Perturbator au Botanique (22/03/2019)

perturbator_300x666Alors que vient le week-end, une bête se tapit dans l’ombre du Botanique, prête à bondir à la gorge du premier humain venu qui aurait eu le malheur de s’aventurer par là sans prendre garde. D’ailleurs son logo ne laisse pas de doutes sur ses intentions meurtrières : 5 crans d’arrêt, disposés en pentagramme. Son nom ? James Kent, plus connu sous le nom de PerturbatorWelcome to Neo Tokyo.

Une fois n’est pas coutume, je débarque en retard et assiste à un petit bout de la performance de Dan Terminus en première partie de soirée, pratiquement accoudé à la porte d’entrée. Toutefois, cette fois-ci, et alors que je n’assiste qu’à deux ou trois morceaux, je préfère écourter l’expérience. Convaincu par la musique, presque aussi noire que celle de Perturbator, mais moins par le son (vraiment mauvais à cet endroit) et par la prestation live de ce brave gars qui, il faut l’admettre, se démenait quand même pour essayer d’exister et de faire exister son show derrière son synthé. À retenter pour la musique mais dans une meilleure configuration que l’Orangerie (Rotonde ? AB Club ?). J’en profite pour faire le plein en boisson et pour (enfin) rencontrer Claire et échanger nos impressions à propos de Perturbator. Si nous étions tous les deux d’accord pour dire que notre préférence en terme de synthwave allait plutôt à Carpenter Brut (dont on vous a déjà parlé au moins trois fois sur ce site), je pense qu’aucun de nous deux ne s’attendait à une claque pareille et à être autant conquis par ce diable de Perturbator.

Après ces politesses, place donc à une ambiance digne de Blade Runner faite de pentagramme et de néons, d’un synthétiseur et d’une batterie, de sueur et de coups. Si « Birth of the new model » peut laisser croire au parfait néophyte que Perturbator est un projet musical tranquille, « Neo Tokyo » (deuxième morceau de la setlist et probablement mon morceau préféré, tout projet confondu) commence déjà à éveiller quelques envies guerrières ça et là mais de manière très discrète. Puis quand arrive « Future Club », morceau pourtant pas ultra violent sur album mais diablement efficace sur scène (c’est là qu’on salue le talent des deux musiciens qui la réinterprètent et lui donnent une force de frappe incomparable en live), Jean-Alestorm et ses copains ne se retiennent plus et la salle achève de plonger dans un bordel incessant.

perturbator_850x300Bordel qui voit arriver son lot de débiles métalleux habituels qui viennent à un concert pour jouer à qui sera le plus con avec d’une part les bineuronaux qui pensent que pour protéger leurs copines dans un pogo ils doivent coller des manchettes au premier type taillé comme un sandwich SNCF qui a le malheur de les bousculer un peu trop (en l’occurrence deux de mes potes) et d’autre part les types qui, alors même que tu t’éloignes un peu pour accuser le coup (moi sur ce coup-ci) te rentrent allègrement dedans « parce que c’est métal lol ». Mention spéciale au champion qui pense qu’il doit montrer qu’il est athlétique en courant partout tout en collant copieusement coup de pieds, de poings, d’épaules ou, plus surprenant, de tête (la vessie d’un de mes potes s’en souvient encore). On peut maintenant passer à la suite.

Plus le concert avance et plus le show de lumière se révèle et fait tituber les épileptiques de la salle; les autres apprécient et se sentent comme immergés dans le monde sanglant et coloré de Hotline Miami. On notera aussi que malgré l’absence de prises de paroles de l’un des deux musiciens, on sent dans leur gestuelle, entre chaque morceau, une réelle sympathie et ça fait chaud au cœur, surtout quand on a déjà eu l’occasion de voir Carpenter Brut dans un « mauvais jour » (entendez par là une absence totale d’expression, de mot pour le public ou même de signes qui montrent qu’ils sont contents d’être là). Au final, et malgré le passage plus calme du concert qui s’étend de « Vantablack » à « Welcome Back » (plus ou moins), la tension ne descend quasi jamais, et quand vient la fin du concert, on peut partir avec le sentiment d’avoir fait son onemomentessay.com sport de la semaine. Mission accomplie donc.

Maxime S.

Setlist

Birth of the New Model // Neo Tokyo // Future Club // She Is Young, She Is Beautiful, She Is Next // Corrupted by Design // Excess // She Moves Like a Knife // Diabolus Ex Machina // Humans Are Such Easy Prey // God Complex // Vantablack // Tactical Precision Disarray // Tainted Empire // Welcome Back // Perturbator’s Theme // The Cult of 2112

Vous aimerez aussi