son accrocheuse, Patti Cake$ imprime ses punchlines dans ton cerveau, et c’est du bonheur.

Le jour se lève sur le New Jersey, ainsi que sur Patricia Dombrowski aka Patti aka Killa P. qui nous met directement dans le bain musical de cet opus : le rap. Patti rêve de devenir une rappeuse aussi reconnue que son idole O-Z. Avec son meilleur ami Jerhi, ils essaient de se faire remarquer dans ce milieu. Ce qui s’avère ardu pour une jeune femme blanche, en surpoids, qui a sur les bras une mère alcoolique et une grand-mère malade.

Geremy Jasper nous offre un film avec une héroïne qui ne correspond en aucun point aux clichés des femmes dans le hip hop, et c’est fort plaisant. Ce film est pour lui une sorte d’autobiographie mais sans les ovaires. Pour le réalisateur, c’est un hommage aux figures féminines qui l’ont entourées toute sa vie ; pour nous, c’est un brin d’air frais dans le monde cinématographique. Patti est loin d’être une victime. La jeune femme, qui a vécu sous les brimades de ses pairs, s’assume et se défend. Pour ma part, je trouve que le rôle de Patti peut avoir un impact sur l’estime de soi de certaines personnes qui souffrent à cause de leur différence physique. (Grossophobie, j’accuse!)

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Les slams déclamés dans le film sont en totale adéquation avec la situation de Patti. Les textes sont loin de l’univers gansta et traduisent les rêves de gloire de notre héroïne. Il semblerait que le réalisateur nous ait pondu les paroles au fur et à mesure que Danielle MacDonald (aka Patti) se sentait à l’aise avec son flow. D’ailleurs, l’actrice australienne a dû être coaché par un rappeur pour avoir le débit de paroles et les intonations de Patti.
La bande-son nous colle dans la tête et reste totalement abordable pour tout ceux qui ne sont pas de grands adeptes de rap (comme moi, par exemple). Comme une comédie musicale, les moments lyriques viennent rythmer le film. L’univers musical dans lequel on s’immerge est teinté de sons des années 80, de métal et, of course, de beats.

Le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, c’est du déjà-vu : une personne un peu paumée qui a un rêve de célébrité. D’accord ! J’en ai même entendu quelques-uns parler de ce film comme un 8 Miles au féminin. Je dois dire qu’il y a quelques points communs : la banlieue, la misère sociale, le talent, la couleur de peau, les paroles crues,… Mais il faudra aller voir le film pour en juger toi-même. Si tu as besoin d’avoir un moment « feel good » en ce mois de septembre pluvieux, crois-moi, ce film va te remonter le moral.

Lilo

Et voici un des morceaux qui m’a trop fait marrer :

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