Samsara Blues Experiment au Magasin 4 (17/11/2018)

46517336_759688964382439_6640061427216285696_nSamedi 17 novembre. Depuis deux jours le Magasin 4 annonçait la vente de l’entièreté des pré-ventes avec seulement 43 places restantes à l’entrée. Et au vu de la file devant la salle à 20h, c’est en toute logique que Samsara Blues Experiment et Hidden Trails allaient jouer devant une salle comble. Chaleur humaine bienvenue avec le froid qui s’est abattu sur Bruxelles depuis quelques jours. Le public est éclectique, gage de qualité quand on croise toutes les générations.

En ouverture de cette soirée, les flamands de Hidden Trails, originaires de Diest. Ils viennent nous présenter ce soir leur premier album Instant Momentary Bliss, sorti en 2016 sur le label allemand Elektrohasch Records.

On commence avec « Space Shuffles » qui impose les références multiples du groupe : la voix aux airs de Bob Dylan et Nick Drake, puis évidemment le psyché-progressif à la Pink Floyd qui tonne le ton, et le bon, des deux prochaines heures. On passe aussi par des morceaux un peu plus folk avec « Beautiful Void », à des sons cosmiques avec «  Hands Unfold » sur laquelle la voix aérienne de Jo Neyskens s’accorde parfaitement. On enchaîne avec « Be There » et la superbe montée en puissance du trio. Et on redescend, on ferme les yeux et on se laisse emporter par « Lancelot » avant de finir avec « High On Heels », compo antérieure à Instant Momentary Bliss. Le morceau est plus pêchu, histoire de bien nous chauffer avant Samsara. Une bonne première partie qui maîtrise son style. C’est carré, calibré, mais manquant, à mon goût, d’un poil de nez d’originalité.

A peine le temps de débriefer, de poser ses affaires et de se ravitailler en bière, que les trois allemands de Samsara Blues Experiment débarquent sur scène. Pour ne pas les citer, Christian Peters à la guitare et au chant, la montagne Hans EIselt à la basse et Thomas Vedder à la batterie.  La lumière se tamise, les effluves de weed se diffusent dans le hangar et le trip commence à travers les notes de sitar de « Singata Mystic Queen », extrait du très bon premier album Long Distance Trip… (2010). On se retrouve à être comme les femmes de sa pochette. Le corps flex, la tête qui dodeline, les yeux fermés… La guitare contrôle le buste et les bras, la basse nous envahie et la batterie impose la marche. S’enchaîne « For The Lost Souls » qui dévoile un côté un peu plus agressif, occasion donnée à du mouvement dans les chevelures du public. On passe ensuite au dernier album, One With The Universe, sorti il y a tout juste un an,  avec le morceau « Vipassana » qui nous offre le plaisir de savourer la qualité du duo rythmique que forment Hans et Thomas. A voir le bassiste devant la batterie, leur complémentarité associée à leur maîtrise vous prend aux tripes.

46511182_299247927596041_2080334836509179904_nOn continue sur la lancée du dernier album avec l’envoûtant morceau éponyme; un des meilleurs du live. Quinze minutes de démonstration et de retour dans les années 70. Un couple s’allonge au sol afin de profiter encore plus du moment. La bulle dans laquelle nous enferme le trio prend forme au fur et à mesure des enchaînements des longues compos de minimum dix minutes. Le jeu de lumière, très sobre, contribue d’autant plus à ne prêter attention qu’à la performance technique du groupe. Et moi qui d’habitude critique les artistes qui ne font pas un brin de causette avec le public, j’aurais pu souligner ce point en gros rouge (qui tâche !). Pour le coup, ici, chaque morceau est un engrenage d’une belle montre suisse qui ne peut admettre aucune interruption. La setlist parle d’elle-même, rien n’est à ajouter.

L’envolée se poursuit avec «  Hangin’ On The Wire », comme un uppercut. Un spectateur tente un slam qui malheureusement n’aboutit pas plus loin que dans les bras de son pote qui tentait un pogo juste avant. Désolé les gars, c’était pas la soirée pour ça. Le rappel avec « Center Of The Sun » extrait de Long Distance Trip boucle la boucle pour une dernière échappée. Et on en aurait bien pris encore un peu, mais tout bon trip à sa fin.

Anaïs

Setlist

Singata Mystic Queen // For The Lost Souls // Vipassana // One With The Universe // End Of Forever // Hangin’ On The Wire // Rappel : Center Of The Sun

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