Rétrospective de la première partie du CINEMAMED, Festival Cinéma Méditerranéen de Bruxelles (30/11-07/12/2018)

cinemamed_300x666Depuis vendredi dernier, essentiellement au Botanique, mais aussi au Palace et au Bozar, se déroule le dix-huitième Festival Cinéma Méditerranéen, ou CINEMAMED. De la France à Israël en passant même par la Belgique (oui, le territoire méditerranéen est à prendre au sens large, très large) faisons un petit retour sur le début du festival et annonçons d’ores et déjà quelques réjouissances futures.

Pour vivre heureux de Salima Sarah Glamine et Dimitri Linder narre les amours contrariées de Amal (Sofia Lesaffre) et Mashir (Zeerak Christopher). Ils sont bien dans leur époque, dans leur milieux bruxellois. Ils aimeraient pouvoir vivre leur passion au grand jour comme le font leurs ami.e.s. Mais ce n’est pas possible; aux yeux de leurs familles, l’origine algérienne et la tradition pakistanaise ne sont pas compatibles. Tout le monde pense certainement agir pour le mieux, mais on reste souvent bouche bée devant tant d’incompréhension, de manque d’empathie, de liberté. On est ému, on veut qu’ils puissent vivre leur vie avec la fougue de leur jeunesse. Mais on sait que ce n’est pas possible. Et aussi on se dit qu’une fois de plus, un film européen prend le seul biais de l’incompatibilité entre une religion (toujours la même) et nos pays, nos cultures. On se sent un peu piégé, un peu triste que ce soit encore orienté de la même façon.

Sofia, évite quant à lui cet écueil en racontant l’histoire d’une jeune marocaine qui, suite à un déni de grossesse, va être entraînée dans un parcours de combattante pour essayer de retrouver dignité et avenir. Si quelques faiblesses dans le jeu sont à regretter, le film de Meryem Benm’Barek est néanmoins essentiel parce qu’avec un scénario très solide, il donne à voir un état actuel et nuancé de la condition de la femme au Maroc. La réalisation magnifie le pays et ses habitants sans tomber dans un exotisme de cliché destiné à un public occidental.

Foreign Land, documentaire israélien de Shlomi Eldar montre les interrogations de Ghassan Abbas, acteur arabe israélien sur le déclin peut-être à cause de ses origines et de Eldar, journaliste/documentariste exilé aux USA parce qu’il ne se reconnaissait plus dans son pays. Par des images d’archives, des extraits de journaux télévisés, mais surtout par leur dialogue, ils montrent l’impasse de la politique nationale de Nethanyahu. Au fur et à mesure du film, le ton se fait plus pessimiste, il ne semble plus y avoir d’autre issue que la désespérante fuite.

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Le grand « Petit Miloudi », une échappée d’antan

Je dois le confesser, j’ai dans la vie une passion sans borne pour le cyclisme. Je parle bien du cyclisme, le sport, pas du vélo, le moyen de locomotion. J’étais donc tout chose à l’idée de voir Le grand « Petit Miloudi », une échappée d’antan retraçant le parcours surprenant de Meknassi, un champion cycliste marocain des années 50. Par ce portrait, la réalisatrice Leila El Amine Demnati donne à voir toute une histoire du cyclisme au Maroc de ces années-là et surtout de ses protagonistes. Parce qu’il s’agit avant tout d’une histoire humaine, avec ses déchirements, ses joies, mais aussi ses peines. Chaque intervenant touche à sa façon le spectateur, l’aventure racontée dépassant de loin le strict cadre du cyclisme et faisant sans peine oublier la mise en scène un peu didactique.

Jusqu’au vendredi 07 décembre continue le programme copieux du Festival Cinéma Méditerranéen et je ne saurais que trop vous encourager à y aller découvrir des senteurs peu connues, des cinématographies que l’on a peu l’occasion de voir en salle. Et je vous conseille tout particulièrement Escapada, le premier long métrage de la prometteuse Sarah Hirt.

Laurent Godichaux

Festival Cinéma Méditerranéen, du 30 novembre au 7 décembre 2018 en différents lieux. Plus d’infos : http://www.cinemamed.be/

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