Peaches au Botanique (18/12/2015)

peaches_300x666Alors que 2015 marquait le retour après six ans d’absence de la grande prêtresse de l’électro-clash Peaches, le Botanique a eu la grande idée de la programmer dans une de ses salles, l’Orangerie. Forcément sold out, cette date aura marqué les esprits, et ce pour diverses raisons que je ne vais pas toutes conter. Voici les principales.

Dans un premier temps, laissez-moi vous dire que je n’ai pu assister au concert de Ziúr qui faisait ce soir la première partie, ainsi que plusieurs autres dates de la tournée européenne de la canadienne. Producteur allemand, le jeune berlinois s’adresse aux amateurs d’électro à la limite de la noise, celle que l’on entend toujours dans une salle obscure d’un club « alternatif » ou sous le chapiteau éloigné d’un festival. Un son assez dark et bruitiste où l’expérimentation a toute sa place. Une sorte de sous (sous sous) Aphex Twin qui aurait rencontré un sous (sous sous) Amon Tobin à leurs débuts de carrières respectifs. Un truc dans le genre. Une prochaine peut-être !

Non, nous on n’a pas vu Ziúr, on est seulement arrivés pour se taper la file interminable du vestiaire. D’ailleurs on a laissé tomber au bout de vingt minutes, n’ayant parcouru que la moitié du chemin et l’heure fatidique de la montée sur scène de Peaches approchant. Du coup on s’est dirigés vers le bar, mais lui aussi était pris d’assaut. Il faut dire que deux salles sold-out le même soir et une seule personne au vestiaire contre un bar toujours pas muni des jetons qui faciliteraient l’affaire de tout le monde, c’est pas vraiment gérable. C’est donc muni de gros manteau, sac et écharpe, et sans bière (!) que je rentre dans la salle où le service de sécurité est aussi tendu que le public est impatient de débuter la soirée. En gros, ça commence mal. Mais heureusement, on se trouve ce soir devant une artiste dont le divertissement reste le maître mot, un art à part entière qu’elle pratique avec un talent certain. Et dès les premières notes de « Rub », on oublie tout et on sourit bêtement. Il faut bien avouer qu’elle en jette du haut de ses quarante sept ans la punkette à la carrière à rallonge (son premier album est sorti en 2000). Vêtue d’une cape à paillettes surmontée d’énormes épaulettes roses, d’une auréole dorée et d’une sorte de plastron fuchsia sur lequel sont dessinés pectoraux, abdominaux de mâle et paire de testicules (qu’elle ne cessera d’ailleurs de tripoter pendant le refrain), elle trône seule sur un gros carré semblable à un ring de match de boxe dont elle est obligatoirement la vainqueur. En effet, pas de musiciens pour l’accompagner, seulement une installation avec deux platines à partir de laquelle elle balancera ses sons comme une grande. Un peu décevant pour ma part, mais je me dis qu’elle va contrebalancer avec des sons efficaces et qu’elle va réussir à nous faire danser à un point tel qu’on oubliera ce détail. Mais pas vraiment…

peaches_850x300Forcément là pour défendre son dernier album en date Rub sorti il y a peu, Peaches a misé dessus pour construire sa setlist. Et certes, on rit devant « Dick In The Air » (notamment grâce à un énorme pénis gonflable au dessus du public dans lequel elle se baladera allègrement après qu’il ait eu bien du mal à se mettre en érection), on a fait les thug sur « How You Like My Cut » et on a sauté en l’air sur « Vaginoplasty », mais c’est bien quand elle joue des morceaux des anciens albums que le public se réveille vraiment. C’est donc sans se faire prier que les gens ont chanté les paroles de « Fuck The Pain Away » ou encore de « Boys Wanna Be Her », sourires dans la face et mains en l’air. Et puis les chorégraphies de ses deux comparses n’aident en rien à garder notre sérieux. Qu’ils soient en bad boys/girls des années 80, en version SM tout de latex « vêtus » ou en biches survoltées, les déguisements sont tous plus cocasses les uns que les autres; à l’image d’ailleurs de ceux de Peaches qui n’aura de cesse d’en changer, pour finir en trikini imprimé visage de catcheuse et Doc Marten’s à clous. Pas forcément la définition de la classe pour certains, mais moi j’admire le style. Bref voilà, celle qui se définit comme « un être sexuel rejetant le cliché de chanteuse populaire propre » a bien fait son travail d’entertainer mais il manque tout de même un je ne sais quoi qui nous aurait permis de nous dire qu’on a assisté à un grand concert. Et si on n’a finalement pas grand chose à lui reprocher, on sort de là mitigés, à se demander si ses meilleures années ne sont pas derrière elle. Dommage, mais sans rancune, vraiment.

Merci à Pascale pour l’accréditation, à Cyndy pour le photopass, ainsi qu’à toute l’équipe du Botanique pour l’organisation de cette soirée pailletée.

Hélène

Setlist

Rub // Operate // Vaginoplasty // Talk To Me // Mommy Complex // Lovertits // Close Up // Pickles // I Feel Cream // How You Like My Cut // Burst! // Boys Wanna Be Her // Dick In The Air // Fuck The Pain Away // Rappel : Dumb Fuck // AA XXX // Deuxième rappel : Light In Places

Crédit photo : Elodion


Vous aimerez aussi